L’expression pognon de dingue avait été utilisée par Emmanuel Macron ; aujourd’hui, voilà que Gérald Darmanin pastiche le président de la République dans une déclaration, qui se voulait aussi populaire mais avec un vocabulaire plus châtié devant le parti Horizons d’Edouard Philippe. Il a déclaré devant un auditoire acquis à sa pensée réactionnaire que le pays « dépense des dizaines de milliards d’euros pour le logement social », suggérant « d’arrêter même l’esprit du logement social ». Le ministre de la justice « rêve d’une France où tous les travailleurs sont propriétaires et actionnaires ».
Quelle idée lumineuse élaborée dans son club de réflexion baptisé, ça ne s’invente pas, Populaires !
Quel beau pays, où les ministres rêvent à la place des citoyens !
L’auditoire est tombé sous le charme de celui qui rêve aussi d’être président de la République et qui commence à dévoiler son programme. Populaire, bien sûr.
Darmanin rêve, comme Denis Kessler, de « supprimer ce système obsolète et décourageant de la fiscalité sociale qui pèse sur le travail » et de « supprimer des dizaines de milliards d’euros de cotisations des feuilles de paie des travailleurs. » Il rêve aussi de voir tous les travailleurs actionnaires de leur entreprise. « En échange, il rêve que « l’Etat ne prendra plus un euro de fiscalité ni sur ses actions, ni sur leurs dividendes. Plus de forfait social, plus d’impôt sur le revenu, plus de CSG et plus de droits de succession quand on a été actionnaire. »
Le rêve de Darmanin ? Quelle aubaine pour les patrons et les gros actionnaires, ces fonds d’investissement qui contrôlent toute l’économie, mondialement. En revanche, les millions de Français qui sont en attente d’un logement social vont pouvoir faire des cauchemars. Les riches dans les palaces, les pauvres à la rue !
Les femmes, mères célibataires, qui ont du mal à atteindre la fin du mois, et les travailleurs précaires, c’est-à-dire des millions de Français, ne rêvent pas comme Gérald Darmanin ; ils souhaitent tout simplement ne pas avoir à dormir sur un trottoir.
Les rêves de Darmanin sont ceux d’une poignée de Français, vivant dans des hôtels particuliers, ignorants des conditions de vie réelles de millions de citoyens maintenus dans une pauvreté qui ne cesse de croître. Le pognon de dingue existe, il est planqué dans des banques hors de France, dans des paradis fiscaux, à l’abri.
Ces salauds d’ultra-riches raflent un pognon de dingue et empêchent même des millions d’êtres humains comme eux de rêver.