La Chouette qui hioque

Mois : septembre 2026

Catho-marketing

Pendant quatre longues journées, avachi devant son téléviseur à suivre les chaînes de France Télévisions, il était difficile d’ignorer que le pape était en France.

Messes à Paris à Notre-Dame ou place de la Concorde, Lourdes, Metz, veillée au Stade de France, discours à l’UNESCO ou à Metz, déambulations en papamobile, suivi pas à pas dans les rues ou sur les routes des aéroports, tout a été retransmis en direct par le service public.

Ce service public d’un Etat laïc était entièrement à disposition pour transmettre une campagne de marketing de l’Eglise catho digne de celle de Céline Dion.

Le personnage de Léon XIV est ambigu ; on appréciera ses paroles pour la paix ou pour l’aide à apporter aux migrants, mais il a été digne des réacs les plus réacs en condamnant l’avortement ou l’euthanasie. Il est par ailleurs resté sur une réserve incroyable à propos des violences sexuelles dans son Eglise. Les journalistes de France Télévisions n’ont cependant jamais relevé les ambiguïtés du souverain pontife.

Les journalistes du service public, donc, se sont comportés comme de dignes communicants du pape, façon Pascal Praud, en ayant invité les égéries de la calotte comme Sophie de Ravinel et d’autres.

Les principes professionnels de distanciation ? Oubliés. On peut espérer que le Vatican a accordé aux journalistes jouant du superlatif une bénédiction gratuite. Ou une confession dès le mardi matin pour leur permettre de retrouver leur esprit critique tant ils avaient laissé la place au spectacle et à la béatitude.

Léon XIV est reparti dans son micro-Etat, au milieu d’une Curie où l’habitude est de s’écharper ; les églises vont à nouveau se vider. Pas sûr que les efforts de la campagne de marketing des cathos, réacs ou pas, se traduisent par un regain de la foi chrétienne quand la France est plongée dans une crise inédite.

La valse du MEDEF avec le RN

Le MEDEF s’affiche de plus en plus ouvertement avec le RN. Après un déjeuner avec Marine Le Pen et un grand dîner avec Jordan Bardella à l’invitation des grands dirigeants de l’économie française, puis un nouveau déjeuner du bureau exécutif de l’instance patronale avec le même Jordan Bardella, le patron des patrons, Patrick Martin a exprimé son inquiétude de voir CGT et CFDT « se politiser à outrance ».

En cause, les prises de position des deux centrales syndicales visant le RN et la proximité du MEDEF avec un parti raciste, réactionnaire et anti-social.

Quand le patronat donne des leçons aux syndicats, c’est qu’il veut les entraîner sur le chemin de la cogestion. Surtout en période de crise.

Sophie Binet, secrétaire de la CGT, avait déjà interpellé le MEDEF, lui reprochant notamment de ne regarder que le programme économique du RN. Plus récemment, elle avait apostrophé le dirigeant patronal : « Quand Patrick Martin dit qu’il ne sait pas si Marine Le Pen est d’extrême droite, c’est une faute morale historique. Cela confirme que, pour le Medef, il n’y a que l’argent qui compte. » Et de rappeler à ceux qui cherchent à affaiblir les syndicats que la CGT a toujours placé la défense des valeurs démocratiques en tête de ses revendications.

L’éventuelle arrivée au pouvoir de Marine Le Pen mobilise CGT et CFDT, pas le patronat à entendre les réflexions époustouflantes de Patrick Martin : « Ça n’est pas notre sujet. On n’est pas là pour ça. ». Comme si les choix économiques étaient séparables des choix politiques.

Ce ne sont pas les organisations syndicales qui jettent une « ombre suspecte sur la démocratie sociale », mais bien le MEDEF qui a choisi sans ambiguïté la régression sociale et l’autoritarisme du RN. Que le patronat se rapproche ouvertement d’un parti fondé par des nazis et qui a toujours prôné, entre autres, la préférence nationale, est inquiétant à la veille d’élections cruciales pour une France démocratique et de progrès social.

Quand le MEDEF esquisse une valse avec le RN, les épisodes les plus sombres de la France nous reviennent en mémoire. De nombreux militants de la CGT y ont perdu leur vie après déportations et tortures…

La bête du Gévaudan

Charles Sapin, valetaille de Valeurs actuelles multipliant les ‘’unes’’ racistes, ose se comparer à la bête du Gévaudan, dans un long message où il déverse toute sa morgue pour dire qu’il ne pourra pas lire ses éditoriaux sur France Inter. Le mythe de la bête a duré et inspiré de très nombreux ouvrages et même le cinéma. Charles Sapin, lui, tombera vite dans les poubelles de l’histoire.

Dans son message, il éructe et vilipende les « assauts de syndicats tout-puissants » à Radio France, « l’ouïe fine des cortèges ‘’antifascistes’’ », « cette brillante innovation démocratique : la censure préventive ». Bref, il a plongé sa plume serve dans la logorrhée d’extrême droite la plus basique, la plus exécrable.

Pourquoi tant de phrases aussi médiocres si « mon cas personnel importe peu ». Sinon saisir une nouvelle occasion pour fustiger « des forces anti-républicaines, jusque dans le temple qu’est France Inter ».

Il se dit victime de délit d’opinion quand le racisme inhérent à Valeurs actuelles lui a valu de multiples condamnations. Il déplore que la direction de Radio France « ait décidé d’ainsi rendre les armes », quand c’est justement ce qu’il nomme une « minorité radicalisée » (mais une majorité d’opinion) qui a contraint Sibyle Veil à préserver le pluralisme de France Inter. Merci à ceux qui ont osé dénoncer ce qui aurait été une défaite du droit à être informé justement et complètement, quand la sphère dirigeante de la station avait failli.

L’extrême droite affiche toujours la question du pluralisme pour justifier ses demandes réitérées d’être traitée comme les autres courants d’idées et la nomination de Charles Sapin n’était que la suite logique du rapport Alloncle.

La bête du Gévaudan, version 2026, peut éructer, il n’y aura pas de ‘’mandement de l’évêque de Mende’’ pour appeler les foules à punir les vrais démocrates qui militent pour un journalisme fort et indépendant.

La fiction audiovisuelle en crise

Acteurs, auteurs, réalisateurs, techniciens intermittents et producteurs, réunis à La Rochelle pour le festival de la fiction audiovisuelle, ont lancé un cri d’alarme. Toute la filière est en crise. En cause, la concurrence des plateformes de streaming au détriment des chaînes, la baisse des investissements des principaux diffuseurs (France TV et TF1), faute de crédits suffisants, la diminution drastique des jours de tournage, etc.

Un producteur indépendant a pu annoncer sans être contredit que « le gouvernement est en train de préparer le premier plan social de la production, alors que c’est un secteur qui marche », un plan qui pourrait menacer 17000 à 18000 intermittents du spectacle.

Devant des professionnels inquiets, Martin Ajdari, président de l’ARCOM, s’est  voulu rassurant et s’est félicité que Netflix soit devenu désormais le premier financeur privé de la création en 2025.

Toutefois, il a dû reconnaître qu’un euro investi par une plateforme comme Netflix « ce n’est pas exactement la même chose qu’un euro investi par France Télévisions, TF1 ou Canal+ ». 

En effet, le nombre de jours de tournage des plateformes américaines est inférieur, les œuvres sont définies dans des studios par des équipes très formatées et idéologiquement asservies, et, enfin, d’une stratégie économique guidée par la seule rentabilité financière. Il a pu ajouter que les conditions sociales en France et aux Etats-Unis n’ont également rien de commun.

Si les règles de concurrence ne sont pas modifiées, la fiction française sera rapidement en faillite pour le plus grand bonheur de Netflix, Disney ou Prime Video. Pour le plus grand malheur de l’exception culturelle française.

Le Festival de La Rochelle a eu raison de s’alarmer ; hélas, le budget préparé par Sébastien Lecornu ne viendra pas rassurer les professionnels de l’audiovisuel ; bien au contraire.

La seule solution pour la filière audiovisuelle n’est-elle pas de rejoindre les mouvements de contestation qui grandissent aujourd’hui en France ?

Le danger raciste

Emmanuel Macron, ci-devant président de la République, et son premier ministre, exécutant de ses basses œuvres, vont laisser la France dans un piteux état, avec une dette énorme, un chômage en hausse, un pouvoir d’achat en baisse. La colère gronde dans le peuple. Néanmoins, on peut s’interroger : la colère se traduira-t-elle en votes favorables à une quasi ‘’révolution’’ du système libéral ? Rien n’est assuré, d’autant plus que la gauche se chamaille vertement.

L’extrême droite, elle, est à la pointe de la bataille idéologique pour défendre un système à bout de souffle mais qui creuse les inégalités. Sur un fond de racisme (très) inquiétant.

Les racistes ne manquent donc aucune occasion pour avancer leurs idées nauséabondes dans le débat public.

Eric Zemmour, multi-condamné pour provocation à la discrimination raciale, à la haine raciale, à la haine religieuse, à la haine contre les migrants, pour diffamation, injure à caractère raciste, etc. est le parfait exemple de l’immense mansuétude des médias vis-à-vis des ultra-réactionnaires. Zemmour saute sur toutes les occasions ; il vient d’insulter Kylian Mbappé en direct sur BFM TV, sans que les journalistes ne l’interrompent ; ceux-ci sont à la recherche de ‘’bons clients’’ pour créer du ‘’buzz’’ et donc de l’audience, Zemmour en est un. Peu leur importe que les saillies des racistes relèvent de la justice.

Quant à Zemmour, ses condamnations sont une occasion de faire parler de lui. Les chaînes sont ses alliées et donc condamnables comme lui.

Il y a réellement un danger raciste en France aujourd’hui.

La ville de Carcassonne, qui a élu un maire du RN au printemps, en est la plus terrible illustration. Trois événements en apportent hélas la preuve. Un aumônier militaire a fustigé les gauchistes appelés à respirer par le nez et dénoncé « ceux qui mangent de la graine ». Il a prêché le retour des croisades devant un parterre hilare de soldats d’un régiment de paras.

Qu’attend le Vatican pour excommunier cet odieux personnage ?

Quelques jours plus tôt, était dévoilée une vidéo dans laquelle un policier municipal tenait des propos racistes, homophobes et complotistes. Puis, plus tard, c’était un agent de la police nationale qui, devant les caméras, jetait violemment à terre un jeune sans-abri.

Le danger raciste est partout et la parole raciste se libère comme jamais. Pas seulement à Carcassonne.

Les médias ont une large part de responsabilité dans la montée du racisme, de l’homophobie en banalisant les voix d’extrême droite. C’est pourquoi les recrutements de journalistes issus de publications immondes par le service public, radio et télévision, comme Charles Sapin ou Eugénie Bastié, sont autant de provocations. C’est pourquoi les invitations répétées dans les émissions des Zemmour, Onfray, Ménard, Finkielkraut, Houellebecq, Elisabeth Lévy, etc. participent à la banalisation des idées de la droite extrême.

Les démocrates ne doivent rien attendre de Macron, Lecornu, ou des Retailleau, Wauquiez, et encore moins de Le Pen, etc. C’est donc au peuple de dénoncer ce racisme sans limite et de retrouver la voie de la fraternité, celle qui figure sur tous les frontons des établissements publics.

Labeur et paradis fiscaux

Le gouvernement est à la recherche de 6 milliards d’euros d’économies pour le budget 2027. Depuis quelques jours, les ministres martèlent que les retraités devront accepter de faire un effort de solidarité comme pour mieux faire accepter désindexation des pensions et/ou suppression de l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels. Ces diverses mesures, ça tombe bien, permettraient de trouver ces fameux 6 milliards.

La campagne est grossièrement orchestrée par le premier ministre Sébastien Lecornu, dont les arguments justifiant de faire les poches aux retraités sont obsessionnels.

Les retraités, eux, organisent la rébellion et eux aussi ont des arguments. Ils ont trouvé un inattendu allié, ça ne s’invente pas, dans une étude publiée par un gestionnaire d’actifs, Janus Henderson Investors, dans laquelle il est révélé que les principales sociétés cotées en France ont distribué 70,4 milliards de dollars (environ 61 milliards d’euros) à leurs actionnaires au seul deuxième trimestre 2026. La France est ainsi première en Europe, devant l’Allemagne (51,3 milliards de dollars), l’Italie (17,5 milliards) et l’Espagne (13,2 milliards), et deuxième derrière les Etats-Unis (177,2 milliards) au niveau mondial.

Une ponction de 10 % sur ces dividendes serait indolore pour les actionnaires et permettrait de satisfaire un gouvernement à la recherche des 6 milliards. D’autant plus que les fameux rachats d’actions, qui consistent à utiliser des bénéfices pour acquérir ses propres titres – une autre façon de choyer ses actionnaires en augmentant la valeur des actions restantes –, ont bondi de 26,8 %, à 572 milliards de dollars.

Bref, le néfaste président de la République, en cours de congédiement, pourrait ressortir son argument du ruissellement pour justifier une légère ponction de 10% sur les dividendes du second trimestre 2026 à la grande satisfaction des retraités.

Quand un pouvoir politique a des œillères ultra-libérales, il s’en prend toujours aux plus faibles, c’est-à-dire à ceux qui ont travaillé toute une vie, pour préserver les milliards des gros actionnaires amassés dans des paradis fiscaux.

Voix différentes d’Israël

Le gouvernement israélien d’extrême droite doit compter aujourd’hui avec les voix d’une opposition qu’il n’arrive pas à museler totalement.

Deux événements viennent de l’ébranler récemment.

Quand le remarquable documentaire Naza sur la guerre à Gaza, réalisé par deux Israéliens, Yuval Abraham et Rachel Szor, s’est vu décerner le Prix du Jury à la Mostra de Venise, la salle s’est levée et a ovationné les deux auteurs.

Le ministre de la culture, Miki Zohar, l’ancien ministre de la défense, Avigdor Lieberman, et même l’armée ont, eux, éructé et usé d’épithètes honteux pour condamner un film méprisable, un tissu de diffamations et de calomnies. Ils ont cru bon d’ajouter que la Mostra n’était qu’un festival woke et antisémite. Les dirigeants israéliens sont méprisables.

Au plus fort de la polémique, une ONG de défense des droits humains, B’Tselem, a publié une enquête dans laquelle elle dénonce une politique d’apartheid, de régime d’oppression, et meut en cause le suprémacisme juif en Cisjordanie occupée.

B’Tselem dénonce les violences des colons juifs et un système politique visant à détruire la capacité du peuple palestinien à exister.

Une fois encore, droite et extrême droite se mobilisent pour dénoncer les enquêtes de B’Tselem et l’empêcher de les publier.

Si l’opinion internationale se mobilise et dénonce, elle aussi, le régime d’apartheid et les violences à Gaza et en Cisjordanie, l’opinion israélienne, elle, est anesthésiée : « Tout est fait pour nous inciter à ne pas regarder la réalité en face », a déclaré Yuval Abraham en recevant son prix à Venise. Raison supplémentaire pour contraindre les dirigeants du monde à boycotter Israël et à relayer les voix différentes.

Mensonge, mensonges

Benyamin Netanyahu ment quand il prétend ne viser que le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban faisant des centaines de victimes innocentes ; il ment quand il assure ne pas avoir été averti de l’attaque du 7 octobre 2023.

La direction de Radio France ment quand elle prétend que l’arrivée de Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs actuelles, sur France Inter est compatible avec les valeurs de pluralisme du service public.

La direction de France Télévisions ment quand elle supprime de sa plateforme la carte blanche donnée à Adèle Haenel en conclusion de La Grande Librairie au prétexte que la prise de position de la comédienne sur le génocide en Palestine n’a pas pu être contrebalancé par plusieurs points de vue imposés par son cahier des charges.

On pourrait ajouter quelques autres mensonges et dresser un inventaire à la Prévert de l’art du mensonge aujourd’hui.

Un ajout tout de même, parce qu’il est trop énorme, celui de Donald Trump s’engageant à verser 5000 dollars à chaque citoyen américain majeur en cas de victoire des républicains lors des ‘’midterms’’.

Quand je m’interroge sur la vie politique et que je cède à la colère ou au désespoir, je me replonge dans les œuvres de José Saramago. J’ai retrouvé un texte de 2008 dans lequel il écrit :

« Il y a quelque temps, un politicien portugais, qui avait alors des responsabilités au gouvernement, a déclaré à qui voulait l’entendre que la politique est, en premier lieu, l’art de ne pas dire la vérité. Le pire, c’est qu’après qu’il eut dit cela, pas un seul politicien, que je sache, de la gauche à la droite, n’est venu le corriger en disant que, non monsieur, la vérité devra être l’objectif unique et ultime de la politique. Pour la simple raison que ce n’est qu’ainsi que les deux pourront être sauvées : la vérité par la politique, la politique par la vérité. »

C’est fou que la lecture de Saramago arrive à me réconcilier avec la politique et à me faire honnir ces politiciens qui ne connaissent que le mensonge.

Un Sénat idéologique ?

Le Sénat est un bastion de la droite, mais un bastion qui se radicalise de plus en plus. D’un même élan, toutes les composantes de cette droite réactionnaire entendent peser sur l’élection présidentielle.

Elles avaient créé une mission dite d’information sur les prélèvements obligatoires. Elles viennent de publier un rapport qui n’a plus rien d’informatif, mais qui se veut une « boîte à outils » à disposition des candidats. 

Ses préconisations sont si illibérales que le groupe du Parti socialiste s’est réveillé et dénoncé « l’instrumentalisation de ce rapport qui n’a en réalité qu’une finalité idéologique à quelques mois de l’élection présidentielle ». Est-ce possible ?

Le rapport donc plaide pour la suppression des impôts de production et l’abrogation de la surtaxe d’impôt sur les sociétés frappant les grands groupes.

C’est tout simplement le programme du Medef.

Par ailleurs, les sénateurs de la droite dure entendent réduire le poids des cotisations sociales par « l’introduction d’une part de TVA sociale et/ou un réalignement des différents taux de CSG ; et/ou une diminution des dépenses de la Sécurité sociale, dans le cadre d’une réforme des retraites pouvant inclure l’introduction progressive d’une part de capitalisation et l’allongement de la durée globale du travail au cours de la vie ; et/ou la réduction ou la suppression de dépenses fiscales telles que l’abattement de 10 % sur le montant des pensions et des retraites les plus importantes. » Pour être clair, le « ou » est vraiment superfétatoire.

Le Medef applaudit à tout rompre, François Hollande aussi, qui fait le tour des médias pour vanter les mérites de la TVA sociale et des retraites par capitalisation.

De Bolloré aux sénateurs de droite, c’est à qui fera les propositions les plus réactionnaires, les plus anti-sociales.

Le décor est planté pour la présidentielle et on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

Pauvre culture palestinienne

A quelques jours des prochaines élections, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, est en difficulté avec les extrémistes et fascistes.  Il multiplie donc les prises de position elles aussi extrêmes, bellicistes et génocidaires.

Il vient de déclarer clairement : « Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent ».

Netanyahu bombarde et tue sans discernement des innocents.

Mais il ne fait pas que tuer. Les bombardements ont aussi comme mission de détruire les sites historiques et culturels de Gaza. Il vaut réduire Gaza à un tas de ruines en visant lieux de culte, cimetières, demeures historiques, marchés traditionnels, sites archéologiques, musées, bibliothèques et établissements d’enseignement historiques.

Le Centre Al Mezan pour les droit humains, une ONG avec statut spécial auprès de l’ONU, a recensé 226 sites détruits totalement ou partiellement.

Al Mezan parle, à juste titre, de génocide culturel dans un récent rapport : « La destruction matérielle à Gaza a des répercussions psychologiques et culturelles sur sa population (…) Gaza a subi un effondrement grave sur les plans social, éducatif, médical et infrastructurel, ce qui rend la reconstruction culturelle particulièrement difficile. La disparition d’artistes, d’écrivains, de journalistes et d’universitaires menace encore davantage la culture et l’identité palestiniennes contemporaines. Cette dévastation culturelle affaiblit les liens de la société palestinienne avec son passé et, par conséquent, sa capacité à se relever. » 

Le rapport décrit le schéma précis des attaques israéliennes, ciblant les sites historiques : « Dans un premier temps, [les forces israéliennes] ont bombardé les bâtiments environnants, causant des dégâts plus ou moins importants aux sites patrimoniaux situés à proximité. Cette étape a été suivie par le ciblage délibéré et direct de sites archéologiques et historiques emblématiques. Par la suite, après avoir mené des incursions terrestres à travers la bande de Gaza, elles ont commencé à raser et à ensevelir ces sites, puis ont rasé des quartiers historiques entiers, en particulier dans la ville de Gaza. »

Al Mezan dénonce le viol de l’article 53 des Conventions de Genève interdisant « tout acte d’hostilité dirigé contre des monuments historiques, des œuvres d’art ou des lieux de culte qui constituent le patrimoine culturel ou spirituel des peuples ».

Benyamin Netanyahu s’affranchit de toutes les conventions pour assurer sa réélection et maintenir son entente avec les fascistes comme Ben Gvir. Sans honte. Assuré que, au bout du compte, la mémoire collective du peuple palestinien sera effacée, que le sentiment d’appartenance du peuple palestinien à sa terre sera effacé, que ses symboles seront effacés.

Benyamin Netanyahu est un voyou qui semble agir en toute impunité, tant les Occidentaux font preuve de mansuétude envers les génocidaires. Honteux !