Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol parle fort et a refusé à Donald Trump l’utilisation de deux bases militaires en Andalousie pour les opérations contre l’Iran. Le président américain, égal à lui-même, l’a injurié et a brandi des menaces comme la suspension des échanges commerciaux entre les deux pays.
La réponse de Pedro Sanchez a été cinglante : « Non à la guerre ! », ajoutant : « Non à la faillite du droit international. Non à l’idée que le monde ne puisse résoudre ses problèmes qu’à coups de bombes. Et, enfin, non à la répétition des erreurs du passé » (en référence à la guerre en Irak).
Pedro Sanchez a condamné fermement le régime iranien « qui réprime et tue brutalement ses citoyens, en particulier les femmes » et appelé à une solution diplomatique. En conclusion d’une brève allocution, il a déclaré : « Certains diront que c’est naïf. Ce qui est naïf, c’est de croire que la violence est la solution, ou de penser qu’un suivisme aveugle et servile est une forme de leadership ».
Comme on aurait aimé entendre ces phrases dans la déclaration solennelle mais creuse d’Emmanuel Macron, se gardant de condamner l’intervention israélo-américaine. Pour finir par impliquer la France dans l’impasse dangereuse de la guerre.
Par ailleurs, 35 représentants d’Etats d’Amérique, d’Afrique, d’Asie et d’Europe, constituant le Groupe de La Haye, viennent de se réunir d’urgence sur la situation en Palestine.
Le choix de La Haye n’est pas innocent, il est le siège des institutions de droit international. Parmi les pays adhérents, on retrouve l’Espagne, la Suisse, la Suède, le Danemark, la Norvège, aux côtés de la Chine, du Brésil, du Chili, de Cuba, de l’Uruguay, de l’Egypte, de la Malaisie, de l’Indonésie, du Qatar, de l’Arabie saoudite, de l’Algérie, de la Tunisie. Il est co-présidé par la Colombie et l’Afrique du Sud.
Curieusement, l’existence même du Groupe de La Haye est inconnue des médias. Ses prises de position sont ignorées et, évidemment, on n’y retrouve pas la France dans la liste des pays membres.
L’adhésion de la France, pays des droits de l’homme et l’un des fondateurs de l’ONU, à un front anti-Trump serait pourtant naturelle et digne de son passé. Chirac et de Villepin, eux, avaient osé s’opposer à l’intervention en Irak.
Le suivisme atlantiste aveugle d’Emmanuel Macron ne grandit pas son quinquennat.