Les journalistes ont été assez discrets dans leurs commentaires pour fustiger ‘’la’’ coupe du monde du tandem Trump-Infantino. En direct, David Lemos, envoyé spécial de la Radio-Télévision Suisse (RTS), a eu le courage de dénoncer les travers de la compétition au moment de la remise du trophée au capitaine espagnol. Le moment est si rare que je publie ses paroles :

« C’était la Coupe du monde sans aucun doute la plus mercantile de l’histoire, l’une des plus politisées aussi. (…) Nous n’oublierons pas, même si les stades étaient pleins, les prix qu’ont dû payer les personnes qui n’ont pas des moyens considérables pour leur passion, pour le football, passion qui les dévore. Parfois sans pouvoir au final ne serait-ce qu’entrer dans le pays si leur nationalité n’était pas la bonne. Qu’ils soient fans, journalistes, arbitres parfois, comme le Somalien Omar Artan (…) On pense aussi au traitement inacceptable de l’équipe d’Iran, qui n’a pas pu défendre ses chances correctement dans ce tournoi. On pense également au cas Balogun. (…) On aura vu un président se vanter d’avoir appelé le président de la FIFA pour faire annuler une suspension d’un joueur. Une politique qui s’est immiscée au cœur du jeu, alors que la FIFA dit vouloir la mettre au-dessus de tout. Bah visiblement, c’est jusqu’à un certain point (…) Une Coupe du monde qui aura aussi vu tous ses matches se disputer en quatre quart-temps et sa finale connaître une mi-temps de près de 30 minutes. Comme l’a dit Alain Berset ces dernières heures, et on va le dire malgré les feux d’artifice : ‹la crise a deux noms : l’argent et le pouvoir (…) Il y a aujourd’hui pour beaucoup une crise de confiance entre de nombreux acteurs de ce sport et leur fédération internationale. Ces prochaines semaines, l’argent va pleuvoir sur beaucoup de Fédérations, beaucoup d’acteurs de ce sport, qui seront gentiment invités à se taire. On a le droit d’avoir l’espoir que certaines choses seront relevées et qu’on ne le reverra plus. »

Merci David Lemos d’avoir eu le réflexe professionnel de dire ce que nombre de journalistes pensent mais n’osent pas le dire ou l’écrire.