Le pape François est mort et avec lui une certaine idée de l’Eglise catholique, d’une église pauvre au service des pauvres et de fraternité.
Il n’appréciait ni Donald Trump, ni J.D. Vance et il l’avait fait savoir aux évêques américains. En février, il leur avait adressé une lettre sévère, très sévère, dans laquelle il leur reprochait leur manque de réaction aux ordres d’expulsion massive d’immigrants par la toute nouvelle administration réactionnaire de Trump.
Après avoir rappelé que Jésus « a lui aussi fait l’expérience difficile d’être expulsé de son pays à cause d’un danger imminent pour sa vie, et l’expérience de devoir trouver refuge dans une société et une culture étrangère à la sienne », il écrivait : « Je suis de près la crise importante qui a lieu aux Etats-Unis avec le lancement d’un programme de déportations de masse. Une conscience formée avec droiture ne peut manquer d’exprimer un jugement critique et exprimer son désaccord avec toute mesure qui identifie de façon tacite ou explicite le statut illégal de certains migrants avec la criminalité. Dans le même temps, il faut reconnaître le droit d’un pays à se défendre et à protéger les communautés de ceux qui ont commis des crimes violents ou graves lors de leur séjour dans le pays ou avant leur arrivée. Quoi qu’il en soit, déporter des personnes qui, dans de nombreux cas, ont quitté leur terre pour des raisons d’extrême pauvreté, d’insécurité, d’exploitation, de persécution ou de grave détérioration de l’environnement, porte atteinte à la dignité de nombreux hommes et femmes, et de familles tout entières, et les rend particulièrement vulnérables et sans défense. »
Dans sa lettre, François avait aussi tancé Vance à propos de son interprétation déformée de ‘’l’ordo amoris’’, encourageant l’engagement des catholiques dans les œuvres de charité.
François n’avait donc pas hésité à s’opposer à une politique américaine égoïste et pour les riches.
A la veille de sa mort, dans sa bénédiction ‘’urbi et orbi’’, il n’avait pas oublié Gaza, « où le terrible conflit continue de semer la mort et la destruction et de provoquer une situation dramatique et ignoble. » écrivant : « Je voudrais que nous recommencions à espérer que la paix est possible. » Il avait appelé au cessez-le-feu, « que les otages soient libérés et que l’aide précieuse soit apportée à la population affamée qui aspire à un avenir de paix ! »
Le pape François avait des contradictions, mais il a fait bouger la Curie romaine. Dans nos temps troublés, sa voix était importante pour condamner le libéralisme qui accroît les inégalités et pour encourager une politique de l’écologie préservant la nature.
Son passage au Vatican aura été un grand moment de fraternité, à rebours de la politique basée sur des discours de haine et d’exclusion.