Je m’étais promis de ne plus écrire sur Donald Trump ; l’homme m’est insupportable de bêtise et d’arrogance. Mais il est difficile de rester spectateur et de ne rien dire, ni ne rien faire, quand il ose déclarer sur la chaîne NBC : « Nous aurons le Groenland. J’en suis sûr à 100 % (…) Toutes les options sont sur la table. » La morgue avec laquelle il traite le Danemark et surtout pour la population groenlandaise aurait dû, au moins, entraîner la convocation de l’ambassadeur américain à Copenhague et, pourquoi pas, la rupture des relations entre les deux pays.
Dans le même temps, Le directeur général des services de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, Stanislas Parmentier, a adressé une lettre à de nombreuses entreprises françaises leur enjoignant de respecter un décret de Donald Trump exigeant qu’elles ne conduisent pas de programmes anti-discrimination et de le communiquer sous cinq jours par un formulaire de certification du respect de la loi américaine.
La lettre rappelle que « le décret 14173 concernant la fin de la discrimination illégale et rétablissant les opportunités professionnelles basées sur le mérite, signé par le président Trump, s’applique également obligatoirement à tous les fournisseurs et prestataires du gouvernement américain, quels que soit leur nationalité et le pays dans lequel ils opèrent ».
La riposte présidentielle et gouvernementale n’est pas au niveau de la pression exercée par les Etats-Unis dans les affaires intérieures du pays. Honte à Macron.
Dans les deux cas, on découvre la profondeur des maux dont souffre la politique occidentale d’alignement systématique sur l’Amérique, c’est-à-dire l’atlantisme, qui sclérose le sentiment d’indépendance nationale.
Les faits relevés ci-dessus ne sont pas isolés : l’humiliation de Zelensky dans le bureau Ovale ou l’annexion de la bande de Gaza pour en en faire la Trump-Riviera, les taxations des importations ou les menaces sur le Panama ont déjà suffisamment éclairé le monde sur la réalité de la politique des fascistes au pouvoir à Washington. Il faut y mettre un terme par des réactions à la hauteur des agressions.
La situation intérieure des Etats-Unis et, plus généralement, l’état du monde sont assez pitoyables aujourd’hui et n’inclinent guère à l’optimisme.
Quand Trump a décidé de priver la prestigieuse université Columbia des subventions fédérales de 400 millions de dollars, puis fait arrêter Mahmoud Khalil, figure de la contestation propalestinienne, il a posé des conditions à la levée des sanctions, notamment la mise sous tutelle académique du département d’études proche-orientales et africaines, la direction de l’université s’est soumise à des exigences mettant en cause la liberté académique de la recherche.
Qu’on ne parle pas de nécessité ; Columbia est une université privée qui a d’autres sources de financements.
Le Parti démocrate est particulièrement muet et immobile, son conseil des leaders d’opinion a préconisé aux militants de « se replier sur eux-mêmes et faire le mort ». Seuls Bernie Sanders (83 ans) et Alexandria Ocasio-Cortez (35 ans) ont relevé le défi posé par Trump. Ils ont organisé un ‘’Fighting Olygarchy Tour’’ (ou tournée de lutte contre l’oligarchie), pour relayer un discours anti-milliardaires et prodémocratie. Les audiences de ce Tour sont exceptionnelles et atteignent des chiffres records.
Le peuple américain, lui, se réveille. Mais les deux leaders de la gauche du Parti démocrate sont devant une importante question : comment canaliser l’énergie des protestataires et faire émerger un mouvement capable de vaincre Trump.
Les voix occidentales, si elles se mêlaient aux voix américaines, pourraient accélérer la prise de conscience qu’un monde meilleur est possible. Sans Trump, ni Musk.
Osons et ne restons pas spectateurs.