Oublions Donald Trump, l’abruti définitif, qui vient de prendre un nouveau décret réduisant les crédits du programme fédéral d’aides aux bibliothèques. Oublions ce fasciste pour lire un splendide roman de Silvia Avallone, La vie parfaite.

Fidèle à elle-même, la jeune romancière nous parle de la vraie vie, celle que vivent les Italiens, celle que vivent aussi les Français et bien d’autres.

Silvia Avallone croise donc le quotidien de deux femmes, l’une encore adolescente et lycéenne, Adèle, l’autre trentenaire et enseignante, Dora. La première est enceinte mais va abandonner son bébé, l’autre, stérile, se résigne à adopter pour sauver son couple.

On suit, au rythme de la vie et des chapitres qui se croisent, les interrogations des deux femmes et de la famille autour d’elles ; du départ pour la maternité, seule, aux rendez-vous avec les fonctionnaires des services de l’adoption, Silvia Avallone décrit le quotidien de deux jeunes femmes et de leurs familles dans l’Italie d’aujourd’hui avec une profondeur d’analyse émouvante, sans mièvreries, mais avec gravité. L’autrice aborde de multiples questions auxquelles les gens de cette génération d’aujourd’hui sont confrontés ; ces jeunes femmes qui rêvent à une vie parfaite se heurtent à une vie imparfaite, dure pour les gens de peu. Qui rêvent à une maternité heureuse et découvrent une vie semée d’embûches.

Silvia Avallone, donc, est fidèle à une littérature sociale, parlant des citoyens de tous les jours, de milieux populaires, d’une écriture vraie, sincère, émouvante parce qu’inspirée de la vie de tous les jours. Elle évite les clichés et parle des questions de la parentalité comme symbole, complexe, des difficultés du quotidien, où on passe de la joie à la tristesse, à la souffrance et à la misère, où les hommes n’ont pas toujours le beau rôle.

Un nouveau grand roman de Silvia Avallone, toujours plus attachante depuis son premier roman, D’acier. A lire absolument.