La Chouette qui hioque

Mois : février 2026

Un monde pourri

L’éphémère ministre de l’économie, Eric Lombard n’en finit pas de ‘’vendre la mèche’’ ; après avoir validé le chiffre sénatorial de 13 335 personnes dispensées d’impôt sur le revenu, il revoit les chiffres à la hausse.

Selon Eric Lombard, ce sont « autour de 50 000 foyers », au revenus élevés, qui échappent à l’impôt sur le revenu.

Il a affirmé sur RTL, « Pour une part non négligeable, c’est lié à ce qu’on appelle la suroptimisation fiscale (…) C’est légal (…) Certains peuvent trouver des montages permettant de réduire leur base fiscale (…) ça touche entre 0,1 et 0,3 % des Français, pour lesquels il faut qu’on analyse ce qu’il se passe ».

On attend avec fébrilité et curiosité la réaction d’Amélie de Montchalin.

Autre surprise, on apprend aujourd’hui que la Commission européenne a décidé d’appliquer de façon provisoire l’accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur, avant même le vote du Parlement européen.

Les réactions des agriculteurs n’ont pas tardé, qui parlent de trahison, de séisme, de déni de démocratie. L’un des syndicats agricoles avoue même que c’est l’Allemagne qui décide.

Emmanuel Macron n’a fait qu’évoquer « une mauvaise surprise », lui qui, pourtant a installé Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission et se vantait des excellents rapports avec l’Allemagne.

Ces deux exemples démontrent une fois encore tout ce qu’il y a de pourri dans nos prétendues démocraties où ce sont les grands intérêts financiers qui dictent les conduites des affaires concernant les peuples.

Le monde est non seulement fou, il est pourri.

Un monde toujours plus fou

Le monde est fou et tout se bouscule dans ma tête. Dati démissionne du ministère de la culture (ce n’est pas une perte) alors que les élections municipales, partout en France sont une mascarade. La gauche est désunie, la droite se déchire, pendant que le RN, miné par les affaires judiciaires, fait preuve de tranquillité. 

Le néofascisme avance à grand pas vers l’Elysée et la gauche se complaît dans les affaires de famille.

Donald Trump éructe pendant près de deux heures pour dire n’importe quoi, mais son armée menace l’Iran et Cuba, revendique la mort de patron de la drogue au Mexique. Il est désavoué par la Cour suprême à propos des droits de douanes, mais il persévère.

L’Iran condamne à mort des enfants et des adultes pour crime d’opposition ; Israël continue sa funeste destruction de la Palestine (ou ce qu’il en reste).

Le Medef, lui, fait barrage à la nationalisation d’ArcelorMittal et Stellantis ou SEB sont au plus mal. Ce patronat indigne poursuit son œuvre de disparition progressive des acquis sociaux et obtient la signature de la CFDT et de la CFTC dans le dossier des licenciements à l’amiable (ou rupture conventionnelle).

Bref, le monde est fou et on en oublierait presque que des centaines de Français ont encore les pieds dans l’eau, conséquence d’un dérèglement climatique de plus en plus dramatique mais que seuls les politiques ne voient pas.

Le budget de l’Etat est malade de la faillite du capitalisme et la désindustrialisation de la France s’accentue chaque jour, mais la Bourse continue de voler de record en record. Les ultra-riches sont les seuls, dans le monde, à se vautrer dans le stupre mis au jour par l’affaire Epstein sans être inquiétés, pendant que la pauvreté est de plus en plus endémique.

Sortons de ce monde fou, vite, très vite.

Picasso, céramiste

Pablo Picasso s’est affronté à tous les moyens d’expression artistique. Y compris la céramique aux côtés de Suzanne et Georges Ramié, les fondateurs de l’atelier Madoura à Vallauris.

Nul hasard dans ce choix ; au sortir la seconde guerre mondiale, Picasso a « développé un nouveau langage de formes, tant en peintures qu’en lithographie », écrit Harald Theil dans l’excellent catalogue de l’exposition au Musée de Vallauris durant l’été 2025, consacrée à ses céramiques 

L’artiste s’est confronté à toutes les techniques de la céramique, avec curiosité, avec un talent étonnant pendant une vingtaine d’années, expérimentant ou improvisant, « puisant dans les sources millénaires de la céramique »

Céline Graziani, directrice du musée Magnelli à Vallauris, ajoute : « Son désir de rendre l’art accessible au plus grand nombre influence alors son approche de la reproduction artistique. D’autant plus que son engagement au sein de Parti communiste français, à partir de 1944, donne certainement un nouvel écho à ce souci de démocratisation. » L’autrice cite alors Christian Zervos qui, dans les Cahiers d’art, écrit en 1948 : « Il est à présumer que l’art du céramiste apportera une heureuse conclusion à ce désir (de tenir ses œuvres à la disposition des masses pour en former peu à peu le regard). »

C’est dans cet esprit que Picasso s’est tourné vers la production de multiples pour la démocratisation de l’art « outil de démocratisation de l’art et de diffusion de l’engagement politique et humaniste de l’artiste », abandonnant ses droits à la reproduction au profit de Madoura.

Les œuvres de Picasso n’ont pas fini de nous étonner, de nous interroger et de nous enthousiasmer. Il avait du génie, certes, mais il était surtout curieux de tout et son génie ne s’explique que par sa force de travail pour dominer les diverses formes d’expression artistique.

(Picasso céramiques- Techniques du multiple, Editions Silvana Editoriale,128 pages)

Leur liberté d’expression

Aujourd’hui, dans la France des Lumières et des droits de l’homme, la droite se distingue de moins en moins de l’extrême droite. Le vent mauvais du fascisme souffle de plus en plus fort.

Martine Vassal, ex-UMP, ralliée à Macron, est candidate à la mairie de Marseille ; au cours d’un débat entre les têtes de listes, elle a osé affirmer qu’elle n’avait jamais changé et que ses valeurs « c’est le mérite, le travail, la famille, la patrie ».

Cette fausse droite ressuscite Pétain sans retenue.

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, ose affirmer : « Je ne peux interdire une manifestation que quand il y a des risques majeurs de troubles à l’ordre public ». Et d’autoriser la marche en hommage à Quentin Deranque déclarée en préfecture de Lyon par Aliette Espieux, figure des traditionnalistes et militante contre l’avortement, qui va voir affluer des centaines de néonazis de toute l’Europe.

Le gouvernement autorisant la manifestation au nom de la liberté d’expression, alors que l’antisémitisme des manifestants est un délit, voilà qui en dit long sur la récupération politicienne par les partis au pouvoir.

Le RN se tient en retrait et n’appelle pas à la manifestation ; mais il marque des points.

Alors que la gauche dénonce ces dérives de la droite vers l’extrême droite, Jean-Luc Mélenchon se distingue en affirmant à propose de la Jeune Garde : « Nous approuvons leur résistance, nous approuvons leur organisation ». Il apporte ainsi un soutien à ceux qui ont fait acte de violence et se trompe de combat.

On ne combat pas la violence des nostalgiques des Ligues et le fascisme par la violence ; on leur oppose au contraire la mobilisation démocratique du peuple et une vraie liberté d’expression, excluant l’information distillée par les médias des milliardaires.

Le combat est vaste, difficile ; à entamer rapidement pour éviter de voir le RN à l’Elysée en 2027.

Femme d’exception

Le décès de Leïla Shadid, ancienne déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, doit plonger tous les démocrates dans la tristesse.

Leïla Shahid était une femme de culture et une diplomate de très haut niveau, portant toute la fierté du peuple palestinien.

Elie Barnavi, l’ex-ambassadeur d’Israël en France, a tenu hommage à celle qu’il a présentée comme une « défenseuse très véhémente de la cause palestinienne et en même temps tendue vers la paix ».

Ceux qui ont eu la chance de la côtoyer gardent en mémoire sa grande intelligence, son attachement à l’autodétermination de son peuple. Mais elle savait garder une grande lucidité comme le rappelle L’Humanité : « Nous avons décidé, il y a dix-neuf ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux États. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué. (…) Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est. Donc regardons la réalité en face : la communauté internationale est responsable aussi de notre propre échec ».

Sa voix va nous manquer et plus encore à son peuple.

Les crues et la neige

Ah, l’humour belge ! Quel régal chaque matin sur France Inter. Charline Vanhoenacker a réussi à nous faire rire en évoquant les crues tragiques qui submergent le pays et les Jeux olympiques de Milan Cortina, bien peu écolos.

Plutôt que de la plagier, je préfère en livrer le texte intégral. Sans le prononce désopilant (mais on peut la revoir sur le site).

Et dire que la direction de la radio publique pisse-froid voulait nous priver de la plus charmante des Belges.

« Les cours d’eau subissent une crue exceptionnelle, les paysages sont méconnaissables “Il pleut comme vache qui pisse”. Certes, mais combien de vaches ? L’expression populaire ne le dit pas. Et surtout, est-ce qu’en ce moment, les vaches n’auraient pas chopé la cystite ? 

La moitié de la France est inondée, et pour l’écologie politique, il y a donc urgence : faut-il oui ou non faire alliance avec Olivier Faure ?

Pendant ce temps, portons notre regard vers les terres arides : celles les des Emirats arabes unis, qui viennent de connaître une année de sécheresse record. Pourquoi je vous parle des Emirats ? Parce qu’eux font des efforts, en développant des avions capables de déclencher la pluie. Oui, on dirait une idée à la con de Donald Trump, mais elle est déjà en application dans le ciel émirati.

Courrier International nous explique que : “Des cartouches de chlorure de sodium fixées sous les ailes de l’avion, projettent une traînée invisible de chlorure de sodium. Les particules attirent l’eau et gonflent les gouttes jusqu’à ce qu’elles deviennent assez lourdes pour tomber.”

Ces avions inséminent les nuages avec des capsules de sodium pour déclencher la pluie. Une sorte de fécondation “in nébulo” si vous voulez… Par contre si quelqu’un peut vérifier que les pilotes émiratis ne se sont pas en train de survoler la Gironde… C’est peut-être le moment de passer un deal : un baril de pétrole contre un baril d’eau.

Tandis que dans les Alpes, les réserves d’eau potable servent à alimenter les canons à neige des Jeux olympiques d’hiver. Sur France Culture ou dans le média en ligne “Vert”, l’association Résilience montagne déclare : “Ils skient sur notre eau potable”. Vous préférez skier sur de l’Evian ou de la Badoit vous ? Pour le slalom je conseille la Badoit fines bulles. Mais surtout pas de Perrier, trop corrosif pour les skis.

Quand je pense à tous ceux qui sont en train de boire de l’eau potable en écoutant cette chronique, LAISSEZ-EN UN PEU pour les épreuves de combiné nordique ! Je comprends mieux pourquoi les pays du sud ne sont quasiment pas représentés. Eux, dès qu’ils ont de l’eau, qu’est-ce qu’ils font ? Ils la boivent au lieu de skier dessus.

Milan Cortina sont les premiers jeux d’hiver où la neige est à 100% artificielle ! (D’après les organisateurs, c’est “environ 100%”… environ 100%, c’est pas l’intégralité non plus.) C’est de la neige industrielle… mais dans le milieu du ski on appelle ça de la “neige technique”. Pour l’instant tout le monde s’en fout mais vous verrez quand on devra manger la raclette avec du fromage artificiel et du vin chaud “technique”, là ça va gueuler. Quand je pense à tous ces ringards qui continuent à skier sur de la neige naturelle.

Le clou c’est qu’hier, des épreuves ont dû être reportées en raison d’une chute de neige NATURELLE ! A Milan-Cortina, ils doivent dégager la vraie neige fraîche pour ne pas mélanger avec la neige artificielle…Faudrait voir avec les Emirats, s’ils peuvent pas renvoyer la neige naturelle dans les nuages, par avion.

Et quand toute cette neige artificielle va fondre ? Le comité olympique dit que l’eau retournera dans la nature au moment. Donc tenez-vous prêts, dès que le printemps se pointe, mon petit conseil : saisissez-vous d’un petit jerrican.

On utilise de la fausse neige, on fait tomber de la fausse pluie… Plutôt que de lutter contre le dérèglement climatique, on s’adapte en déréglant la météo. »

Voilà qui est dit et bien dit. Avec humour et intelligence. Merci Charline.

Fake News d’Etat

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, vient de demander la démission de la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese. Celle-ci aurait tenu des propos outranciers et coupables, « qui visent non pas le gouvernement israélien, dont il est permis de critiquer la politique, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation, ce qui est absolument inacceptable. »

Un ministre éminent, porte-parole d’Emmanuel Macron, a osé colporter des informations fausses émanant de lobbies israéliens ; en effet, Francesca Albanese a relevé dans L’Humanité deux accusations fausses : « Je trouve choquant que cette violente attaque soit l’œuvre d’un des membres les plus importants du gouvernement français, le ministre des Affaires étrangères. La polémique porte sur ce que j’aurais dit et le lieu où je l’aurais dit. Étant en déplacement, j’ai envoyé une vidéo préenregistrée de mon intervention au forum de Doha pour un atelier qui comprenait des universitaires, des juristes, dont l’ancienne procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda. La première déclaration du ministre devant le Parlement qui évoque que je me trouvais sur place aux côtés d’un ministre iranien et d’un représentant du Hamas est fausse. La deuxième accusation porte sur une phrase que je n’ai pas prononcée. Devant ce mensonge, j’ai rendu public l’enregistrement en entier. Comme à chacune de mes interventions, je déclare qu’Israël est un État qui commet des crimes de guerre, de génocide et d’apartheid. Après cet énoncé, j’ai expliqué que notre ennemi commun en tant qu’humanité c’était le système qui a permis le génocide, y compris le capital financier qui l’a soutenu, les algorithmes qui ont été contrôlés de façon à dénigrer les Palestiniens et le discours politique qui a défendu l’État d’Israël et son armée. »

La rapporteuse de l’ONU ne manque pas d’humour (tout en restant grave) et réclame réparation de la part de Jean-Noël Barrot : « En tant qu’experte des Nations unies, je dois prendre des mesures pour me protéger. Peut-être que le ministre a commis une négligence, peut-être a-t-il cru le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) et Caroline Yadan ? Mais comme il s’est trompé, et c’est humain, il peut corriger ses propos. J’attends donc au minimum une rectification. Cette situation est une manière de mettre en cause le messager pour ne pas s’occuper du message. Je ne peux pas laisser passer de tels procédés car le ministre a questionné mon indépendance. Il a demandé ma démission sans justification et sans preuves. Pire, il m’a accusé d’avoir comparé Israël au IIIe Reich. C’est faux. Il a affirmé que j’avais justifié les attaques du 7 octobre. C’est encore faux. Il faut savoir que cette polémique et le faux montage viennent d’une organisation qui est basée à Genève et qui est connue pour ses propos diffamatoires à l’encontre de personnes ou d’organisations qui osent critiquer l’État d’Israël. John Dugard, Richard Falk, Michael Lynk, tous mes prédécesseurs, ont été accusés d’antisémitisme et de soutenir le terrorisme. »

Jean-Noël Barrot n’en fera rien (ce gouvernement manie les fake news avec constance) et les médias d’habitude si prompts à dénoncer les fausses nouvelles restent étrangement muets. Surprenant ? Non.

Une Bourse odieuse

Le chômage augmente en France ; rien d’étonnant à cela quand on découvre chaque jour la liste des suppressions d’emplois. La Bourse de Paris salue l’événement en battant un nouveau record, comme d’habitude : elle franchit pour la première fous le cap des 8400 points.

La Tribune du nouveau milliardaire Rodolphe Saadé estime que la Bourse est « portée par une vague de bons résultats d’entreprise ». Odieux.

Le grandes entreprises et les grands boursicoteurs sèment la misère ; eux se remplissant les poches de milliards. Pour quoi faire ? Odieux.

Gabriel Zucman, dans son billet hebdomadaire, constate que « En 2026, le déficit public va, pour la quatrième année consécutive, atteindre ou dépasser les 5 % du PIB. Il s’agit d’une situation sans précédent : la France n’a jamais connu une succession de déficits aussi élevés hors période de crise économique, de pandémie ou de guerre.

La dette publique va atteindre 118 % du PIB. Soit le niveau le plus haut depuis la deuxième guerre mondiale, avant cela le premier conflit mondial, et précédemment la Révolution française. »

La Bourse n’a que faire de ce triste record : elle s’en félicite, car, au final, « Le pays dans son ensemble ne s’appauvrit pas, loin de là : la hausse de la dette publique a été plus que compensée par l’envolée des patrimoines privés. Entre 2012 et 2024, alors que la dette publique a augmenté de 1 400 milliards d’euros, le patrimoine total des ménages français a crû de 4 700 milliards d’euros. Celui des 500 plus grandes fortunes à lui seul a bondi de près de 1 000 milliards d’euros – passant de l’équivalent de 13 % du PIB en 2012 à l’équivalent de 42 % du PIB en 2024. »

Et ces plus grandes fortunes se refusent toujours à payer des impôts et exilent leurs holdings dans les paradis fiscaux; elles trouvent de précieux alliés au gouvernement, à l’Assemblée nationale et au Sénat pour ce qui, pour elles, ce qui serait considéré comme une catastrophe. Odieux.

Gabriel Zucman n’en finit pas de tirer le signal d’alarme. Il faut entendre ses arguments : « Comme d’autres pays avant elle, la France est entrée dans l’ère de l’extrême richesse. Ce déséquilibre se trouve au cœur du blocage budgétaire et du dérapage de nos finances publiques. Il empêche les investissements nécessaires dans l’éducation, l’innovation, la santé, les infrastructures, qui constituent la clé de notre prospérité future. Il alimente une spirale où la richesse achète le pouvoir, qui en retour cimente les fortunes établies. Il vient vicier le fonctionnement de nos marchés, corrompre le jeu démocratique, et nourrir le sentiment d’impuissance qui fait le lit des partis nativistes contemporains. Il s’agit du problème économique et politique fondamental auquel notre pays est désormais confronté. »

Le record battu par la Bourse est l’un des symptômes les plus criants de ce déséquilibre dénoncé par Zucman.

Jusqu’à quand ceux qui par centaines, voire par milliers, perdent leur travail chaque jour (là aussi on bat des records !), supporteront-ils la situation ?

Le sens de la réplique

Donald Trump, James Vance, Elon Musk et d’autres sont des personnes mal élevées ; ceux qui osent s’opposer à eux et entraver leurs décisions sont aussitôt insultés.

Cette façon de gouverner le prétendu ‘’plus grand pays de la planète’’ ne les grandit pas, mais, eux, en sont fiers.

On pourra s’étonner de la tiédeur des réactions des dirigeants des autres pays. Sauf un, l’Espagne.

Quand le gouvernement espagnol a annoncé la régulation du réseau X (ex-Twitter), l’insulte a fusé de la bouche de Musk ; s’adressant à la vice-présidente du gouvernement, Yolanda Diaz, il a lâché : « Elle hait le peuple espagnol. »

Parole de milliardaire trumpiste, qui ne rate pas une occasion de traiter le premier ministre, Pedro Sanchez, de sale tyran et de traître au peuple d’Espagne.

Mais le gouvernement espagnol n’est pas aligné sur Ursula von der Leyen et sa vice-présidente a de la répartie et de l’humour. Elle a répondu à Musk : « L’Espagne n’est pas une entreprise à acheter. Notre peuple n’est pas un réseau à intoxiquer. Ce que tu hais, c’est qu’un gouvernement démocratique impose des limites aux oligarques technologiques comme toi. »

Bravo à elle. Que les autres osent donc refuser de sa laisser insulter chaque jour par la clique de la Maison Blanche.

Melania

Le monde de Trump connait des soubresauts ; la contestation gagne tous les milieux.

L’écrivain américain Shalom Auslander a publié une tribune au vitriol dans le New York Times dans lequel il dénonce le cynisme et le fascisme de la clique de Trump ; ainsi, il écrit : « Un seul exemple : le soir où Alex Pretti a été abattu avait lieu à la Maison-Blanche l’ignoble bal du Gilded Age (« L’âge d’or »), précédé, en avant-première mondiale, de l’écœurant documentaire sur Melania Trump produit par Jeff Bezos, dont tout le monde se fout. Parmi les invités, on pouvait croiser cet abruti de Mark Zuckerberg, le stupide Pdg d’Apple et toute une collection de salauds en smoking, trop bêtes pour comprendre à quel point l’Amérique qui a faim les déteste. Ce petit monde de riches cinglés nous rend malades, mais comment le réguler quand trouver un élu non millionnaire au Congrès est mission impossible ? Ce même Congrès censé représenter le peuple américain ! »

Sans commentaire.

Ce prétendu documentaire sur l’épouse de l’immonde Donald Trump, est sérieusement critiqué par certains journaux, alors que les milliardaires de la Silicon Valley ont entrepris d’en faire des organes de propagande pour le président des Etats-Unis.

Le Guardian a parlé d’un documentaire « décourageant, mortel et creux », The Atlantic, lui, parle « d’une honte ». Empire dénonce « un portrait obséquieux de l’administration américaine actuelle, habillé d’un clinquant de télé-réalité vulgaire » ; Vanity Fair a eu des mots définitifs : « C’est une œuvre de propagande mais le réalisateur Brett Ratner n’est pas Leni Riefenstahl. On n’y trouve ni images saisissantes ni montage hypnotique (…) À la place, Ratner enchaîne les plans interminables de l’esthétique clinquante et excessive de l’univers Trump, pendant que Melania flotte entre Trump Tower, jets privés, cortèges motorisés et dîners de gala, jusqu’à atterrir à la Maison-Blanche. »

Jeff Bezos a dépensé 75 millions de dollars pour produire un immense navet ; c’est le prix à payer pour s’assurer les bonnes grâces de Donald Trump, dans un monde où la finance a pris tous les pouvoirs. Mais où le mauvais goût s’épanche largement.

Malgré tout le fric dépensé par Bezos, le peuple américain, celui qui a faim, se contrefout de Melania.