Pendant quatre longues journées, avachi devant son téléviseur à suivre les chaînes de France Télévisions, il était difficile d’ignorer que le pape était en France.

Messes à Paris à Notre-Dame ou place de la Concorde, Lourdes, Metz, veillée au Stade de France, discours à l’UNESCO ou à Metz, déambulations en papamobile, suivi pas à pas dans les rues ou sur les routes des aéroports, tout a été retransmis en direct par le service public.

Ce service public d’un Etat laïc était entièrement à disposition pour transmettre une campagne de marketing de l’Eglise catho digne de celle de Céline Dion.

Le personnage de Léon XIV est ambigu ; on appréciera ses paroles pour la paix ou pour l’aide à apporter aux migrants, mais il a été digne des réacs les plus réacs en condamnant l’avortement ou l’euthanasie. Il est par ailleurs resté sur une réserve incroyable à propos des violences sexuelles dans son Eglise. Les journalistes de France Télévisions n’ont cependant jamais relevé les ambiguïtés du souverain pontife.

Les journalistes du service public, donc, se sont comportés comme de dignes communicants du pape, façon Pascal Praud, en ayant invité les égéries de la calotte comme Sophie de Ravinel et d’autres.

Les principes professionnels de distanciation ? Oubliés. On peut espérer que le Vatican a accordé aux journalistes jouant du superlatif une bénédiction gratuite. Ou une confession dès le mardi matin pour leur permettre de retrouver leur esprit critique tant ils avaient laissé la place au spectacle et à la béatitude.

Léon XIV est reparti dans son micro-Etat, au milieu d’une Curie où l’habitude est de s’écharper ; les églises vont à nouveau se vider. Pas sûr que les efforts de la campagne de marketing des cathos, réacs ou pas, se traduisent par un regain de la foi chrétienne quand la France est plongée dans une crise inédite.