On lui donnerait le ‘’bon dieu sans confession’’ au premier ministre de la France. Ce n’est qu’une posture, car il a un culot monstre.

Il a suffi d’une rencontre avec les boulangers et fleuristes, tôt le matin, pour le faire changer d’avis à propos de l’ouverture de ces commerces le 1er mai. Quelques heures plus tard, sans vergogne, il publiait un communiqué pour annoncer « son intention de présenter dans les prochains jours un projet de loi visant à autoriser l’ouverture des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes le 1er mai ».

Ainsi, un premier ministre renie sa parole, après avoir retiré un premier projet de loi. Mais, surtout, un premier ministre d’une prétendue démocratie gouverne désormais par voie de communiqué. La colère gronde du côté des organisations syndicales.

Plus fort encore, avant même que le projet de loi (qui ne serait applicable que le 1er mai 2027) soit déposé, il dit dans son communiqué : « S’agissant du 1er mai 2026, le Gouvernement appelle toutes les parties prenantes au pragmatisme et à la modération pour permettre un fonctionnement apaisé des boulangeries-pâtisseries et des fleuristes artisanaux ce jour-là. Les services de l’Etat vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi. »

Le pragmatisme et la modération, Lecornu utilise des mots dont il ne semble pas maîtriser vraiment la définition. Les portes de l’Hôtel de Matignon sont grandes ouvertes au patronat et, ensemble, on légifère au mépris des élus.

Un premier ministre de Macron peut donc se permettre d’appliquer une loi avant même d’être déposée, débattue et soumise au vote du Parlement. En outre, il appelle « les services de l’Etat » à outrepasser la loi encore en vigueur.

Cela ne s’appelle-t-il pas forfaiture ?

Le ‘’bon dieu sans confession’’ s’est transformé en diable par un simple communiqué. Il fallait oser, Sébastien Lecornu l’a fait. Fidèle en cela à son idéologie de droite qui puise son inspiration dans les rangs extrémistes, de plus en plus fachos et antisociaux.