Quelques cinéastes et acteurs avaient hésité à signer la pétition contre l’emprise de Vincent Bolloré sur le cinéma, en vantant l’indépendance des personnels de Canal+ et leur professionnalisme.

Vincent Bolloré n’a pas attendu longtemps avant d’apporter la preuve qu’il a le ‘’final cut’’ sur les productions de contenus quels que soient les supports.

C’est un communiqué d’un syndicat autonome de Canal+ qui vend la mèche : « Le groupe et ses salariés se retrouvent, une nouvelle fois, pris en otage par les intérêts idéologiques de notre principal actionnaire, au mépris de notre image, de nos intérêts économiques et des valeurs que ce groupe revendique depuis quarante-deux ans : la diversité et l’ouvertureAccompagner le plan de communication d’un candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle, condamné à plusieurs reprises par la justice, constitue une provocation. »

De quoi s’agit-il ? La diffusion à la fin du mois d’une série en quatre épisodes de 52 minutes du livre d’Eric Zemmour, Le Suicide français, sorti en 2024 et réédité cette année aux éditions Fayard.

La réalisation de cette série, à la demande de Vincent Bolloré lui-même et supervisée par Zemmour, a été entourée du plus grand secret.

Selon Télérama, « la présentation qu’en fait Canal+, Le Suicide français « revisite cinquante ans d’histoire française, de la mort du général de Gaulle jusqu’au début des années 2020 » et propose « une lecture incarnée et volontairement polémique de l’histoire contemporaine française ». Quelle surprise !

Pour assurer la promotion de la série révisionniste de Zemmour, les médias de Vincent Bolloré ont été convoqués : une projection privée sur invitation a été organisée au cinéma Mac-Mahon, propriété de Bolloré lui aussi.

Bref, Bolloré affirme par cet épisode toute l’étendue de la mise au service de son idéologie de l’ensemble des entités qu’il contrôle.

Qu’en pensent ceux qui étaient réticents à signer le tribune ‘’Zapper Bolloré’’ ?