Le mouvement des lycéens ne faiblit pas ; il a reçu le renfort des étudiants et des syndicats de salariés. Le gouvernement (et le président de la République) reste sourd aux revendications.

La France va mal ; l’exécutif n’entend pas son peuple !

Mais toute la France ne va pas aussi mal que le bas peuple ; c’est la Tribune qui vend la mèche avec un titre accrocheur : « Angoissés par l’avenir, les Français fortunés se ruent vers l’assurance-vie luxembourgeoise ». Je suis tout tourneboulé, les Français fortunés sont angoissés. Est-ce possible ?

De fait, les fortunés (La Tribune ne parle pas des ultra-riches !) refont des crises d’angoisse à chaque crise sociale. C’est devenu un réflexe pavlovien.

Les premières lignes de l’article confortent cette analyse :

« Dans une France bouleversée par l’instabilité, l’assurance-vie luxembourgeoise aimante les épargnants disposant de capitaux importants à placer. Ils y voient un instrument permettant de préserver leur épargne des dérives budgétaires du pays, et de lui offrir plus de perspectives. À chaque moment de tension, la même musique revient. « Mes clients se ruent sur l’assurance-vie luxembourgeoise », soufflait un banquier privé au moment de la dissolution de l’assemblée nationale, en 2024. Dans le sillage des manifestations du 17 octobre, donnant à voir une France insurrectionnelle, de l’impasse dans laquelle s’est murée l’action parlementaire, et l’instabilité géopolitique, les flux français partant pour son voisin septentrional français ont « explosé », estime un autre gestionnaire de banque privée. »

Savent-ils les journalistes de La Tribune qu’ils sont des millions de Français à connaître l’angoisse des fins de mois (qui débutent le 15), sans avoir d’épargne à cacher au Luxembourg ou un autre paradis fiscal ?

Alors, oui, la France va mal, mais pas celle des fortunés à qui il suffit d’un appel à leur avocat fiscaliste pour ‘’préserver leur épargne’’ à quelques kilomètres de Paris.