Le Monde donne la parole dans un long entretien à Donatella della Porta, professeure de science politique et de sociologie à la Scuola normale superiore de Florence. Elle y donne son analyse des manifestations de jeunes qui secouent l’Europe (France, Italie, Allemagne, Grèce, Albanie, Belgique, Portugal, entre autres).

Chaque mouvement national a ses spécificités, les mêmes causes et les mêmes effets, mais elle note surtout les répressions qui, en France, s’accentuent.

« Il y a une spécificité française, qui n’échappe à personne : les images de répression en France, qui circulent partout, affectent aussi les perceptions des activistes sur ce qui se passe. Mais la répression peut aussi être sévère ailleurs, par exemple en Italie, et pas seulement à Milan. »

Elle fait état ensuite de l’évolution de la répression : « Ce qui me frappe, lorsque je regarde des photographies prises à différentes périodes de l’histoire, c’est l’évolution de l’équipement et du déploiement des forces de police. Leur action s’apparente de plus en plus à des opérations contre-insurrectionnelles plutôt qu’à un maintien de l’ordre classique. On assiste à une mise en scène qui emprunte de plus en plus à la guerre, avec des formes d’intervention bien plus agressives (…) De manière générale, ce que nous constatons, des Etats-Unis à l’Europe occidentale, c’est que les forces de police acquièrent de plus en plus souvent des armements et des équipements utilisés dans des zones de conflit (…) Cette évolution contribue aussi à la perte de confiance dans la neutralité de la police. Cela s’accompagne du sentiment que des pratiques policières racistes sont utilisés contre certains groupes de la population. »

Les observations de Donatella della Porta sont largement partagées. Le régime de Macron est de plus en plus autoritaire et répressif ; sa fin de règne n’est pas glorieuse. Et Le Monde, pour le prouver, publie aussi une page titré « Un mois de graves blessures lors des manifestations ». Blessures (allant jusqu’à des amputations) provoquées par des armes de guerre. Blessures de fin de règne d’un système économique et social en faillite. Qui se double d’une banalisation des idées d’extrême droite.

La violence policière n’en est qu’un symptôme, ô combien insupportable.