A en croire Le Monde, « la situation internationale a remis Emmanuel Macron au centre du jeu politique en France ».

Le président de la République qui a été désavoué dans les urnes après la dissolution de l’Assemblée nationale, serait en train de rebondir si on en juge par le nombre de ses interventions dans les médias. Emmanuel Macron utiliserait son domaine réservé pour rompre le jeûne auquel il s’était astreint faute de pouvoir intervenir dans les affaires franco-françaises qu’elles soient gérées par Barnier ou Bayrou.

Libre au Monde de voir cet épisode politique comme le symbole de la résurrection d’un président démonétisé ; mais les arguments sont un peu courts.

C’est un président qui se sert d’une situation internationale pour le moins anxiogène pour parler de menaces, de réarmement, d’envoi de troupes en Ukraine. C’est un président va-t-en-guerre qui tente de sauver une situation personnelle délicate et qui tente de détourner l’attention des Français d’une situation intérieure, économique et sociale, catastrophique.

L’analyse de l’attitude de Macron est sans doute très différente de celle qui est exposée par le quotidien du soir. Que le président de la République, hautain et méprisant, ait saisi une sale occasion (un climat de guerre) pour occuper le terrain, n’est pas contestable. Mais que ce même président tente d’aider Bayrou et son gouvernement à aller au bout de sa mission, à savoir augmenter les impôts, éviter de revenir sur la réforme des retraites, réduire tous les budgets des ministères régaliens, diminuer le nombre de fonctionnaires, abandonner les mesures environnementales, etc., éclate au grand jour.

Au fond, Macron n’innove en rien. La droite au service du capital a toujours eu recours à des procédés belliqueux pour répondre aux crises sociales et politiques ; agiter le bruit des bottes et des armes est un jeu trop dangereux et Macron serait mieux inspiré de multiplier les efforts en faveur de la paix en Ukraine et au Moyen Orient.

Les Ukrainiens et les Gazaouis paient le prix fort des politiques expansionnistes de Poutine et Netanyahu ; mais les sommes mises en jeu par Macron vont coûter très cher aux Français. Les crédits de la recherche, de l’enseignement, de la culture, de la construction ou de la rénovation sont déjà réduits drastiquement, dramatiquement, au seul profit de la défense et d’une économie de guerre, imposant une austérité accrue aux salariés et la remise en cause des libertés.

Macron jour un drôle de jeu, lamentable et risqué. Macron est un politicien aux ordres des grands groupes et penche de plus en plus clairement vers la droite extrême, porteuse de racisme et de xénophobie. 

Quel Victor Hugo contemporain osera écrire le pamphlet, Macron le petit !