Les ultra-riches se cachent derrière des fonds d’investissements et continuent de s’enrichir en financiarisant tous les domaines rentables.
Au passage, ils se moquent des politiques (mais aussi de ceux qui n’ont rien). Quand Sébastien Lecornu réunit les représentants de tous les secteurs de la santé pour tenter de combler la dette de la France, à commencer par celle de Sécurité sociale, le même jour, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie un document dénonçant l’augmentation du prix des médicaments et principalement ceux qui sont utilisés dans les traitements des cancers et des maladies du système immunitaire. Les fonds d’investissements abandonnent les médicaments les plus courants pour se tourner vers les traitements les plus rentables, donc les plus chers. Cherchez le scandale.
Ces mêmes fonds ont également fait main basse sur la biologie médicale, la radiologie, l’ophtalmologie et la prise en charge du grand âge.
Ils sont quelques groupes seulement (moins d’une dizaine) à se partager un marché de plus en plus juteux, où leur hégémonie leur permet de fixer les prix et donc la rentabilité. Au mépris de la santé des millions de citoyens livrée aux profits de quelques-uns.
Un article d’Options, le magazine des cadres et ingénieurs de la CGT, dénonce la situation en citant le rapport d’une commission d’enquête parlementaire :
« Ce phénomène en pleine expansion s’alimente de l’accaparement des ressources de la Sécurité sociale. Le secteur, en effet, est des plus attractifs : « Des revenus largement socialisés, financés essentiellement par l’assurance maladie et les complémentaires santé ; des besoins peu sensibles aux cycles économiques ; des perspectives de croissance soutenues par le vieillissement démographique ; un fort potentiel de concentration sectorielle. » N’en jetons plus : selon le rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l’Inspection générale des finances (Igf) sur les « causes et les effets de la financiarisation du système de santé » (mai 2025), les fonds de capital-investissement ont investi en fonds propres, entre 2024 et 2024, plus de 4 milliards d’euros dans le secteur français de l’offre de soins. »
Tous les secteurs de la santé sont passés sous le contrôle du monde de la finance, la biologie médicale en premier, puis la radiologie et l’ophtalmologie. Le président du Syndicat des ophtalmologistes de France (SNOF) témoigne : sa spécialité « réunit toutes les caractéristiques recherchées par les fonds : forte intensité capitalistique, actes techniques bien valorisés, demande croissante portée par le vieillissement et faible barrière de prescription ».
Laissera-t-on encore longtemps les fonds d’investissements dicter la loi du fric au profit des ultra-riches ? Ou saura-t-on revenir à un vrai système démocratique ?