La Chouette qui hioque

Mois : mai 2026

8 mai 1945

Cette date du 8 mai 1945 a une place à part dans l’histoire de la France. Elle marque la victoire contre le nazisme et sa ‘’solution finale’’ d’extermination de toutes les personnes se réclamant (ou pas) de la religion juive ou des ascendances portant un nom d’origine juive.

La guerre fut longue et atroce. Plus, sans doute, que d’autres : les nazis, fanatisés par Hitler, ont fait preuve de la pire des cruautés avec ses camps d’extermination.

Si les Juifs ont été persécutés, ils ne furent pas les seules victimes ; homosexuels, tziganes, communistes ont payé cher eux aussi ce régime sanglant.

Mais le 8 mai 1945 marque aussi le début de la rébellion des Algériens contre le régime colonial. Ce jour-là, à Sétif, la population s’est levée pour la reconnaissance de ses droits et l’autonomie politique. Une foule de 10 000 personnes a brandi le drapeau algérien (interdit) pour la première fois.

Armée française et milices de colons ont, elles aussi, fait preuve d’une cruauté incroyable : exécutions sommaires, bombardements de villages, arrestations massives ont fait au bas mot entre 5000 et 20000 victimes.

Il s’agissait pour les autorités françaises et pour les colons d’étouffer toute velléité d’indépendance.

L’Algérie s’enfoncera dans la guerre plus encore en 1954 jusqu’aux accords d’Evian en 1962.

Le 8 mai 1945 n’a pas la même résonnance d’un côté de la Méditerranée et de l’autre. Si, à Paris, on exultait à la liberté retrouvée, à Sétif on pleurait les morts.

Le nazisme a été long à vaincre, le colonialisme aussi. Ils ont semé la mort, par centaines de milliers et, aujourd’hui, il y a encore des nostalgiques. Notamment dans les rangs d’un parti qui se prétend rassemblement et national et qui se voit déjà aux portes du pouvoir comme Hitler en 1932.

Il ne faut pas oublier le 8 mai 1945 ; il faut entretenir la mémoire. Surtout, avant chaque échéance électorale. Il arrive parfois que l’histoire se répète.

Bercy vend la mèche !

Le ministère de l’économie et des finances vient de publier des statistiques qui en disent beaucoup sur la politique fiscale d’Emmanuel Macron.

Selon Bercy, 46 % des foyers fiscaux ont été imposables en 2025 (contre 43 % en 2016), soit 900 000 nouveaux foyers fiscaux. Et, parmi les 19 millions de foyers concernés, on ne trouve pas les ultra-riches qui ont bénéficié des mesures fiscales voulues par le président d’une République de moins en moins égalitaire. Si bien qu’un économiste, Camille Landais, peut rappeler que l’impôt « souffre toujours d’une accumulation invraisemblable de règles complexes et de dispositifs dérogatoires, et remplit de moins en moins son rôle de correction des inégalités pour les très hauts revenus. Les très riches le contournent de manière de plus en plus agressive, notamment [par] les holdings. »

Récemment il a été révélé que 13 000 millionnaires ne paient pas d’impôt sur le revenu, mais Bercy ne peut pas cacher que 900 000 foyers supplémentaires en ont payé en 2025.

Les propositions visant à taxer les riches, de la taxe Zucman à l’étude publiée par Attac (A la recherche de l’impôt perdu) et les revendications des syndicats dont celles de la CGT, n’ont jamais été autant d’actualité.

« Face à la progression des propositions de justice fiscale, ces oppositions s’expriment de plus en plus vivement pour défendre leurs intérêts, au point d’employer des discours et récits caricaturaux, voire de s’inscrire dans la droite ligne de l’idéologie et de la stratégie trumpistes qualifiant ces propositions d’extrêmes ou dangereuses. », écrit Attac, qui poursuit : « mieux imposer les ultrariches ne suffira pas pour répondre aux défis sociaux, environnementaux et économiques de la période. En France, le taux de pauvreté atteint un triste record historique, alors que le nombre de milliardaires s’est notoirement accru. Les inégalités de revenus, de patrimoine, sociales, territoriales ou encore culturelles augmentent. La dette publique est instrumentalisée par les gouvernements successifs pour diminuer davantage les dépenses publiques plutôt que de revenir sur les baisses de prélèvements obligatoires qui ont creusé la dette de 308 milliards d’euros depuis 20181. Le consentement à l’impôt se dilue sur fond de crise démocratique. Enfin, le mur climatique est juste devant nous. Il faut certes mieux taxer les riches, mais également faire payer leur juste part d’impôts aux entreprises, et notamment aux multinationales qui délocalisent artificiellement leurs profits dans des paradis fiscaux. Il faut également un meilleur partage de la valeur ajoutée afin de mieux rémunérer le travail, à rebours de la tendance à la financiarisation du capitalisme. »

La taxe Zucman est de plus en plus urgente à poser et à adopter.

Les médias français sont-ils racistes ?

Bonne question posée par Pascale Colisson dans un article du site La Conversation. La chercheuse tente d’apporter des réponses après que le nouveau maire de Saint-Denis ait été victime de propos racistes : au-delà de ces attaques récentes, il est essentiel d’interroger les stéréotypes qui imprègnent la culture médiatique dominante, écrit-elle en préambule.

Pourquoi, dit-elle, « si certains propos, véhiculés consciemment par une parole d’extrême droite, cristallisent le débat, cela ne doit pas occulter le fait que ces biais racistes s’invitent depuis toujours, sous une forme plus ou moins consciente, dans les productions médiatiques. »

Elle reprend les études du sociologue Samuel Bouron, pour qui « l’extrême droite diffuse ses idées en jouant sur la culture du buzz et la captation des affects, mais aussi sur les contraintes journalistiques en détournant leurs normes. Une stratégie portée par la recherche de l’audience fondée sur l’économie de l’attention et la surmédiatisation de certains faits, en particulier les faits divers contribuant à la fabrique de paniques morales »

Pascale Colisson relève une récurrence dans le domaine du sport, selon laquelle « les Noirs ont un corps, les Blancs ont un cerveau ». Elle relève aussi « la place prépondérante donnée aux fait divers violents lorsque les médias traitent des quartiers défavorisés de banlieue. »

La composition des rédactions, souligne-t-elle, pose question. Elle ajoute que « la question du racisme et des stéréotypes dans les médias relève de causes multifactorielles, qui participent à la perpétuation d’un modèle dominant des récits. Le chemin est encore long et il commence par le fait de sortir d’une forme de déni, à tous les niveaux de l’organisation. »

Le chemin est effectivement encore long avant de voir les médias traiter la société dans toute sa diversité. Mais la tâche est à la fois nécessaire et exaltante pour combattre les idées racistes de l’extrême droite et de ceux qui lorgnent de plus en plus vers elle.

Vive le 1er mai

Je m’étais promis de ne pas écrire le 1er mai en solidarité avec ceux qui manifestent ce jour-là, avec ceux qui luttent pour leur dignité de salarié.

Mais trop c’est trop. Les puissances d’argent et leurs fidèles alliés dans les gouvernements font preuve de trop d’arrogance et multiplient les guerres pour défendre leurs privilèges.

En France, les députés qui se réclament encore de Macron sont repartis en guerre contre le 1er mai, jour férié, non travaillé et payé. Plutôt que de s’en prendre aux bénéfices monstrueux et hallucinants de TotalEnergie qui dépassent l’entendement au mépris de ceux qui regardent à faire le plein du réservoir de leur voiture. Plutôt que de s’en prendre aux salaires indécents des patrons, comme celui de M6 qui s’est augmenté de 20 % quand il prétend ne pas pouvoir augmenter les rémunérations de ses salariés.

Les ultra-riches ont toutes les audaces.

A l’image de Donald Trump qui continue sa sale guerre au Moyen Orient, avec le soutien de Netanyahu, en s’affranchissant de l’avis du congrès américain. Le roi Trump décide seul et foule aux pieds la démocratie.

En Europe, on ne fait pas mieux, l’accord de l’UE avec le Mercosur sera mis en œuvre avant même que le Parlement soit consulté.

Bref, on pourrait multiplier les exemples. Arrêtons-là les méfaits du capitalisme financier de plus en plus détestables.

Vive le 1er mai, son muguet et ses manifestations ; amplifions les combats unitaires.