Marine Le Pen fait fi de la condamnation d’une dizaine de dirigeants et élus (dont elle) et annonce en le claironnant haut et fort sur TF1 (offrant une tribune pitoyable) qu’elle est candidate à la présidence de la République.

Condamnée à 3 ans de prison dont 2 avec sursis et une année sous bracelet électronique, à une amende de 2 millions d’euros et à la confiscation de 1 million déjà saisi, la présidente du RN a les mains sales ; la dizaine de dirigeants, eux aussi condamnés, devront verser au Parlement européen une somme de 1,9 million d’euros.

C’est tout le RN, et en premier lieu son ex-présidente, qui est éclaboussé et condamné pour un détournement de plus de 4,4 millions d’euros.

Dans une démocratie digne de ce nom, le parti et ses dirigeants devraient être bannis à tout jamais du processus électoral.

Le RN qui se proclamait au-dessus de tout soupçon bafoue la démocratie et insulte les électeurs. Ceux-ci sont encore trop nombreux à lui pardonner et à croire les mensonges d’un parti fondé par d’ex-nazis, entourés de racistes et de xénophobes de plus en plus proches d’un grand patronat réactionnaire et anti-social.

La présidente d’Amnesty International France, Anne Savinel-Barras, tire le signal d’alarme : « Face à la montée des pratiques autoritaires dans le monde, les discours contre les droits humains se banalisent en France et ouvrent la voie à des politiques qui s’en inspirent ouvertement. Nous sommes à un an de l’échéance électorale la plus déterminante pour notre démocratie et nous redoutons que ses piliers vacillent. »

Elle montre les dangers que porte l’extrême droite en 2027 : « Les mots ne sont pas abstraits. Car les discours de haine ne restent jamais de simples paroles. À force d’être répétés, relayés et banalisés, ils finissent par transformer notre regard sur les autres. Peu à peu, l’inacceptable devient tolérable. Les discriminations progressent. Les violences augmentent. Et des politiques qui portent atteinte aux droits fondamentaux trouvent leur place dans le débat public. C’est ainsi que les idées racistes, sexistes ou autoritaires s’installent. »

Puisse ce plaidoyer amener une réaction d’une gauche de plus en plus divisée. Les sondages sont sans appel ; aucun de ceux qui prétendent se présenter ne peut gagner seul. Alors, la gauche permettra-t-elle la victoire d’une présidente délinquante ou se réunira-t-elle pour empêcher la victoire d’un parti raciste ?

C’est à chacun de mener le combat pour réunir la gauche quand ses dirigeants semblent avoir perdu la raison.