Le château de Barbe-Brûlée à la pointe du Groin, dans la baie de Cancale, accueille chaque année 1800 enfants en classes de mer pour des séjours d’une semaine. Valérie Pécresse a jugé ce centre de classe de mer comme une « dépense inutile » et a lancé un processus de désaffectation.
Céline Malaisé, conseillère régionale d’Île-de-France, communiste, a alerté l’opinion et dénoncé l’inanité de la décision : que représente une économie de 250 000 euros en dépenses de fonctionnement pour un budget régional de plus de 5 milliards d’euros ?
La mobilisation est importante. A tel point que François Morel en a fait le sujet de sa chronique hebdomadaire sur France Inter :
« Il existe des enfants qui n’ont jamais vu la mer. Parce que c’est trop loin de chez eux. Parce que ça coûte cher. Parce que ce n’est pas dans les habitudes de la famille. C’est sans doute en pensant à eux que la famille de Virginie Hériot, première femme championne olympique de voile en 1928 a légué à l’Etat le château de Barbe-Brûlée situé à Cancale. A la pointe du Groin exactement. En 1976, l’Etat fait du site breton un lieu d’accueil pour les classes de mer. Puis dans les années 80, à la faveur des lois de décentralisation, la région Ile-de-France hérite du château. Il existe des enfants, notamment en région parisienne, qui n’ont jamais vu la mer. Et c’est dommage, « la mer est un miroir, tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa lame… » Tu as raison Charles mais la région Île-de-France a décidé de ne plus financer le Centre Virginie Hériot de Cancale. »
Valérie Pécresse est indécrottable. La bourgeoise de Versailles n’a que mépris pour les pauvres qui n’ont jamais vu la mer. Elle confirme son aversion pour tous les services publics ; elle privatise tout, les transports et même les bases de loisirs de la région Île-de-France.
Céline Malaisé, avec d’autres élus, mène la révolte : « Alors que notre environnement est percuté par le dérèglement climatique, le credo de Jacques Kerhoas – résistant, communiste, instituteur et inventeur des classes de mer – « que la mer soit ou non son destin, l’enfant ne peut ignorer ce qui fait l’essentiel de sa planète » est plus que jamais d’actualité. L’urgence est donc de trouver une solution institutionnelle pour conserver ce centre de classe de mer. Confrontée aux conséquences de cette décision honteuse, un renoncement de la région Île-de-France est encore possible toutefois une solution alternative doit être envisagée. »
Honte, donc, à Pécresse et vivent les classes de mer.