La nature humaine est-elle bonne ou mauvaise ? Doit-on suivre Jean-Jacques Rousseau quand il écrit : « L’homme est bon par nature, c’est la société qui corrompt ». Une chose est sûre, elle est paradoxale.

La consécration d’Abou Sangare aux Césars du cinéma pour son interprétation d’un livreur de pizzas dans Paris alors qu’il était sans papier et sous le coup d’une éventuelle expulsion du territoire dans le film de Boris Lojkine, L’Histoire de Souleymane, est assurément très politique. Sa brillante et émouvante intervention sur la scène de l’Olympia, fief de Bolloré, toute en pudeur est un pied de nez à tous les racistes qui ne veulent plus voir ces étrangers dont ils prétendent qu’ils sont tous des délinquants.

Avec Abou, on a envie de croire que l’homme est bon par nature. Cet homme a réussi à pardonner à ceux qui l’ont plongé dans la misère ; il a relativisé sa situation et il n’oubliera jamais ni qui il a été, ni qui il est devenu, un merveilleux acteur.

Quelle grandeur d’âme !

En revanche, en voyant et revoyant le triste spectacle des fous de Washington, Trump et Vance, insultant Zelensky sous le regard de toutes les télévisions du monde, on veut bien croire que la société corrompt.

Se sont-ils crus intelligents en insultant un président, peu sympathique, mais victime d’une agression brutale et sanglante de Poutine ?

Le peuple américain a voté massivement pour des fascistes, méprisant envers tous les peuples qui ne sont pas américains et qui ne sont pas blancs de peau. Comment est-ce possible ? Je veux encore croire que le peuple américain ne mérite pas d’avoir une telle clique à sa tête.

Comme si la situation outre-Atlantique n’était pas suffisante pour nous faire douter, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir imiter Trump, Vance, Musk et consorts, partout, y compris dans le pays des droits de l’homme.

La nature humaine est capable de tout, du meilleur comme du pire.