Nous ne sommes, ici en France, ni aux Etats-Unis de Trump, ni en Israël de Netanyahu, ni en Iran des ayatollahs. Nous sommes, ici en France, au pays des droits de l’homme, où est écrit sur le fronton de tous les bâtiments publics : Liberté, Egalité, Fraternité.
Ici en France, nous condamnons l’interdiction de nombreux livres qui déplaisent à l’idéologie liberticide de Trump. Ici en France, nous condamnons Israël, pays génocidaire, quand elle arrête dans son pays, la Palestine, Hamdan Ballal, le réalisateur d’un documentaire qui a reçu un Oscar à Los Angeles.
Mais devons-nous taire quand le ministère de l’éducation nationale refuse le livre La Belle et la Bête illustré par Jul ? Devons-nous taire quand le CRIF demande à Actes Sud de retirer de la vente la BD de Mazen Kerbaj, Gaza, est-ce que vous nous voyez maintenant ?
Nous sommes sidérés quand les éditions Fayard (de moins en moins prestigieuses) de Bolloré publient les élucubrations de Jordan Bardella ou les divagations de Xenia Fedorova, l’ex-directrice de Russia Today, la voix de Poutine, mais nous n’avons pas demandé leur interdiction. Au nom de la liberté.
La liberté de création et la liberté d’expression sont absolues. Hélas, aujourd’hui, ici en France, ces libertés sont de plus en plus limitées. Par les concentrations dans l’édition et dans les médias, par un gouvernement réactionnaire, par les lobbies de communautés qui ont oublié l’histoire ou la révise.
Alors, avec Paul Eluard, liberté, j’écris ton nom.