A quelques jours des prochaines élections, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, est en difficulté avec les extrémistes et fascistes. Il multiplie donc les prises de position elles aussi extrêmes, bellicistes et génocidaires.
Il vient de déclarer clairement : « Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent ».
Netanyahu bombarde et tue sans discernement des innocents.
Mais il ne fait pas que tuer. Les bombardements ont aussi comme mission de détruire les sites historiques et culturels de Gaza. Il vaut réduire Gaza à un tas de ruines en visant lieux de culte, cimetières, demeures historiques, marchés traditionnels, sites archéologiques, musées, bibliothèques et établissements d’enseignement historiques.
Le Centre Al Mezan pour les droit humains, une ONG avec statut spécial auprès de l’ONU, a recensé 226 sites détruits totalement ou partiellement.
Al Mezan parle, à juste titre, de génocide culturel dans un récent rapport : « La destruction matérielle à Gaza a des répercussions psychologiques et culturelles sur sa population (…) Gaza a subi un effondrement grave sur les plans social, éducatif, médical et infrastructurel, ce qui rend la reconstruction culturelle particulièrement difficile. La disparition d’artistes, d’écrivains, de journalistes et d’universitaires menace encore davantage la culture et l’identité palestiniennes contemporaines. Cette dévastation culturelle affaiblit les liens de la société palestinienne avec son passé et, par conséquent, sa capacité à se relever. »
Le rapport décrit le schéma précis des attaques israéliennes, ciblant les sites historiques : « Dans un premier temps, [les forces israéliennes] ont bombardé les bâtiments environnants, causant des dégâts plus ou moins importants aux sites patrimoniaux situés à proximité. Cette étape a été suivie par le ciblage délibéré et direct de sites archéologiques et historiques emblématiques. Par la suite, après avoir mené des incursions terrestres à travers la bande de Gaza, elles ont commencé à raser et à ensevelir ces sites, puis ont rasé des quartiers historiques entiers, en particulier dans la ville de Gaza. »
Al Mezan dénonce le viol de l’article 53 des Conventions de Genève interdisant « tout acte d’hostilité dirigé contre des monuments historiques, des œuvres d’art ou des lieux de culte qui constituent le patrimoine culturel ou spirituel des peuples ».
Benyamin Netanyahu s’affranchit de toutes les conventions pour assurer sa réélection et maintenir son entente avec les fascistes comme Ben Gvir. Sans honte. Assuré que, au bout du compte, la mémoire collective du peuple palestinien sera effacée, que le sentiment d’appartenance du peuple palestinien à sa terre sera effacé, que ses symboles seront effacés.
Benyamin Netanyahu est un voyou qui semble agir en toute impunité, tant les Occidentaux font preuve de mansuétude envers les génocidaires. Honteux !