Après la fièvre de la coupe du monde de football et malgré le Tour de France, l’actualité a repris son cours. Dramatique quand la forêt brûle et que des pompiers laissent leur vie dans les brasiers parfois (souvent ?) volontaires.

L’actualité est donc dramatique et le gouvernement, lui, est pathétique. Il profite des vacances bien gagnée des salariés pour perpétrer de sales coups politiques, qui mettent à mal la devise républicaine, Liberté, Egalité, Fraternité.

La tonalité est donnée par la nomination du sénateur Républicain François-Noël Buffet comme Défenseur des droits. Confier la mission de protection des droits et libertés des citoyens à un horrible réactionnaire qui a pris position contre le mariage pour tous, l’avortement et l’aide médicale d’Etat pour les étrangers est un signe qui ne trompe pas : la fin de règne de Macron est très à droite.

Autre signe qui ne trompe pas : le rapport sénatorial, qui a mis au jour des aides de 211 milliards aux grands groupes sans contrôle ni contrepartie, est balayé et mis au plus profond d’un tiroir par un contre-rapport commandé au Haut-Commissariat à la stratégie et au Plan et largement inspiré par le patronat.

Les scandales s’enchaînent.

Le Parlement a voté le projet de loi d’urgence agricole qui comporte notamment la réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l’Union européenne mais interdits en France. Le texte prévoit la possibilité donnée à l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) de réintroduire sous condition l’acétamipride et le flupyradifurone pour les filières des noisettes et de la betterave. Les deux pesticides avaient été interdits en 2016.

La ministre chargée de l’environnement, Monique Barbut (ex-présidente du WWF) a aussitôt présenté sa démission, aussitôt refusée par Macron. Encore une ministre aux ordres et peu ferme sur les principes. Question d’habitude avec la droite !

Gouvernement et droite du Parlement marchent de concert. Le premier présente un projet de loi, fourre-tout dit Ripost (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public) qui introduit de nouvelles formes de répression dans la société. On mélange tout, rave-parties, protoxyde d’azote, trafic de stupéfiants, meublés touristiques, etc. Résultat : l’État ne protège plus, il contrôle ; il ne prévient plus, il sanctionne, comme fait remarquer Ian Brossat, sénateur communiste.

Enfin, cerise sur le gâteau, les députés ont classé la pétition citoyenne contre la présomption d’usage légitime (sic) des armes par les forces de l’ordre ; elle avait recueilli quand même plus de 700 000 signatures. Réponse des députés de droite : poubelle. Pauvre démocratie.

Les motifs de s’alarmer sur l’état de la démocratie en France sont alarmants. Marine Le Pen, la condamnée, si elle est élue en 2027, pourra instaurer un régime autoritaire et répressif ; elle aura tous les textes à sa disposition.

Au jour d’aujourd’hui, un seul motif de satisfaction à côté de ces vilénies : le ministère de la culture a annoncé la levée du gel de 13 % de la subvention 2026 à vingt-huit opéras, orchestres et théâtres, parmi les plus soutenus du secteur.

Le soulagement des milieux de la culture est évident. Mais personne ne crie victoire, malgré une décision qui doit beaucoup aux mobilisations. 

L’intersyndicale, en effet, tempère l’annonce, à l’image de la CGT Spectacle qui fait remarquer que « La ministre de la Culture va juste donner à ces vingt-huit structures ce pour quoi le ministère s’était engagé sur 2026.Nous n’avons pas de réponses quant à notre demande de refinancement du dispositif d’aide à l’emploi pérenne dans le secteur, et la loi de finance 2027 reste un sujet d’inquiétude. Il manque enfin des millions d’euros sur la culture dans les collectivités, ce qui provoque une énorme crise de la diffusion. »

La France est malade du néolibéralisme et d’une politique au service des seuls grands groupes multinationaux. Et Emmanuel Macron aura été le pire président de la Ve République pour les salariés ; seuls les patrons pourront apprécier son bilan.