Etait-il vraiment nécessaire que la Cour des comptes publie un document de plus de 80 pages pour condamner le magazine ‘’60 millions de consommateurs’’ ? Il l’était déjà par le gouvernement Barnier et celui son successeur, François Bayrou, n’a pas jugé bon de modifier la sentence.
C’est sous la présidence de Pierre Moscovici, biberonné par les trotskistes de la LCR, puis émancipé par la gauche caviar, que la Cour des comptes a eu le culot d’écrire dans son rapport que « le maintien d’une activité de presse subventionnée par l’État dans un marché concurrentiel et en déclin ne se justifie plus, notamment compte tenu de l’existence d’un second magazine spécialisé sur la consommation ».
Au nom de quel principe Pierre Moscovici peut-il préconiser la privatisation d’un magazine qui dénonce toutes les turpitudes des entreprises privées liées à la consommation des citoyens ? L’information des consommateurs n’a jamais autant utile qu’aujourd’hui !
60 millions de consommateurs a dévoilé des scandales ; est-ce cela que l’ex-député prétendument socialiste, l’ex-ministre, l’ex-commissaire européen, l’ex-conseiller général veut faire taire.
Aujourd’hui, les salariés de l’Institut national de la consommation s’interrogent sur leur avenir ; les seuls à se frotter les mains sont les lobbyistes de Paris et de Bruxelles, qui ont eu la peau d’un journal qui dénonçait et rendait publiques les infractions aux règles et aux lois du commerce.
Si le gouvernement a besoin d’un rapport pour justifier la réforme de l’audiovisuel public (subventionné par l’Etat dans un marché concurrentiel, compte tenu de l’existence de nombreuses chaînes privées !) ou de l’AFP, il peut demander à Pierre Moscovici. Le président de la Cour des comptes ne le trahira pas.
Je suis tenté d’emprunter quelques lignes à Laurent Joffrin (un grand spécialiste de la ‘’Famille Caviar’’) : « une fausse gauche qui dit ce qu’il faut faire et ne fait pas ce qu’elle dit, une tribu tartuffe et désinvolte, qui aime le peuple et qui se garde bien de partager son sort. »
Le sort d’un magazine d’intérêt public est bien le dernier souci de celui qui vient de prononcer sa condamnation.