La guerre contre l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, ainsi que les bombardements du Liban ont eu pour effet de faire passer au second plan la situation à Gaza et en Cisjordanie.

Les choix éditoriaux sont frustrants.

De même, les enquêtes sur l’état de l’opinion israélienne ne sont guère analysées. Tous les Israéliens ne sont pas derrière Benyamin Netanyahu. Mais qu’en sait-on ?

On peut se féliciter de lire des témoignages qui peuvent réconcilier avec l’Etat d’israël en marquant ses distances avec son gouvernement.

Dans sa dernière livraison, Télérama est allé à la rencontre de Hagai Levi, un créateur de série, qui vient d’adapter le journal de cette intellectuelle juive assassinée en 1943 à Auschwitz, Etty Hillesum.

Son témoignage de citoyen israélien est important. Ainsi, il déclare à propos des otages du 7 octobre 2023 : « Ceux qui ne se battaient pas pour ramener les otages étaient à la tête du pays ». Et il poursuit : « Israël est un pays qui se réveille chaque matin plein de haine. Moi aussi, je l’étais, contre le gouvernement. J’ai senti les effets de ce poison dans ma chair, cela annihile ce que vous êtes. »

Plus loin,on ressent son désespoir quand il avoue après le bombardement du Liban dans la « nuit infâme » du 30 mars : « Israël est devenu une machine à tuer. » Pourquoi ? Il a une réponse définitive : « 90 % des Juifs religieux sont pour Netanyahu. Les ultra-orthodoxes n’ont pas levé le petit doigt pour nous aider avec les otages, parce qu’ils n’étaient pas des leurs. Quant aux sionistes religieux, ils étaient délibérément prêts à les sacrifier. »

Il a été profondément touché par les exactions des colons en Cisjordanie et il avoue que à propos de celle dont il adapte le journal, « Si Etty était parmi nous aujourd’hui, je crois savoir où elle serait : au côté des villageois sans défense, persécutés, expulsés, assassinés. »

Témoignage courageux quand on vit en Israël ; d’autant plus que c’est ce genre de témoignages, critiques envers la politique du gouvernement Netanyahu, que Mme Caroline Yadan, députée française du groupe macroniste Renaissance, voudrait ne plus lire, ni entendre et donc interdire aussi dans notre pays.