Ah, l’humour belge ! Quel régal chaque matin sur France Inter. Charline Vanhoenacker a réussi à nous faire rire en évoquant les crues tragiques qui submergent le pays et les Jeux olympiques de Milan Cortina, bien peu écolos.
Plutôt que de la plagier, je préfère en livrer le texte intégral. Sans le prononce désopilant (mais on peut la revoir sur le site).
Et dire que la direction de la radio publique pisse-froid voulait nous priver de la plus charmante des Belges.
« Les cours d’eau subissent une crue exceptionnelle, les paysages sont méconnaissables “Il pleut comme vache qui pisse”. Certes, mais combien de vaches ? L’expression populaire ne le dit pas. Et surtout, est-ce qu’en ce moment, les vaches n’auraient pas chopé la cystite ?
La moitié de la France est inondée, et pour l’écologie politique, il y a donc urgence : faut-il oui ou non faire alliance avec Olivier Faure ?
Pendant ce temps, portons notre regard vers les terres arides : celles les des Emirats arabes unis, qui viennent de connaître une année de sécheresse record. Pourquoi je vous parle des Emirats ? Parce qu’eux font des efforts, en développant des avions capables de déclencher la pluie. Oui, on dirait une idée à la con de Donald Trump, mais elle est déjà en application dans le ciel émirati.
Courrier International nous explique que : “Des cartouches de chlorure de sodium fixées sous les ailes de l’avion, projettent une traînée invisible de chlorure de sodium. Les particules attirent l’eau et gonflent les gouttes jusqu’à ce qu’elles deviennent assez lourdes pour tomber.”
Ces avions inséminent les nuages avec des capsules de sodium pour déclencher la pluie. Une sorte de fécondation “in nébulo” si vous voulez… Par contre si quelqu’un peut vérifier que les pilotes émiratis ne se sont pas en train de survoler la Gironde… C’est peut-être le moment de passer un deal : un baril de pétrole contre un baril d’eau.
Tandis que dans les Alpes, les réserves d’eau potable servent à alimenter les canons à neige des Jeux olympiques d’hiver. Sur France Culture ou dans le média en ligne “Vert”, l’association Résilience montagne déclare : “Ils skient sur notre eau potable”. Vous préférez skier sur de l’Evian ou de la Badoit vous ? Pour le slalom je conseille la Badoit fines bulles. Mais surtout pas de Perrier, trop corrosif pour les skis.
Quand je pense à tous ceux qui sont en train de boire de l’eau potable en écoutant cette chronique, LAISSEZ-EN UN PEU pour les épreuves de combiné nordique ! Je comprends mieux pourquoi les pays du sud ne sont quasiment pas représentés. Eux, dès qu’ils ont de l’eau, qu’est-ce qu’ils font ? Ils la boivent au lieu de skier dessus.
Milan Cortina sont les premiers jeux d’hiver où la neige est à 100% artificielle ! (D’après les organisateurs, c’est “environ 100%”… environ 100%, c’est pas l’intégralité non plus.) C’est de la neige industrielle… mais dans le milieu du ski on appelle ça de la “neige technique”. Pour l’instant tout le monde s’en fout mais vous verrez quand on devra manger la raclette avec du fromage artificiel et du vin chaud “technique”, là ça va gueuler. Quand je pense à tous ces ringards qui continuent à skier sur de la neige naturelle.
Le clou c’est qu’hier, des épreuves ont dû être reportées en raison d’une chute de neige NATURELLE ! A Milan-Cortina, ils doivent dégager la vraie neige fraîche pour ne pas mélanger avec la neige artificielle…Faudrait voir avec les Emirats, s’ils peuvent pas renvoyer la neige naturelle dans les nuages, par avion.
Et quand toute cette neige artificielle va fondre ? Le comité olympique dit que l’eau retournera dans la nature au moment. Donc tenez-vous prêts, dès que le printemps se pointe, mon petit conseil : saisissez-vous d’un petit jerrican.
On utilise de la fausse neige, on fait tomber de la fausse pluie… Plutôt que de lutter contre le dérèglement climatique, on s’adapte en déréglant la météo. »
Voilà qui est dit et bien dit. Avec humour et intelligence. Merci Charline.