La retransmission de l’événement était annoncée en direct. Mais France 2 a menti, la cérémonie des Molières était en léger différé. Suffisamment pour opérer quelques coupes dans le déroulé de la soirée où la contestation de la politique gouvernementale a mis très mal à l’aise la ministre de la culture, Rachida Dati.
Curieusement, ce n’est pas l’intervention de Didier Brice, porte-parole de la CGT-Spectacle qui a été victime de la censure, mais le long discours de l’effroyable Jean-Marc Dumontet, le président de l’association des Molières.
Cet homme de la droite la plus bête du monde (et supporter de la première heure d’Emmanuel Macron, après l’avoir été de Jacques Chirac), propriétaire de cinq théâtres à Paris, a cru pouvoir dénoncer les « contre-vérités », selon lui, sur le chiffrage des coupes budgétaires énoncé par Didier Brice. Puis il a appelé l’assistance à être « unie au côté de la ministre ». Ce qui lui a valu les huées du public.
Les téléspectateurs, eux, ont entendu la première partie de son discours mais pas son appel à soutenir la ministre de l’insignifiance et les vives réactions du public.
Bref, c’en était trop. France 2 n’a pas voulu que les téléspectateurs entendent la bronca des comédiens et comédiennes, fustigeant la politique culturelle d’un gouvernement anti-social et obscurantiste. Cette censure imbécile en dit long sur la mise sous tutelle du service public de l’audiovisuel, et, plus généralement, de l’information.
De quel droit censurer une émission annoncée en direct sur le service public ? Qu’en pensent les salariés de France 2 (et des autres chaînes) ? Ne se sentent-ils pas concernés par les coupes dans leur budget qui, pourtant, sont monstrueuses ?
Cette censure ordinaire vient démontrer que ce pouvoir a peur des réactions et de la lutte unie des salariés et des gens de culture pour un autre monde.
La censure ordinaire ne doit pas devenir habituelle.