Acteurs, auteurs, réalisateurs, techniciens intermittents et producteurs, réunis à La Rochelle pour le festival de la fiction audiovisuelle, ont lancé un cri d’alarme. Toute la filière est en crise. En cause, la concurrence des plateformes de streaming au détriment des chaînes, la baisse des investissements des principaux diffuseurs (France TV et TF1), faute de crédits suffisants, la diminution drastique des jours de tournage, etc.

Un producteur indépendant a pu annoncer sans être contredit que « le gouvernement est en train de préparer le premier plan social de la production, alors que c’est un secteur qui marche », un plan qui pourrait menacer 17000 à 18000 intermittents du spectacle.

Devant des professionnels inquiets, Martin Ajdari, président de l’ARCOM, s’est  voulu rassurant et s’est félicité que Netflix soit devenu désormais le premier financeur privé de la création en 2025.

Toutefois, il a dû reconnaître qu’un euro investi par une plateforme comme Netflix « ce n’est pas exactement la même chose qu’un euro investi par France Télévisions, TF1 ou Canal+ ». 

En effet, le nombre de jours de tournage des plateformes américaines est inférieur, les œuvres sont définies dans des studios par des équipes très formatées et idéologiquement asservies, et, enfin, d’une stratégie économique guidée par la seule rentabilité financière. Il a pu ajouter que les conditions sociales en France et aux Etats-Unis n’ont également rien de commun.

Si les règles de concurrence ne sont pas modifiées, la fiction française sera rapidement en faillite pour le plus grand bonheur de Netflix, Disney ou Prime Video. Pour le plus grand malheur de l’exception culturelle française.

Le Festival de La Rochelle a eu raison de s’alarmer ; hélas, le budget préparé par Sébastien Lecornu ne viendra pas rassurer les professionnels de l’audiovisuel ; bien au contraire.

La seule solution pour la filière audiovisuelle n’est-elle pas de rejoindre les mouvements de contestation qui grandissent aujourd’hui en France ?