La Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics a publié un très beau texte à l’occasion du 80e anniversaire de la Sécurité et de la retraite.

On peut y lire :

« Le 22 mai 1946, par un vote unanime, l’Assemblée constituante votait le projet de généralisation de la Sécurité sociale et de la retraite que lui présentait Ambroise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il voulait aller plus loin que l’ordonnance du 4 octobre 1945 mettant en place les fondations de la Sécurité sociale préparée par la commission du Travail et des Affaires sociales qu’il présidait. Avec le vote de sa généralisation, il soumettait à l’approbation de l’Assemblée constituante la plus belle conquête des travailleurs en la dégageant de systèmes anciens qui ne répondaient plus à la nécessité d’une couverture sociale pour tous les salariés et également les professions non salariées.

Lors du vote, le ministre communiste indiquait d’ailleurs : « La loi nouvelle s’insère dans le développement d’une évolution historique amorcée dès la fin du XIXème siècle et qui tend à garantir à chacun qu’il disposera, en toutes circonstances, de revenus suffisants pour assurer sa subsistance et celle de sa famille : c’est là, en définitive, l’objet même de la Sécurité sociale. » Il précisait : « Il s’agit tout d’abord de fournir à tous les hommes et à toutes les femmes en état de travailler, à tous ceux qui vivent de leur travail et ne peuvent vivre que de leur travail une activité rémunératrice. Elle demande l’élimination du chômage et une politique de plein emploi. »

La Convergence appelle en conclusion à défendre la Sécurité sociale et à manifester pour le respect des droits des assurés au moment où tout le système est menacé :

« Depuis des années, les gouvernements martèlent que leur auto-proclamée volonté de « retour à l’équilibre » doit passer par des économies par milliards sur le dos de la Sécurité sociale. Elles dégradent nos retraites, notre accès à une santé de qualité. En réalité, c’est d’un manque de ressources dont souffre notre Sécurité sociale. Les allègements et suppressions de cotisations sociales qui sont de moins en moins compensés assèchent son financement. Le sous-financement systémique de la Sécurité sociale et du service public de santé renforcent les inégalités et les injustices sociales. De plus, les réformes de la protection sociale complémentaire santé organisent l’essor des assurances. La marchandisation et la financiarisation de notre système de soins mettent en danger la santé de tous pour le profit de quelques-uns. Le principe solidaire de la cotisation sociale est ainsi renié ! »

Il est absolument nécessaire de s’opposer à la remise en cause de l’universalité de la Sécurité sociale, de la loi sur les retraites, des allocations familiales, et de revenir à cet acquis social décisif pour lutter contre l’insécurité et la précarité.

Défendre la Sécu, c’est moderne et nécessaire pour permettre de vivre dans la dignité et la solidarité dans un monde de plus en plus égoïste ?