Il est très inquiétant d’entendre et de lire dans tous les médias que le RN est aux portes du pouvoir. Mais, en même temps, il est bon de prendre conscience du danger. Surtout au moment où la gauche se déchire et multiplie les annonces de candidats à la présidentielle.

De nombreuses voix se lèvent pour lancer des avertissements et appellent à l’union de toutes les forces antifascistes. L’Humanité a publié un très bel entretien avec la présidente de la Ligue des droits de l’homme (LDH) ; Nathalie Tahio, dont la vie a été marquée par le racisme et la colonisation en Kanaky, lance à son tour un avertissement en répondant à la question : « Si le RN arrive au pouvoir, aura-t-il les mains libres pour développer sa politique d’extrême droite » :

« Oui, il y a beaucoup de choses qu’il pourra faire, et notamment son fameux « projet de loi référendaire » qui institutionnaliserait « la priorité nationale », car il est déjà certain que le Conseil constitutionnel ne s’y opposera pas. Nous n’avons pas grand-chose comme garde-fous. Pendant longtemps, nous avons vécu dans l’idée qu’il y avait un approfondissement de l’État de droit. Aujourd’hui, nous sommes en marche arrière à cause de choix politiques. Certains politiciens jouent sur le terrain du RN pour gagner des voix et parfois partagent sincèrement leurs idées, alors que les médias d’extrême droite diffusent déjà leurs thèmes à grande échelle dans la société. Moi, j’ose me référer à la radio des Mille Collines, qui a préparé le génocide des Tutsis. Comment imaginer que ces médias de la haine n’auront pas d’effets ? En France, des gens sont déjà menacés, voire tués pour ce qu’ils sont. En affaiblissant l’État de droit et la démocratie, un tremplin a été construit pour le RN. »

Face à ce danger, les citoyens de gauche attendent un sursaut et une candidature commune. Pour cela, il est indispensable de mettre de côté ses ‘’egos surdimensionnés’’, ses querelles de personne, ses différences (sans doute moins importantes que déclarées) ou ses claquements de portes théâtrales.

Les avertissements ne peuvent pas rester sans réponse. Les citoyens vous le demandent, politiciens qui vous réclamez de gauche !