Donald Trump est un dangereux affabulateur. Il est capable de mentir avec un aplomb déconcertant.
Au cours de son discours devant le Congrès, il a osé affirmer que « le canal de Panama a été construit par les Américains, pour les Américains, pas pour les autres, même s’ils peuvent l’utiliser ». L’argument se voulait irréfutable pour justifier sa volonté de « récupérer » ce canal.
Or, le canal de Panama, s’il a été terminé par les Américains, a été un long chantier, commencé par des industriels français (dont Gustave Eiffel) avec des financements très internationaux. Les navires du monde entier y ont accès ; n’en déplaise au président des Etats-Unis, qui lorgne sur un ouvrage stratégique et, aussi, sur les droits de passage.
Autre exemple des provocations de Trump, le Groenland, autre lieu stratégique pour contrôler les mouvements maritimes, mais aussi île très riche en ressources minérales.
Il a feint d’amadouer le Danemark en déclarant : « Nous soutenons fortement votre droit à déterminer votre propre avenir, et si vous le voulez, nous vous accueillons dans les Etats-Unis d’Amérique ». Il s’agissait d’un grossier dérapage d’un président fatigué par la frénésie de son début de mandat. Il s’est vite repris pour affirmer de façon péremptoire : « Je pense qu’on l’aura [le Groenland] d’une façon ou d’une autre ».
Avec Donald Trump, il est difficile de savoir quelle est la part de vantardise, de provocation ou de détermination. C’est pourquoi il est un président dangereux.
D’autres dictateurs que lui ont trébuché en voulant réaliser leurs rêves les plus fous et en se fracassant sur la volonté des peuples, pas si fous qu’eux. Hélas, ce sont toujours les peuples qui ont payé le prix fort.