Le gouvernement est à la recherche de 6 milliards d’euros d’économies pour le budget 2027. Depuis quelques jours, les ministres martèlent que les retraités devront accepter de faire un effort de solidarité comme pour mieux faire accepter désindexation des pensions et/ou suppression de l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels. Ces diverses mesures, ça tombe bien, permettraient de trouver ces fameux 6 milliards.
La campagne est grossièrement orchestrée par le premier ministre Sébastien Lecornu, dont les arguments justifiant de faire les poches aux retraités sont obsessionnels.
Les retraités, eux, organisent la rébellion et eux aussi ont des arguments. Ils ont trouvé un inattendu allié, ça ne s’invente pas, dans une étude publiée par un gestionnaire d’actifs, Janus Henderson Investors, dans laquelle il est révélé que les principales sociétés cotées en France ont distribué 70,4 milliards de dollars (environ 61 milliards d’euros) à leurs actionnaires au seul deuxième trimestre 2026. La France est ainsi première en Europe, devant l’Allemagne (51,3 milliards de dollars), l’Italie (17,5 milliards) et l’Espagne (13,2 milliards), et deuxième derrière les Etats-Unis (177,2 milliards) au niveau mondial.
Une ponction de 10 % sur ces dividendes serait indolore pour les actionnaires et permettrait de satisfaire un gouvernement à la recherche des 6 milliards. D’autant plus que les fameux rachats d’actions, qui consistent à utiliser des bénéfices pour acquérir ses propres titres – une autre façon de choyer ses actionnaires en augmentant la valeur des actions restantes –, ont bondi de 26,8 %, à 572 milliards de dollars.
Bref, le néfaste président de la République, en cours de congédiement, pourrait ressortir son argument du ruissellement pour justifier une légère ponction de 10% sur les dividendes du second trimestre 2026 à la grande satisfaction des retraités.
Quand un pouvoir politique a des œillères ultra-libérales, il s’en prend toujours aux plus faibles, c’est-à-dire à ceux qui ont travaillé toute une vie, pour préserver les milliards des gros actionnaires amassés dans des paradis fiscaux.