La Chouette qui hioque

Mois : juin 2026

Ce bon Bernard Arnault

Bénissons Bernard Arnault ! L’homme est vraiment généreux.

N’avait-il pas fait un don de 200 millions pour la reconstruction de Notre-Dame ? Aujourd’hui, ne vient-il pas de faire un don de 50 millions à Polytechnique ?

Chez Bernard Arnault, les millions coulent à flot comme le champagne Moët & Chandon, Dom Pérignon, Veuve Clicquot, Ruinart (marques dont il est propriétaire).

La direction de Polytechnique a qualifié la donation d’historique. Le milliardaire est plus généreux que les ministères de tutelle.

La direction en est tellement reconnaissante que les 50 millions destinés à financer le nouveau bâtiment abritant un nouvel institut de mathématiques sera baptisé, très modestement : « Institut de mathématiques et des sciences fondamentales Bernard Arnault ». La directrice générale de la prestigieuse école en est si bouleversée qu’elle a cru bon d’ajouter à propos de l’institut : « Il reflète la conviction de nos promotions et de nos professeurs sur l’absolue nécessité pour Polytechnique d’entretenir des liens exigeants et forts avec les acteurs économiques (…) Les mécènes nous offrent les marges de manœuvre indispensables pour amorcer les projets les plus ambitieux »

Un collectif d’étudiants (baptisé Entreprises illégitimes dans l’enseignement supérieur, EIES) qui avaient interrompu la remise de diplômes quelques jours plus tôt, a condamné cette intrusion du milliardaire dans le fonctionnement d’une école publique. Il y voit une « instrumentalisation de “la science” et d’une école d’Etat au service des intérêts d’un milliardaire qui accumule sa fortune par l’exploitation, la délocalisation, l’optimisation fiscale et les aides publiques. Par cet institut à son nom, après son entrée à l’académie des sciences, Bernard Arnault incarne le symbole d’une collusion des élites forcée par la casse du budget public de l’enseignement supérieur et de la recherche, bénéficiant à quelques écoles et à la reproduction sociale ».

Sur son site, l’EIES rappelle fort opportunément l’article L.141.6 du code l’éducation : « Le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ».

Les caisses de l’Etat sont vides, la dette est abyssale et les milliardaires comme Bernard Arnault en profitent pour libéraliser chaque jour davantage l’activité économique. Sans oublier de se présenter comme de généreux mécènes et sans oublier de coller leur nom aux résultats de leur générosité. Tout en pourfendant, par exemple, la taxe Zucman.

Ne bénissons pas Bernard Arnault ; piquons-lui son pognon, il en a trop. C’est indécent.

Payer pour étudier

Le gouvernement racle les fonds de tiroirs ; il rogne sur tous les budgets et fait preuve d’une imagination délirante pour ne pas aller chercher l’argent chez les riches.

 Dernier exemple en date, le financement des universités.

En janvier dernier, il avait nommé une énième commission pour étudier le modèle financier de nos établissements d’enseignement supérieur.

Le ministre, Philippe Baptiste, ne doit pas être déçu du résultat de la docte commission. Celle-ci, pour que les universités puissent « faire face à un risque majeur d’appauvrissement et de dysfonctionnement d’un nombre croissant d’universités si le modèle reste en l’état », n’a pas trouvé mieux que de préconiser de quintupler les frais d’inscription » et d’enfoncer le clou en prétendant que la hausse est « modérée » (sic).

La commission était co-présidée par Jérôme Fournel, inspecteur général des finances et ancien directeur de cabinet du Premier ministre, et Gilles Roussel, président de l’Université Gustave Eiffel et ancien président de la Conférence des présidents d’université. Le ministre osait prétendre que « leur expérience et leur connaissance approfondie des enjeux financiers, institutionnels et universitaires garantiront la crédibilité et l’impartialité de la démarche. »

Le ministre n’en attendait pas moins, mais les étudiants pourront le remercier quand ils devront trouver les sommes imposées pour leur inscription.

Le danger est grand de fermer la porte des universités à des nombreux étudiants des milieux modestes. Au fond n’est-ce pas le but recherché par un président et un gouvernement issu de la bourgeoisie ?

Critique d’outre-Manche 

The Guardian, quotidien célèbre de Londres, vient de consacrer un long article à Bernard Arnault, surnommé le « loup en cachemire ». Autant le dire, l’article n’est pas très flatteur pour l’homme le plus riche de France.

Le prétexte de cet intérêt pour Bernard Arnault n’est pas l’industrie du luxe, mais la razzia opérée par le milliardaire dans la presse économique : Les Echos, L’AGEFI, Investir et, plus récemment Challenges (Le groupe LVMH contrôle également Le Parisien-Aujourd’hui en France, Paris Match, Historia, L’Histoire, L’Opinion, Sciences et avenir, ainsi que Radio Classique). Le Guardian relève que « L’expansion d’Arnault intervient dans un contexte de débat croissant sur la poignée de milliardaires qui dominent le secteur des médias et redessinent le paysage médiatique à l’approche de l’élection présidentielle du printemps prochain. L’extrême droite est en tête des sondages alors que les deux mandats d’Emmanuel Macron touchent à leur fin. » Il ajoute que « La position politique la plus claire d’Arnault a toujours été son opposition à l’impôt sur la fortune. »

Pour être bien compris, le quotidien rappelle intelligemment : « Au début des années 1980, le jeune Arnault s’installe brièvement aux États-Unis pour fuir ce qu’il percevait comme un climat des affaires hostile de la gauche et l’impôt sur les riches du président socialiste François Mitterrand. Là-bas, il noue une amitié étroite avec un autre acteur de l’immobilier, Donald Trump. »

Le choix de tels amis en dit long sur la personnalité de l’homme qui dirige le premier groupe mondial des industries du luxe.

La députée écologique Sophie Taillé-Polian, à l’origine d’un projet de loi sur le pluralisme des médias, fait remarquer : « Quand on a un domaine aussi important que la presse économique sous la garde d’une des personnes les plus riches de France et du monde, ça pose question. »

Assurément, Madame, mais cette question ne trouble ni la droite, ni l’extrême droite, ni Emmanuel Macron. Les patrons-voyous ont encore de beaux jours devant eux !

Il faut préciser que The Guardian, fondé en 1821, n’a pas d’actionnaires ; il est contrôlé par le Scott Trust, une fondation dont la mission est de défendre l’indépendance des journalistes. Ceci explique cela. 

Solidaire de Nadav Lapid

Nadav Lapid est un brillant réalisateur israélien, opposant acharné à la politique de Benyamin Netanyahu de longue date. Auteur du film ‘’Oui’’ présenté à Cannes en 2025, il est aujourd’hui la victime d’une campagne de dénigrement et d’appels au boycott de la part d’activistes anti-israéliens au prétexte qu’il a bénéficié d’un financement (à hauteur de 12 %) de l’Israël Film Fund (or, ce fonds est indépendant) et que Lapid a pu présenter son œuvre en Israël.

Je le dis et l’écris sans réserve, les motivations de ce boycott de Nadav Lapid sont imbéciles.

Lapid est, je le répète, antisioniste et un opposant à la politique d’extrême droite du gouvernement israélien ; il accuse le gouvernement de génocide sans réserve et de façon permanente. Ne vient-il pas de déclarer dans Charlie Hebdo : « Gaza n’est pas un accident, c’est le résultat de l’idée que la vie des autres ne compte pas. Le sionisme induit que les autres populations du pays seront toujours inférieures. Il faut refonder un pays où toutes les communautés sont traitées à égalité. »

Le pouvoir israélien, lui, s’est réjoui de ce boycott (ça ne le grandit pas pour autant) en termes honteux : «Nadav Lapid ne comprend pas que les ennemis d’Israël ne font pas la moindre distinction entre nous. Peu importe qu’il essaie autant de leur plaire, ils ne l’ont jamais vu comme l’un d’eux, il sera pour toujours à leurs yeux un Juif d’Israël. ».

Les partisans du boycott en France ont pu avoir un jugement hâtif et erroné, mais on aurait pu attendre la reconnaissance de leur erreur.

Nouvelle provocation

Quelques cinéastes et acteurs avaient hésité à signer la pétition contre l’emprise de Vincent Bolloré sur le cinéma, en vantant l’indépendance des personnels de Canal+ et leur professionnalisme.

Vincent Bolloré n’a pas attendu longtemps avant d’apporter la preuve qu’il a le ‘’final cut’’ sur les productions de contenus quels que soient les supports.

C’est un communiqué d’un syndicat autonome de Canal+ qui vend la mèche : « Le groupe et ses salariés se retrouvent, une nouvelle fois, pris en otage par les intérêts idéologiques de notre principal actionnaire, au mépris de notre image, de nos intérêts économiques et des valeurs que ce groupe revendique depuis quarante-deux ans : la diversité et l’ouvertureAccompagner le plan de communication d’un candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle, condamné à plusieurs reprises par la justice, constitue une provocation. »

De quoi s’agit-il ? La diffusion à la fin du mois d’une série en quatre épisodes de 52 minutes du livre d’Eric Zemmour, Le Suicide français, sorti en 2024 et réédité cette année aux éditions Fayard.

La réalisation de cette série, à la demande de Vincent Bolloré lui-même et supervisée par Zemmour, a été entourée du plus grand secret.

Selon Télérama, « la présentation qu’en fait Canal+, Le Suicide français « revisite cinquante ans d’histoire française, de la mort du général de Gaulle jusqu’au début des années 2020 » et propose « une lecture incarnée et volontairement polémique de l’histoire contemporaine française ». Quelle surprise !

Pour assurer la promotion de la série révisionniste de Zemmour, les médias de Vincent Bolloré ont été convoqués : une projection privée sur invitation a été organisée au cinéma Mac-Mahon, propriété de Bolloré lui aussi.

Bref, Bolloré affirme par cet épisode toute l’étendue de la mise au service de son idéologie de l’ensemble des entités qu’il contrôle.

Qu’en pensent ceux qui étaient réticents à signer le tribune ‘’Zapper Bolloré’’ ?

La pub d’abord

Tout a été dit et écrit sur les dérives de la Coupe du monde de football 2026 ; tout a été dit et écrit sur l’accaparement de la fête de la jeunesse et du ballon rond par Donald Trump ; tout a été dit et écrit sur le triomphe (?) du football business.

Tout a été dit et écrit, ou presque. Car, nous allons de surprise en mauvaise surprise.

La rencontre d’ouverture, disputée dans le très beau stade Azteca de Mexico, a donné un exemple des dérives du business.

De nombreuses rencontres se déroulent à une heure de forte canicule pour satisfaire les diffuseurs européens, notamment, et ainsi multiplier les droits de diffusion. Pour soulager le corps des joueurs, dit-elle, la FIFA a instauré ce qu’on a appelé une ‘’pause fraîcheur’’ de trois minutes au milieu de chaque mi-temps.

Soulager le corps des joueurs soumis à des chaleurs caniculaires ? Pas seulement. On avait oublié que l’essentiel de la compétition se déroule aux Etats-Unis et que les sports les plus prisés des téléspectateurs (basket-ball, football américain et base-ball) sont une aubaine pour la multiplication des spots publicitaires. Toujours plus de pub.

Et le football a décidé d’imiter le basket-ball dont les rencontres se déroulent en quatre temps au lieu de deux. D’où l’idée d’autoriser la diffusion de pubs durant les pauses fraîcheur.

Mais, en régime d’hyper-capitalisme, il n’y a plus de limites et celles-ci ont été franchies au cours de Mexique – Afrique du Sud. Selon L’Equipe, « alors que les Sud-Africains – qui venaient d’encaisser un second but – s’apprêtaient à engager à la suite de cette pause fraîcheur, l’arbitre brésilien Wilton Sampaio a ordonné aux Bafana Bafana de temporiser… car le diffuseur aux États-Unis (Fox) n’en avait pas terminé avec sa page de publicité. Selon le média The Athletic, l’attente a duré environ quarante secondes, avant que les joueurs d’Hugo Broos ne puissent réengager. »

Quarante secondes, soit le temps d’un spot de pub vendu très cher.

Vive le football au pays du dollar roi, mais à condition que sa diffusion rapporte toujours plus. Et sans que les joueurs aient droit à la parole.

Le football selon l’entourage de Trump (et d’autres), c’est ‘’pousses le ballon avec élégance et tais-toi’’.

Banalisation des idées d’extrême droite

Deux enseignants-chercheurs québécois, Tristan Boursier et Antoine Lamor, se sont livrés à une étude des déclarations de politique générale prononcées depuis 1959 (soit trente au total) des premiers ministres de la France. Le but était de mesurer la présence des idées d’extrême droite, à partir d’un indicateur, le ‘’score idéologique d’extrême droite’’ (sied), permettant de repérer de grandes définitions comme nationalisme, anti-immigration, anti-démocratie, anti-progrès, autoritarisme, traditionnalisme et antiégalitarisme dans les discours.

Selon les auteurs « L’un des résultats les plus marquants est le rôle des chefs de gouvernements « centristes » (notamment Édouard Philippe, Jean Castex et Gabriel Attal) dans la diffusion des idées d’extrême droite. » Mais, plus généralement, « Les résultats sont sans équivoque : la part d’idées d’extrême droite dans les déclarations de politique générale progresse de manière continue depuis le milieu des années 1970, selon une dynamique de long terme qui dépasse largement les alternances partisanes. »

Ils ajoutent : « Notre étude montre que les idées d’extrême droite ne circulent pas seulement dans les partis qui s’en revendiquent. Des premiers ministres de droite, du centre et même de gauche ont, à des degrés divers, repris des expressions ou des cadrages caractéristiques de ce registre idéologique. Ce phénomène n’a rien d’étonnant. Comme le rappelle le politologue américain Cas Mudde, l’extrême droite ne crée pas ex nihilo : elle radicalise des idées déjà présentes dans la société – l’attachement à la nation, la valorisation de l’ordre ou la méfiance envers l’égalité. La notion de nation en offre un bon exemple : elle peut être comprise de manière ouverte, comme un projet politique commun ou, au contraire, comme une communauté fermée, définie par la naissance ou la supposée appartenance raciale. »

Cependant, pour les auteurs, « L’un des résultats les plus marquants de notre étude est le rôle du centre politique dans la diffusion des idées d’extrême droite. Les premiers ministres qui s’en réclament – et qui se présentent souvent comme des figures de modération – ont paradoxalement contribué à accélérer ce glissement vers l’extrémisme (…) En cherchant à incarner la raison et le compromis, le centre a souvent repris les thèmes de l’extrême droite pour mieux les encadrer ou les « rationaliser ». Mais cette stratégie produit l’effet inverse : elle légitime ces thèmes en les inscrivant dans le langage gouvernemental. »

Leur conclusion est sans équivoque : « Comme le rappelle l’historien Johann Chapoutot, cette tension entre libéralisme économique et réaction n’est pas nouvelle. Dans son dernier essai, il montre comment les élites libérales de la République de Weimar ont cru pouvoir canaliser les forces autoritaires en les intégrant au jeu institutionnel – avant d’en être les premières victimes. Le parallèle historique souligne la fragilité d’un centre qui, en voulant instrumentaliser l’extrême droite, finit parfois par lui ouvrir la voie. »

Il faudra interpeller les politiques sur leurs responsabilités en utilisant cette étude avant qu’il ne soit trop tard. C’est-à-dire dès maintenant et avant l’échéance présidentielle de 2027.

Darmanin, Retailleau ont bonne mine

Le ministre de la justice et l’ex-ministre de l’intérieur osent tout en tentant d’accuser les magistrats à propos de la mort de la petite Lyhanna. C’est une habitude chez les médiocres politiciens de droite de chercher des lampistes quand leurs responsabilités politiques sont engagées.

En éructant, ils en oublieraient presque leurs saillies préférées, c’est-à-dire la jeunesse qu’ils qualifient de corrompue, droguée et violente.

Le sénateur de Paris, Ian Brossat, a une autre vision de la société et notamment de sa jeunesse. Dans sa lettre hebdomadaire, l’élu communiste revient sur une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux : 

« En quelques heures, Mireille est devenue la mamie la plus célèbre de France.
À 90 ans, cette habitante du 16e arrondissement de Paris a conquis les réseaux sociaux. Samedi soir dernier, alors qu’elle sort d’une pharmacie, Mireille se retrouve au milieu des célébrations. Des milliers de supporters envahissent les rues. Les tensions montent, des gaz lacrymogènes sont tirés. Des jeunes l’aperçoivent, l’entourent, la protègent et lui demandent comment ils peuvent l’aider. À sa demande, ils la raccompagnent jusqu’à son domicile en la portant à bout de bras, sous les chants de « Et pour Mamie, allez allez ! ». La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, est devenue virale. Parce qu’elle est drôle, tendre et spontanée. Mais aussi parce qu’elle raconte quelque chose de plus profond. Depuis des années, certains nous expliquent que la jeunesse de notre pays serait devenue incontrôlable, violente, dépourvue de repères. Plus encore lorsqu’elle vient des quartiers populaires. Or ce que l’on voit dans cette vidéo, c’est exactement l’inverse. On y voit des jeunes faire preuve de respect, d’attention et d’empathie envers une personne âgée qu’ils ne connaissent pas. On y voit une forme de fraternité spontanée que ni les discours anxiogènes ni les préjugés ne parviennent à invisibiliser. Et Mireille elle-même refuse les caricatures. Cette « jeunesse hurlante, gaie, vivante, bruyante, formidable », dit-elle, lui a rappelé ses frères et leurs amis lorsqu’elle était enfant. Comme si, du haut de ses 90 ans, elle nous rappelait une évidence : les générations se ressemblent souvent davantage qu’elles ne s’opposent. Dans un pays traversé par les crispations identitaires et les tentatives permanentes d’opposer les Français les uns aux autres, ses mots résonnent avec une force particulière. Car ce soir-là, au milieu du bruit et des tensions, il y avait aussi cette image : une femme de 90 ans portée par des jeunes supporters qui la considèrent comme leur grand-mère, des générations qui se rencontrent, se respectent et se protègent. Et si l’histoire de Mireille a autant touché le pays, c’est peut-être parce qu’elle nous rappelle quelque chose dont nous avons plus que jamais besoin : la fraternité.
 »

La fraternité ? C’est un mot absent du vocabulaire de Darmanin et Retailleau (mais aussi de Le Pen et Bardella). Ils préfèrent le mot répression.

Merci à Ian Brossat d’avoir rappelé cette vidéo. La fraternité, peut-on ajouter, est gravée sur les frontons des lieux publics aux côtés de liberté et égalité. Un rappel qui n’est pas inutile en ces temps tumultueux. 

Les sénateurs fous

Mais qu’arrive-t-il donc aux sénateurs ? Ils viennent de publier un rapport sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs dans lequel ils s’étonnent du « bilan incertain » sur les finances publiques. L’affaire est sérieuse pour que le site de l’Etat, Vie publique, se sente obligé d’en relayer les conclusions.

Le site note en effet : « Bouleversements non anticipés, désorganisations, nouvelles charges… la mise en concurrence du transport ferroviaire de voyageurs porte des risques laissés sans réponse. »

Les rapporteurs ajoutent même que « le système ferroviaire se trouve confronté à une série de forces centrifuges qui menacent sa cohérence et qui pourraient, à terme, fragiliser l’attractivité du train. » Ils soulignent également que « recours à des prestataires externes, dépenses d’investissement (entretien des rames, ventes de billets, par exemple) constituent pour les régions de nouveaux coûts qui ont été sous-estimés. »

Les sénateurs « craignent que les opérateurs privés privilégient les lignes les plus rentables, ce qui ce qui représenterait une charge supplémentaire pour les régions, le risque étant l’abandon des dessertes les moins rentables ou la mise à contribution des contribuables pour financer leur maintien. » Enfin ils ont constaté que « La fragmentation du système résultant de la concurrence risque d’affecter la fluidité des voyages » pouvant entraîner « des risques de balkanisation » qui n’ont pas été suffisamment pris au sérieux.

Dit autrement, la privatisation du transport ferroviaire est un beau fiasco, au milieu duquel les voyageurs et les citoyens seront les seuls perdants. Avec la SNCF. 

Alors, oui, qu’arrive-t-il aux sénateurs dont la majorité est très à droite pour dénoncer une aberration voulue par l’Union européenne et applaudie en France par toutes les droites et le centre. Parfois certains socialistes.

On voudrait entendre les élus qui ont voté sans réticence les privatisations de nombreux services publics faire leur mea culpa et revenir en arrière. Ils ne s’y risqueront pas au nom des dogmes du libéralisme. Le rapport des sénateurs restera dans un tiroir ministériel.

Reste à renverser tout ce triste monde et à revenir à la défense de tous les services publics.

Au nom d’un dieu

Oui, c’est au nom d’un dieu que de multiples atrocités sont perpétrées sur notre bonne vieille terre.

Benyamin Netanyahu, inspiré par le fou du dieu des Juifs, Ben Gvir, bombarde sans relâche et depuis de longs mois, la bande de Gaza, l’Iran, le Liban et même la Cisjordanie, semant la mort, la peur, la misère et le désarroi. Il annonçait vouloir exterminer les fous du dieu de l’Islam. Il échoue lamentablement, même si, tel Gengis Khan, il rase des territoires et y efface toute trace de vie humaine.

Israël, pays hautement civilisé, donne une piètre image de sa civilisation.

En Afghanistan, les fous du dieu de l’Islam au pouvoir ont décrété une charia qui ne doit rien aux prescriptions de Muhammad ; quand leur prophète prône la voie qui mène à la source d’eau claire, symbolisant le chemin vers la justice et l’équité dans la société, les talibans, eux, font subir discriminations, exclusion et violences aux femmes. Ils viennent de publier une loi supprimant toute référence à un âge légal pour le mariage et renforçant les obstacles empêchant les femmes de divorcer.

L’Afghanistan est un pays héritier d’une civilisation éclairée ; il donne aujourd’hui, lui aussi, une piètre image de sa civilisation.

Ici et là, les résistances sont nombreuses et courageuses malgré les répressions abominables et sanguinaires.

Le monde des dieux, quels qu’ils soient, est absurde. Il est urgent d’en sortir.