Cannes, son Festival, ses montées des marches par ses comédiens célèbres (ou pas), ses Palmes d’or. Cannes, centre du monde du cinéma pendant une quinzaine de jours, et symbole d’un cinéma français en danger.
Mais Cannes, c’est aussi une histoire.
Son festival a été voulu par Jean Zay, ministre de l’éducation nationale et des Beaux-Arts de juin 1936 à 1939, pour concurrencer la Mostra de Venise entre les mains des fascistes de Mussolini. La guerre stoppera l’initiative.
En 1947, dans un pays en reconstruction, doit renaître le Festival ; mais où ? Il a fallu construire un Palais des Festivals en hâte. Un court métrage, projeté le 15 mai, vient rappeler ce qui fut une épopée (le mot n’est pas trop fort), comme l’a rappelé Sophie Binet, présente à la projection : « Sans la CGT, le Festival de Cannes n’existerait probablement pas. Ce documentaire permet de remettre sur le devant de la scène cette histoire qui a été oubliée, invisibilisée aussi. Il montre que le festival est né aussi de la détermination et du syndicalisme de la CGT, de la classe ouvrière, qui a fait en sorte que ce soit une priorité à la sortie de la Seconde Guerre mondiale alors que le pays était ruiné, qu’on avait tout à reconstruire. »
Le 12 septembre, le maire de Cannes, le Résistant Raymond Picaud, entouré des ouvriers bénévoles et syndiqués à la CGT, pouvait monter les marches du Palais Croisette pour l’ouverture d’une compétition prestigieuse avec des films d’Edward Dmytryk, Henri Decoin, Jacques Becker, Ingmar Bergman, Jean Delannoy, René Clément ou encore Vincente Minelli, etc.
D’emblée, le Festival de Cannes était le rendez-vous le plus prestigieux du cinéma mondial.
Pourquoi la CGT ? Parce que, dans la foulée du programme du Conseil national de la Résistance, il fallait lutter contre le fascisme par la démocratisation de la culture et par son accès du plus grand nombre, pour éclairer les esprits.
C’est ainsi que l’histoire du Festival de Cannes croise celle de la CGT. Et cela méritait bien un hommage, celui que lui a rendu le court métrage ‘’Festival de Cannes 1947’’.