Le ministère de l’économie et des finances vient de publier des statistiques qui en disent beaucoup sur la politique fiscale d’Emmanuel Macron.

Selon Bercy, 46 % des foyers fiscaux ont été imposables en 2025 (contre 43 % en 2016), soit 900 000 nouveaux foyers fiscaux. Et, parmi les 19 millions de foyers concernés, on ne trouve pas les ultra-riches qui ont bénéficié des mesures fiscales voulues par le président d’une République de moins en moins égalitaire. Si bien qu’un économiste, Camille Landais, peut rappeler que l’impôt « souffre toujours d’une accumulation invraisemblable de règles complexes et de dispositifs dérogatoires, et remplit de moins en moins son rôle de correction des inégalités pour les très hauts revenus. Les très riches le contournent de manière de plus en plus agressive, notamment [par] les holdings. »

Récemment il a été révélé que 13 000 millionnaires ne paient pas d’impôt sur le revenu, mais Bercy ne peut pas cacher que 900 000 foyers supplémentaires en ont payé en 2025.

Les propositions visant à taxer les riches, de la taxe Zucman à l’étude publiée par Attac (A la recherche de l’impôt perdu) et les revendications des syndicats dont celles de la CGT, n’ont jamais été autant d’actualité.

« Face à la progression des propositions de justice fiscale, ces oppositions s’expriment de plus en plus vivement pour défendre leurs intérêts, au point d’employer des discours et récits caricaturaux, voire de s’inscrire dans la droite ligne de l’idéologie et de la stratégie trumpistes qualifiant ces propositions d’extrêmes ou dangereuses. », écrit Attac, qui poursuit : « mieux imposer les ultrariches ne suffira pas pour répondre aux défis sociaux, environnementaux et économiques de la période. En France, le taux de pauvreté atteint un triste record historique, alors que le nombre de milliardaires s’est notoirement accru. Les inégalités de revenus, de patrimoine, sociales, territoriales ou encore culturelles augmentent. La dette publique est instrumentalisée par les gouvernements successifs pour diminuer davantage les dépenses publiques plutôt que de revenir sur les baisses de prélèvements obligatoires qui ont creusé la dette de 308 milliards d’euros depuis 20181. Le consentement à l’impôt se dilue sur fond de crise démocratique. Enfin, le mur climatique est juste devant nous. Il faut certes mieux taxer les riches, mais également faire payer leur juste part d’impôts aux entreprises, et notamment aux multinationales qui délocalisent artificiellement leurs profits dans des paradis fiscaux. Il faut également un meilleur partage de la valeur ajoutée afin de mieux rémunérer le travail, à rebours de la tendance à la financiarisation du capitalisme. »

La taxe Zucman est de plus en plus urgente à poser et à adopter.