Quelle politique de gribouille !

Voilà que le gouvernement de François Bayrou envisage de créer une ‘’contribution modeste pour le financement des services de la commune pour renouer le lien entre les collectivités et les citoyens’’. On mesurera le degré d’imagination de nos ministres après leur avoir rappelé qu’une telle contribution de financement des services de la commune existait jusqu’en 2023, date à laquelle la taxe d’habitation a été supprimée !

Voilà que le gouvernement du même François Bayrou envisage de fusionner ou supprimer un tiers des agences et des opérateurs de l’Etat d’ici la fin de l’année. On mesurera le degré d’imagination de nos ministres après leur avoir rappelé que cette idée a été mise en œuvre récemment par Donald Trump et Elon Musk et qu’on en voit déjà les effets délétères.

Voilà que le gouvernement de François Bayrou, égal à lui-même, publie un décret annulant des crédits à hauteur de 3,1 milliards de l’enseignement supérieur, des missions écologie, agriculture et économie. On mesurera le degré d’imagination de nos ministres qui, une fois encore, ont copié sur les décrets de Trump.

A ce jeu de chamboule-tout, c’est Amélie de Montchalin qui remporte la palme des mesures les plus scandaleuses. Mais François Rebsamen, l’ex-socialiste passé du côté de Macron, la suit de près.

En revanche, le gouvernement de François Bayrou n’a pas un mot pour qualifier la situation économique d’un pays où plus de 360 plans de licenciement font remonter le chômage à une vitesse incroyable et font peser de lourdes menaces sur l’appareil productif. Des milliers de familles vont s’enfoncer dans la pauvreté, sans que le pouvoir politique ne réagisse. 

Arcelor-Mittal, Auchan, Casino, Michelin, Vencorex, Atos, Bouygues Immobilier, Nexity, Go Sport, Sergent Major, Natalys, Sanofi, Air liquide, Yves Rocher, Exxon Mobil, Valeo, Thalès, Nokia, IBM France, Société générale, etc., et maintenant à qui le tour ? Les économistes prévoient que le pays pourrait perdre encore 275 000 emplois entre 2025 et 2026 et le taux de chômage atteindre 9 %. Mais, chut, on ne dit rien, on ne fait rien. Comme tout bon élève de l’ultralibéralisme, le gouvernement fait confiance au marché pour réguler le capitalisme et copie la politique de gribouille de Trump au service des milliardaires.

Suprême innovation, le gouvernement de François Bayrou envisage aussi de revoir notre système de retraites par répartition pour promouvoir le système imaginé par les Américains, le système de retraites par capitalisation, c’est-à-dire un système qui amasse les cotisations des salariés pour les orienter vers la Bourse. Génial, non ?

Enfoncé dans la crise, le capitalisme continue à être orienté par la boussole américaine et se refuse à abdiquer une once de son pouvoir, à l’image d’Emmanuel Macron se refusant de faire appel à un premier ministre de gauche comme Lucie Castets après sa déroute électorale.

Alors, ce pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, il faudra bien le conquérir.