L’événement est passé inaperçu sur les chaînes de télévision, plusieurs centaines de journalistes français, répondant à l’appel de leurs syndicats (SNJ, SNJ-CGT et CFDT), de 40 sociétés de journalistes (dont celles de France 2, France 3, franceinfo et France 24), de Reporters sans frontières, etc. se sont rassemblés à Paris et à Marseille pour « manifester notre solidarité avec nos collègues palestiniens et de réclamer, encore et toujours, le droit d’entrer dans Gaza. »
Dans une tribune publiée la veille, les organisations affirmaient leur solidarité envers leurs collègues palestiniens, dont plus de 200 ont été tués en dix-huit mois de guerre. Elles écrivaient : « Nous déplorons également la mort des quatre journalistes israéliens qui ont péri dans l’attaque terroriste menée par le Hamas le 7 octobre 2023, ainsi que celle de neuf confrères libanais et d’une consœur syrienne lors de frappes israéliennes. Mais l’urgence est aujourd’hui à Gaza. Pour tous les défenseurs des droits humains, un constat s’impose : l’armée israélienne cherche à imposer un black-out médiatique sur Gaza, à réduire au silence, autant que possible, les témoins des crimes de guerre commis par ses troupes, au moment où un nombre croissant d’ONG internationales et d’instances onusiennes les qualifient d’actes génocidaires. Cette volonté de faire obstacle à l’information se traduit également par le refus du gouvernement israélien de laisser la presse étrangère pénétrer dans la bande de Gaza. »
L’une des victimes, Fatma Hassona, 25 ans, a été tuée avec sa famille le 16 avril, dans sa maison, cible d’un bombardement de l’armée israélienne. Si jeune, mais consciente des dangers, elle avait rédigé ses dernières volontés dans lesquelles on peut lire : « Si je meurs, je veux que ce soit une mort tonitruante. […] Je veux que le monde entier entende parler de ma mort. Je veux qu’elle ait un impact qui ne s’estompe pas avec le temps. Je veux des images qui ne peuvent pas être enterrées dans l’espace ou le temps. »
Sa mort sera tonitruante, un documentaire a été tourné par une réalisatrice iranienne, Sepideh Farsi, avant sa mort et sera présenté au Festival de Cannes. Mais les 200 autres victimes des bombes israéliennes n’existent pas pour les chaînes françaises. Sidérant et révoltant, les rassemblements de Paris et de Marseille n’ont donné lieu à aucun reportage sur France 2 ou France 3. Seul France 24 a diffusé un court sujet.
Fallait-il cacher cette solidarité des journalistes français envers leurs collègues palestiniens ? Qu’en pense la toute nouvelle directrice de la rédaction de France Télévisions, Nathalie Saint-Cricq ?
Cette mièvre journaliste est indigne de son poste à la tête d’une rédaction de service public. Mièvre mais bien de droite. Imbue de sa petite personne et prête à piétiner à la fois les principes professionnels et à adresser un bras d’honneur à toute la profession et aux Palestiniens. Abject !