Comment expliquer l’engouement qui a saisi la France après la victoire d’une équipe de football en finale de la Coupe d’Europe ? Et quelle équipe ?
Cette équipe, vainqueur du trophée continental, est encore une équipe composée de stars (ceux qui ont débuté le match sont tous internationaux dans leur pays respectif), contrairement à ce que les médias colportent. Certes, tous n’ont pas encore la réputation de Kylian Mbappé, de Messi, Ibrahimovic, Neymar, Buffon, mais la génération des champions d’Europe a coûté cher au Qatar ; leurs salaires sont effarants, quand les pratiquants du dimanche ne savent pas comment acheter un ballon ou un jeu de maillots.
Cette équipe est une constellation de joueurs venus d’ailleurs et il est très difficile pour un joueur français de s’y intégrer. Deux seulement étaient sur le terrain au début de la rencontre (Dembélé et Doué). Son adversaire, l’Inter de Milan, affichait le même nombre de joueurs français !
Cette équipe est l’un des ‘’outils’’ du ‘’soft power’’ de l’émirat du Qatar (Qatar Airways et Visit Qatar), un pays au régime patriarcal, où la liberté d’expression est (très) limitée et la place de la femme réduite, malgré quelques progrès. Il a fait du football à Paris sa vitrine et il a englouti des milliards pour arriver à la victoire de Munich.
Cette équipe sert les visées d’un émir réactionnaire, intégriste pour tenter de taire les soupçons d’esclavage des travailleurs immigrés surexploités ou la corruption qui lui a permis d’obtenir l’organisation de la coupe du monde.
Cette équipe a englouti des milliards (dont plus de 1,5 milliard pour l’achat de vedettes) provenant de l’exploitation du gaz naturel, une énergie fossile, soumise aux fluctuations de la bourse et des besoins des producteurs. Chaque année, son bilan est pourtant déficitaire, tellement les coûts sont énormes.
On peut reprocher beaucoup d’autres choses au Qatar ; ce qui me fait dire que le PSG n’est pas la vitrine du football qu’on aime. Elle est à l’inverse, le reflet du football-business et le porte-parole politique d’un émir fortuné et arrogant comme tous les ultra-riches.
Alors, on peut se poser la seule question qui vaille : comme expliquer l’engouement qui a saisi la France le 31 mai, dans la nuit de Munich ?