Bonne question posée par Pascale Colisson dans un article du site La Conversation. La chercheuse tente d’apporter des réponses après que le nouveau maire de Saint-Denis ait été victime de propos racistes : au-delà de ces attaques récentes, il est essentiel d’interroger les stéréotypes qui imprègnent la culture médiatique dominante, écrit-elle en préambule.

Pourquoi, dit-elle, « si certains propos, véhiculés consciemment par une parole d’extrême droite, cristallisent le débat, cela ne doit pas occulter le fait que ces biais racistes s’invitent depuis toujours, sous une forme plus ou moins consciente, dans les productions médiatiques. »

Elle reprend les études du sociologue Samuel Bouron, pour qui « l’extrême droite diffuse ses idées en jouant sur la culture du buzz et la captation des affects, mais aussi sur les contraintes journalistiques en détournant leurs normes. Une stratégie portée par la recherche de l’audience fondée sur l’économie de l’attention et la surmédiatisation de certains faits, en particulier les faits divers contribuant à la fabrique de paniques morales »

Pascale Colisson relève une récurrence dans le domaine du sport, selon laquelle « les Noirs ont un corps, les Blancs ont un cerveau ». Elle relève aussi « la place prépondérante donnée aux fait divers violents lorsque les médias traitent des quartiers défavorisés de banlieue. »

La composition des rédactions, souligne-t-elle, pose question. Elle ajoute que « la question du racisme et des stéréotypes dans les médias relève de causes multifactorielles, qui participent à la perpétuation d’un modèle dominant des récits. Le chemin est encore long et il commence par le fait de sortir d’une forme de déni, à tous les niveaux de l’organisation. »

Le chemin est effectivement encore long avant de voir les médias traiter la société dans toute sa diversité. Mais la tâche est à la fois nécessaire et exaltante pour combattre les idées racistes de l’extrême droite et de ceux qui lorgnent de plus en plus vers elle.