Le patronat peut dormir sur ses deux oreilles, le gouvernement ne reviendra pas sur la réforme des retraites. Le premier ministre d’aujourd’hui (mais pour combien de temps encore ?) avait promis au Parti socialiste d’en rediscuter « sans aucun totem, ni tabou ». Or, quelques jours plus tard, François Bayrou jugeait « pas possible » d’abroger la loi. Promesses de Gascon.

François Bayrou, présenté comme l’homme de la situation, n’est pas à un mensonge près. Les agressions sexuelles et les violences à Notre-Dame de Betharram ? Pas au courant. Les promesses faites aux socialistes ? Plus d’actualité ! Port du voile dans le sport ? Retailleau et Darmanin ont raison ; la ministre des sports, Marie Barsacq, et sa collègue de l’éducation, Elisabeth Borne, sont désavouées et sans doute visées quand le premier ministre lance « on ne peut pas rester dans un gouvernement qui cède sur ces questions-là », sous-entendu dans le cas inverse aussi.

L’émérite François Bayrou prend des risques. Ne risque-t-il de déclencher une tourmente en s’alignant sur une politique antisociale dictée par l’extrême droite et le patronat le plus réactionnaire, celui des grands groupes du CAC 40 ?

Quelle est donc la raison de cet alignement systématique du centriste Bayrou sur l’idéologie intangible des gardiens du dogme capitaliste ? Pourquoi rabâche-t-il les paroles des ministres dont il était éloigné hier ?

Est-ce par calcul politicien issu de ses conversations avec Emmanuel Macron, le président ‘’vertical’’, ou est-ce du n’importe quoi ?  

 Deux grandes centrales syndicales, CGT et FO, ont compris que Bayrou maniait le mensonge et se sont retirées du ‘’conclave’’. Elles ont démasqué un premier ministre rusé (mais si peu), honteusement menteur (au nom de la défense d’un régime discrédité), ami des groupes financiers les plus voraces (par idéologie) 

Nous aurions dû nous en douter ; L’Humanité nous avait prévenu en écrivant en 2012 : « Saint François Bayrou, daltonien politique, cherche toujours le centre à droite. Il se centre, se décentre, se recentre, se concentre, mais finit immanquablement par tomber à droite. Saint François Bayrou a toujours voulu être le centre ; le centre, c’est lui, même si le centre est le trou, le vide, l’égale distance entre le rien et le néant. Le centre introverti pète ; extraverti, il fuge. Bayrou serait-il donc un transfuge ? Toujours le temps d’une élection, pour tromper Bernadette (Soubirous). Cet OGM politique, en période électorale, a toujours le postérieur entre plusieurs tabourets… Comme tout Modem qui se respecte, il interconnecte tous azimuts, avant de tomber le masque. »

Rassurons-nous, François Bayrou est un simple épisode.