« Le second mandat autoritaire de Donald Trump a conduit ses critiques à le qualifier de fasciste à l’image d’Adolf Hitler. Mais la politique réactionnaire de Trump est typiquement américaine. » C’est ce que démontre un universitaire américain, Daniel Bessner dans un long article publié par Jacobin, la revue progressiste d’outre-Atlantique.
L’article est documenté et critique cinq arguments avancés par ceux qui prétendent que Trump est un fasciste. Bessner avance, au contraire que « tout ce que fait Trump a des antécédents dans l’histoire des États-Unis – et la meilleure façon d’appréhender son radicalisme et de s’organiser pour l’arrêter est de replacer son comportement dans le contexte de cette histoire plus longue. En d’autres termes, le trumpisme est une intensification de tendances antidémocratiques et profondément américaines, bien ancrées depuis longtemps. Il n’est guère nécessaire d’utiliser le terme « fascisme » pour le comprendre. C’est l’Amérique, et Trump est profondément américain. »
L’auteur affirme et prouve que le trumpisme 2.0 intensifie de nombreux précédents existants, chacun horrifiant et profondément antidémocratique. Pour lui, « si les socialistes espèrent combattre Trump et organiser une coalition capable d’empêcher des autocrates comme lui de revenir au pouvoir, il faut comprendre qu’il est issu de l’histoire et du système américains. L’un des principaux problèmes de l’analogie avec le fascisme est qu’elle détourne l’attention des États-Unis vers l’Europe. Mais il ne s’agit pas de l’Italie fasciste ou de l’Allemagne nazie. C’est ça l’Amérique, avec tout ce que cela implique. » En conclusion, il appelle à une réforme des institutions antidémocratiques américaines.
Ecouter les voix de l’Amérique peut éclairer nos appréciations, à nous Européens, sur la nature réelle du mandat de Trump.
Alors, promis, je n’emploierai plus le terme de fasciste pour qualifier Trump et je me rangerai aux arguments de Daniel Bessner. Je retiendrai aussi la leçon pour nous, Français : mal diagnostiquer le problème, c’est mal diagnostiquer la solution.