Blog de Michel Diard

La Chouette qui hioque

Lancement d’un livre

Mon dernier livre, « Journalistes, brisez vos ‘’menottes de l’esprit’’ » sera en vente dans quelques semaines.

Il s’agit de réflexions sur la fabrique de l’information dans la France d’aujourd’hui, après la prise de contrôle par de grands groupes industriels sur les secteurs de la communication, de la culture et de l’information dans un double mouvement de recherche de nouveaux profits et de contrôle des contenus.

Les groupes de Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Olivier Dassault, Patrick Drahi, Daniel Kretinsky et Arnaud Lagardère ont ainsi fait main basse sur les principaux médias du pays.

La capture des médias s’accompagne d’une capture cognitive et impose une ligne éditoriale uniforme de la société. Elle s’accompagne aussi d’une mutation de la profession de journaliste, d’une mainmise des hiérarchies de plus en plus tatillonne, d’une précarisation et d’un travail en miettes.

Cet essai analyse les différents phénomènes qui rendent la profession de journalistes de plus en plus difficile et trace des solutions pour la reconquête d’une information citoyenne et du pluralisme.

Lecteurs de mon blog, vous pouvez devenir membre du projet de sortie d’un livre qui répond à de nombreuses questions sur l’information délivrée chaque jour par la télévision, la radio et la presse écrite, en participant à la campagne de précommandes et de promotion.

A l’adresse ci-dessous vous découvrirez les modalités de la campagne :

https://www.simply-crowd.com/produit/journalistes-brisez-vos-menottes-de-lesprit/

Mon livrevous sera livré par la poste, avec une dédicace.

L’humiliation

J’ai entendu à la radio, vu à la télévision et lu dans mes journaux préférés des choses abominables qui me font dire que nous vivons dans un misérable pays, où tant de choses horribles se font et se disent dans le secret des grandes familles et des institutions, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.

Je veux parler des ‘’révélations’’ des abominations commises par un personnage que beaucoup de monde courtisait, Olivier Duhamel. Il était hier sur un piédestal et il était adulé, craint aussi dit-on. Cet homme vil a surpassé Dominique Strauss-Kahn dans l’ignominie. On apprend que tout le monde dans son entourage savait son crime, sans qu’aucun des politiques de son entourage n’ouvre la bouche. Pas même le père de la victime dont la seule réaction a été de s’écrier : « Retenez-moi ou je lui casse la gueule ! » Toujours aussi fanfaron mais pas très courageux !

Tout ce monde mange dans la main de l’autre et se coopte à des sinécures grassement rémunérées. On multiplie les dîners en ville, comme ils disent, ou au club très fermé du Siècle, dont le criminel est le président, ce lieu où, dans le secret, se règlent quelques affaires peu ragoutantes et où les présumés grands journalistes les plus serviles se font dicter leur ligne rédactionnelle. L’invitation dans la résidence secondaire de Sanary-sur-Mer était très recherchée par un monde ‘’d’intellectuels libérés’’, de politiques pourris et d’affairistes en tous genres.

Quelques prétendus socialistes s’ébrouaient, heureux, parmi ces dépravés de la bourgeoisie formée à l’ENA et à Sciences Po pour perpétuer leur monde, leurs institutions et leurs affaires.

Les révélations de ce crime grâce à une femme courageuse (plus que son père) nous apprennent aussi que ces gens-là ont confisqué tous les rouages de l’Etat et méprisent le petit peuple. Ils se prétendent des démocrates éclairés ; ils sont au mieux de pâles imitateurs de ces empereurs romains adeptes des orgies sanglantes de la Rome décadente.

Dans cette France-là, autant décadente que le fut la Rome antique et celle de Berlusconi, la démocratie est humiliée.

Censure et réseaux sociaux

Quel affreux gâchis ! Internet et le Web, formidables moyens de communication de données, de savoirs ont été dévoyés et ont donné naissance à des applications comme Twitter, Facebook, véhiculant le meilleur et le pire de la pensée humaine.

Que des politiques puissent utiliser un moyen de communication limité à 280 signes est tout simplement désolant ; peut-on imaginer gouverner un pays aujourd’hui, dans un monde complexe, en deux ou trois phrases, limoger un ministre, alimenter un débat sur une loi ou un programme électoral par un ‘’Tweet’’ de deux ou trois phrases.

Tous en usent et en abusent. Comme Donald Trump, champion toutes catégories de la démocratie à la mode Twitter et autres réseaux qui se prétendent sociaux, quand les idées les plus nauséabondes circulent le plus souvent sous couvert de l’anonymat des pseudonymes.

Trump voit son compte désactivé et le monde s’émeut, alors que son contenu fut à la fois raciste, misogyne, injurieux ou mensonger (en France, il tombait quotidienneemnt sous le coup des lois) ; le ministre de l’économie, Bruno Le Maire s’est mêlé à ceux qui ont dénoncé d’un acte de censure : « La régulation des géants du numérique ne peut pas se faire par l’oligarchie numérique elle même », a-t-il déclaré sur France Inter. Le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, lui, n’a pas hésité à parler de « 11­Septembre de l’espace informationnel ».

Les deux hommes occupent des positions élevées et ont l’indignation sélective : ils sont restés muets après les censures effectuées par leur ami Vincent Bolloré, licenciant des journalistes et des animateurs qui, eux, n’avaient cependant pas appelé à la sédition ou à la haine comme Trump.

Dans le débat, personne n’a relevé qu’en fermant le compte de Trump, Twitter s’est comporté comme un éditeur qui censure un article, une tribune ou une photographie. Jusque là Twitter ou Facebook avaient refusé d’être considérés comme les autres éditeurs et prétendaient ne pas être responsables des contenus, pour éviter les poursuites ou pour ne pas rémunérer les œuvres.

Aujourd’hui, ils sont pris à leur propre piège et sont devenus, à leur corps défendant, de simples éditeurs ; ils devront en accepter toutes les conséquences. Et il n’est plus nécessaire d’imaginer une loi pour réguler les plateformes; il suffira de leur appliquer l’arsenal législatif qui régit les éditeurs.

Tout en veillant qu’elles n’en fassent pas un usage de la censure comme M. Bolloré. Mais ceci est un autre combat. Celui de la liberté d’expression et du pluralisme.

Un dimanche très politique

Le dimanche n’est pas seulement le Jour du Seigneur, il est aussi le jour des émissions politiques sur toutes les chaînes (ou à peu près).

Un examen attentif des ‘’invités’’ de ces émissions est particulièrement instructif.

On commence par le ‘’Grand rendez-vous’’ Europe 1 – CNews à 10 heures : invité : Yannick Jadot. 

On continue à 12 heures, sur la même chaîne avec le ‘’Carrefour de l’info’’ et quatre invités dont Karim Zeribi, présenté comme consultant mais qui fut député européen EELV (il rejoindra Emmanuel Macron en 2017 avant d’être condamné pour abus de confiance et abus de biens sociaux le 9 septembre 2020) et François Pupponi (ex-Ps, apparenté Modem).

Toujours à la même heure, sur BFM TV, Roselyne Bachelot était l’hôte de ‘’BFM Politique’’ ; sur LCI Jean-Michel Blanquer était l’interlocuteur du ‘’Grand Jury’’ avec RTL. Florence Parly répondait aux questions des journalistes sur France Inter et franceinfo et Marlène Schiappa, elle, était devant Francis Letellier sur France 3.

Instructif ? En effet. On ne compte pas moins de quatre ministres et un candidat à la présidence de la République de 2022, Yannick Jadot, dont on ne peut pas dire qu’il est un représentant de la vraie gauche. D’ailleurs, il fait cavalier seul et refuse d’envisager une candidature commune.

On remarque que les chaînes du service public ne se distinguent pas des chaînes privées ; sans doute au nom du pluralisme.

Alors, où est la gauche dans les médias de la France d’Emmanuel Macron ?

Décomposition

Comprendre la marche du monde ? Il n’y a rien de plus difficile aujourd’hui, dans un monde tourmenté, où les schémas d’hier volent en éclat, où ceux qui ont tout ont verrouillé toutes les institutions, méprisant ceux qui n’ont rien.

Agnès Buzyn, ex-ministre de la santé et archi-battue lors des élections municipales à Paris, vient d’être nommée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ses compétences de médecin sont indéniables, mais le poste qu’elle va occuper aux côtés de Tedros Adhanom Ghebreyesus comme ‘’envoyée du directeur général pour les affaires multilatérales’’, ressemble fort à un reclassement de circonstance.

Laure de La Raudière, partisane de la Manif pour tous et membre de l’Entente parlementaire pour la famille (que cela sent bon la grenouille de bénitier), a été nommée pour diriger l’ARCEP. Un beau cadeau en direction de la frange réactionnaire en perspective des prochaines échéances électorales.

Moins chanceuse, Christine Fassert vient d’être licenciée par l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) pour insubordination récurrente et comportement inadapté. La jeune chercheuse, spécialiste de la catastrophe de Fukushima, a refusé les demandes de sa direction lui imposant des changements dans ses travaux. Un de ses collègues évoque des « pratiques totalement inhabituelles dans le milieu de la recherche ». Un collectif de chercheurs, dans une tribune publiée par le Monde, « dénonce le retour de méthodes autoritaires et de la censure dans les organismes du nucléaire ».

En matière de censure, il est un patron qui n’hésite jamais, Vincent Bolloré. Il vient de s’illustrer à nouveau sur sa chaîne Comédie+. La chaîne a diffusé les ‘’Etoiles espoir humour du Parisien’’, un spectacle amputé de la prestation du comédien franco-béninois Edgar-Yves, dont le sketch intitulé La Corruption fustigeait fort opportunément Bolloré.

Julian Assange, lui, est soumis au régime de la douche froide. Lundi, la justice britannique s’opposait à son extradition vers les Etats-Unis, mais aujourd’hui, cette même justice décide de son maintien en détention au prétexte qu’il existe « des motifs sérieux de croire que si M. Assange était libéré aujourd’hui, il ne se rendrait pas au tribunal pour faire face à la procédure de recours ».

Olivier Duhamel ne connaîtra pas le même sort ; il est libre et le restera. Mais on en apprend beaucoup sur sa personnalité. Celui qui a accumulé les postes importants (conseiller du président du Conseil constitutionnel, membre du Comité consultatif pour la révision de la Constitution, député européen élu sur la liste du PS, membre de la Convention sur l’avenir de l’Europe, membre du Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République, fondateur et directeur de la revue Pouvoirs ,mais aussi animateur et chroniqueur sur LCI et Europe 1, président du club Le Siècle et membre du comité directeur de l’Institut Montaigne. Ouf !) n’était peut-être pas aussi vertueux qu’il le prétendait ; les langues se délient et le Monde rapporte des témoignages : « Duhamel était le président d’une espèce d’aristocratie et les membres enseignants et étudiants n’avaient aucun pouvoir sur lui. », dit l’un d’eux un autre ajoute : « C’était à l’image des conseils d’administration du CAC 40Des gens qui se fréquentent, ont des relations entendues et policées, mais dont la plus-value des décisions reste très minime pour le projet académique de Sciences Po. »

Le père de la victime de Duhamel, Victor, et de l’autrice de La Familia Grande, Camille, a convoqué son avocate pour diffuser un communiqué dans lequel il déclare : « J’admire le courage de ma fille Camille. Un lourd secret qui pesait sur nous depuis trop longtemps a été heureusement levé. » Ce père admiratif, c’est Bernard Kouchner. Admiratif de sa fille, il peut l’être, lui qui n’a pas eu le courage de dévoiler le lourd secret dont il avait eu connaissance.

Ces faits n’ont aucun point commun ? En fait, ils sont tous le reflet d’une société en décomposition, d’une aristocratie en perdition (Duhamel), couarde (Kouchner), mais méchante et rancunière à l’occasion (Bolloré), qui serre les rangs et pratique l’omerta quand les intérêts des uns, la notoriété des autres est en jeu. Qui censure et rejette ceux qui ne sont pas les porte-parole de la pensée jupitérienne.

Ils n’ont rien à envier à ce fou de Trump qui se refuse toujours à reconnaître sa défaite et a convoqué ses troupes (armées) à Washington pour tenter un baroud (non pas d’honneur mais de déshonneur) devant le Parlement. On retiendra que Trump, malgré ses gesticulations n’a pu empêcher l’élection d’un sénateur noir dans un état du sud.

Ils n’auront pas un mot de soutien pour les salariés de Michelin qui ont appris une suppression de 2300 emplois, alors que le groupe est largement bénéficiaire et a distribué plus de 350 millions d’euros de dividendes. Ceux dont on a évoqué les faits ci-dessus détourneront les yeux pour ne pas croiser ceux des victimes des licenciements boursiers, l’aristocratie sait préserver son rang et ses privilèges.

Un vent mauvais souffle sur le monde.

Une journée agitée

Il y a des journées plus folles que d’autres, où les informations se bousculent. Celle du lundi 4 janvier en fut une. Comme si 2021 voulait rattraper le temps perdu en 2020, l’année de toutes les catastrophes.

Donald Trump en avait fait un symbole, un de plus, de sa folie répressive, Julian Assange ne sera pas extradé vers les Etats-Unis. Mais notre soulagement et notre joie ont été vite refroidis. La juge Vanessa Baraitser a tenu compte du seul état de santé du lanceur d’alerte des Wikileaks pour fonder juridiquement sa décision. En revanche, elle s’est crue autorisée d’ajouter que la liberté d’expression ne s’opposait pas à l’extradition. 

Julian Assange n’en a donc pas fini avec les poursuites de Trump puisque le porte-parole du ministère américain de la justice, conforté par les arguments du jugement, a annoncé que les Etats-Unis vont faire appel de la décision. On peut espérer, sans illusion excessive, que le successeur, Biden, ne fera pas preuve d’acharnement.

On a appris aussi grâce au Washington Post que Donald Trump a fait pression sur un responsable politique républicain de Géorgie, Brad Raffensperger, pour tenter de faire inverser le résultat de l’élection présidentielle de l’état.

Donald Trump considère toujours que sa défaite est impossible ; les psychiatres ont, de longue date, estimé que la personnalité du président relevait de leur spécialité. Il vient de franchir une nouvelle étape dans sa paranoïa. Il est temps que ce fou soit expulsé de la Maison Blanche.

En France, le président est lui aussi très énervé ; il est sous la pression de l’échec de la campagne de vaccination. Il s’est exprimé sur le journal officiel de la macronie, le Journal du dimanche (propriété de Lagardère), pour tenter de convaincre que sa responsabilité n’est pas engagée. Puis dans l’après-midi, il a présidé à l’Elysée une prétendue « réunion de suivi » de la vaccination. La multiplication des interviews de connivence ou les réunions de crise ne régleront jamais le manque de médecins, de personnels de santé, d’infrastructures, etc. Et là, c’est sa politique qui est en accusation.

Les médias ont leur part de responsabilité. Le ‘’comité éthique et cancer’’ dénonce une ‘’surmédiatisation problématique de la crise sanitaire’’ dans une tribune publiée dans le Monde. On peut y lire :

« Mettre sur le même plan, comme cela se produit dans certains médias, quelques voix discordantes et le consensus scientifique international construit sur des preuves solidement établies fausse la perspective et ne rend pas compte de la différence abyssale du niveau de fiabilité des arguments des uns et des autres. Or la responsabilité éthique des médias est précisément d’aider le public à connaître et comprendre cette différence. De l’aider à faire ses choix en connaissance de cause. Parce que parler fort, pétitionner et s’entêter ne suffit pas à garantir quelque vérité médicale que ce soit. La virulence hors de toute mesure, qu’on constate dans les échanges sur les réseaux sociaux s’agissant de la gestion politique et sanitaire de la crise, et tout autant des traitements médicaux de la maladie, donne le sentiment d’un échec collectif dans l’information du public. »

Jamais le rôle des médias et de l’information n’avaient autant nécessaires, aux Etats-Unis comme en France ou en Grande-Bretagne. Partout dans le monde. Mais quand un quotidien comme le Washington Post joue tout son rôle, d’autres (ils sont très nombreux en France) sont défaillants. Il est urgent que les journalistes s’interrogent.

Dans un système à bout de souffle (je sais, je me répète) le contrôle des médias par quelques oligarques n’a jamais été aussi nécessaire pour leurs obligés.

L’information d’abord

Jean-Pierre Pernaut a quitté le plateau du journal télévisé de 1H de TF1. La face du monde n’en sera pas changée pour autant et le JT de la chaîne Bouygues continuera de déverser le même flot d’images et les mêmes commentaires bêtifiants.

Pernaut est en effet de ceux qui ont changé l’information télévisée avec Patrick Poivre d’Arvor, Claire Chazal, Christine Ockrent, Roger Gicquel, David Pujadas et quelques autres. Avec eux, le JT n’informe plus mais distrait ; il est construit sur les mêmes ressorts ‘’dramaturgiques’’ que les séries, avec une priorité accordée aux faits divers et à l’émotion, à l’image-choc et à quelques personnalités en vue. Il ne donne plus à comprendre mais à consommer : il raconte le monde non à l’expliquer.

Tous les JT se ressemblent, privilégiant la forme et oubliant le fond.

Les présentateurs-vedettes sont interchangeables ; on pourrait imaginer Poivre d’Arvor sur France 2 et Anne-Sophie Lapix sur TF1. Pour qu’on ne s’y trompe pas, TF1 est allée faire son marché sur France 2 pour trouver un successeur à Jean-Pierre Pernaut ; Marie-Sophie Lacarrau sera au moins aussi franchouillarde que son prédécesseur et n’élèvera pas le niveau des téléspectateurs. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a été recrutée.

France 2, à l’inverse, n’est pas allée faire son marché sur TF1 ; elle a privilégié la recherche en interne et la direction de France Télévisions a installé Julian Bugier à la place de Marie-Sophie Lacarrau. Le jeune homme, bien mis et parfaitement compatible avec la fonction, sera la titulaire du fauteuil lundi. Il en rêvait, il a obtenu ce qu’il espérait depuis quelques temps déjà. Lui non plus ne fera pas évoluer le contenu de l’information. Hélas. Le service public ne se distingue plus des chaînes privées : il court derrière.

Les autres médias ont vu fleurir des publicités pour attirer l’attention du public du changement. Le slogan est simple : « Vous allez aimer déjeuner avec lui. Dès le 4 janvier, Julian Bugier présente le journal de 13h. »

J’ai envie de dire à la direction de France Télévisions et à son directeur de l’information : on se fout littéralement de qui présente le journal ; le présentateur n’est rien pourvu qu’ait une information complète, vérifiée et mise en perspective. C’est-à-dire tout le contraire de ce qui va perdurer à l’antenne.

L’information d’abord, Julian Bugier à son service. Non l’inverse. Et basta la personnalisation.

Argentina ! Argentina !

Il sera dit que la sale année 2020 se terminera enfin par une bonne nouvelle, qui réjouira de nombreuses femmes dans le monde : le Sénat argentin a voté la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu’à 14 semaines.

Le projet de loi avait été repoussé par les sénateurs par 38 voix contre 31 et 2 abstentions en 2018 ; hier il a été adopté par 38 voix contre 29 et 1 abstention. Le retournement de situation est significatif ; il est à mettre au compte de l’opiniâtreté des militantes argentines de la ‘’Campagne pour un avortement légal, sûr et gratuit’’.

Courageuses femmes argentines ! Elles ont toujours su se mobiliser quand la situation l’exigeait. Des ‘’Folles de Mai’’ qui, de 1976 à 1983, ont combattu la dictature de la junte militaire de Videla aux féministes d’aujourd’hui, elles ont fait preuve d’une détermination de tous les instants.

Leur victoire pour le droit à l’avortement prend encore plus de relief dans le pays du pape François. Celui-ci avait multiplié les interventions pour appeler les sénateurs à voter contre la loi avec des propos violents ; en 2018, il avait osé affirmer qu’avorter ce serait comme « engager un tueur à gages pour résoudre un problème ». Le 28 novembre dernier, il utilisait la même formule en écrivant à un groupe de femmes anti-avortement : « Est-il juste d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il juste d’engager un tueur à gages pour résoudre un problème ? » Le pape, plus progressiste sur de nombreuses questions, n’a pas varié sur d’autres, notamment sur l’IVG. Déjà en 216, il avait défini l’avortement comme un crime et il avait ajouté :« C’est tuer quelqu’un pour sauver quelqu’un d’autre. C’est ce que fait la mafia. C’est un crime, c’est un mal absolu.»

Le pape François est trop intelligent pour utiliser des mots aussi connotés que crime absolu, mafia et tueurs à gages sans en mesurer les effets sur la population argentine. Visiblement, il n’a pas été entendu.

L’Eglise catholique est en crise au point de délaisser sa rhétorique mielleuse pour les insultes. Elle est à contre-courant des évolutions des populations et des femmes en particulier qui revendiquent leur juste place dans la société et veulent disposer de leur corps en toute liberté.

Le pape François a commis une grave erreur ; son entourage au Vatican, vivant dans le luxe et l’hypocrisie, les cardinaux et les évêques insensibles aux maux du monde précipitent la chute de leur religion. Ils s’immiscent dans la gouvernance de trop nombreux pays où les peuples se rebiffent.

Tout ce beau monde du Vatican va peut-être avaler de travers l’hostie en commentant les résultats du vote en Argentine, mais il continue à se couper des peuples, comme en Pologne. Les femmes du pays de Jean-Paul II, en effet, rejettent de plus en plus fermement la tutelle de l’Eglise sur leur vie intime. Assurément, elles vont trouver de nouveaux motifs d’encouragement pour lutter contre le carcan qui leur est imposé par le PIS, un parti réactionnaire, franchisé par les représentants du pape.

Aujourd’hui, on a envie de reprendre le cri des femmes de Buenos-Aires scandant « Argentina ! Argentina ! »

Macron, toujours plus à droite

Les lecteurs de ce blog savent que je n’apprécie pas Emmanuel Macron, pas l’homme mais ses idées et sa politique, intérieure comme extérieure. Je crois que je vais encore plus le détester, si c’est possible.

Nous sommes encore à près d’un an de l’élection présidentielle et il est déjà en campagne. En 2017, il proclamait n’être « ni de droite, ni de gauche » et il écrivait un livre programme au titre ambitieux, Révolution.

Aujourd’hui, après trois ans et demi d’exercice du pouvoir, le profil du président de la République s’est affirmé : il est bien le seul responsable des orientations gouvernementales ; il a rangé les ministres au rang des accessoires et dirige seul, tout en assumant avoir nommé aux ministères-clés des hommes de la droite rance, des suppôts d’hier de Nicolas Sarkozy, que les électeurs ont jeté dans les poubelles de l’histoire en 2012.

Il n’utilise plus l’expression qui a tant contribué à son succès électoral, le ‘’ni de droite, ni de gauche’’, il est tout entier de droite et de plus en plus à droite au point de chasser sur les terres de l’extrême droite, celle de Maurras, de Brasillach, de Pétain, etc., auxquels il rend des hommages appuyés.

Emmanuel Macron ment, comme beaucoup de ses prédécesseurs, comme Hollande quand il prétendait que son seul ennemi était la finance ; il met en application les vieux dogmes de la droite, assumée ou dissimulée, pour laquelle la politique est l’art de ne pas dire la vérité.

Il ne pense qu’à sa réélection et il a tiré un trait sur l’électorat de gauche. Ses récentes décisions sont ouvertement destinées à séduire toute la droite, celle des prétendus centristes, celle des Républicains et celle des extrêmes droites et toutes les occasions sont mises à profit pour danser un tango langoureux avec la France franchouillarde, raciste, anti-immigration, réactionnaire, sacrifiant les intérêts de la France populaire. Il téléphone pendant trois quarts d’heure à Eric Zemmour, condamné à plusieurs reprises pour ses idées nauséabondes, il donne une longue interview à Valeurs actuelles, il fait des cadeaux à Philippe de Villiers, le ‘’fou du Puy’’, et, s’en étonnera-t-on, il envoie un de ses missi dominici déjeuner avec Marion Maréchal, comme on vient de l’apprendre.

Emmanuel Macron est un homme madré ; il ne laisse rien au hasard. Il ment effrontément par pur calcul politicien. Mais ses mensonges sont ceux de ces élus qui sont en difficulté auprès de la France laborieuse, celle de ceux qui n’ont rien.

Alors, décidément, je n’apprécie pas l’hôte de l’Elysée.

Pauvre France.

Le pognon de dingue du Qatar

Le funeste virus baptisé Covid19 a précipité l’économie mondiale dans un chaos profond. La crise financière avait déjà provoqué des dégâts considérables, non imputables à la sale maladie infectieuse ; le printemps s’annonce donc encore plus catastrophique pour des millions de salariés. La contraction de l’activité industrielle est mise à profit par quelques grands groupes (et d’autres plus modestes) pour supprimer des milliers emplois, augmentant la cohorte des chômeurs et généralisant les inégalités.

Les prétendues lois du marché ne sont pas remise en cause, bien au contraire, par les prédateurs ; la situation est chaotique et ils font appel aux Etats pour alimenter plan de sauvetage ici, plan de relance là. A coup de centaines de milliards. Curieuse loi du marché qui privatise les bénéfices mais nationalise les pertes. Curieuse politique qui invoque la crise pour refuser des crédits aux hôpitaux, à la recherche, aux universités, à l’école, aux transports publics, etc., et qui, subitement, trouve des centaines de milliards pour ‘’aider’’ les entreprises (pas les salariés).

Les vies de millions de personnes sont malmenées et exigent des mesures d’urgence pour que les jours d’après soient non pas heureux, mais moins dramatiques. Les contribuables, au bout du compte, seront mis à contribution, mais pas les vrais bénéficiaires du système, au nom de la préservation de la liberté du marché et de la concurrence libre et non faussée.

Pourtant, oui pourtant, l’argent coule à flot dans certains milieux. L’industrie de guerre ne connait pas de ralentissement, quand des milliards sont investis chaque jour dans la course aux armements ; le football de haut niveau croule sous les pétrodollars.

Le PSG, racheté par Qatar Sport Investment (QSI), filiale du fonds souverain de l‘émirat, Qatar Investment Authority (QIA), en est sans doute le cas le plus scandaleux. Il vient de licencier son entraîneur, l’Allemand Thomas Tuchel, et de lui payer son salaire jusqu’au terme de son contrat, pour le remplacer par l’Argentin Mauricio Pochettino au salaire encore plus somptueux, très certainement. Avec l’espoir de favoriser l’achat du prodige argentin Lionel Messi.

Les dirigeants qataris sont prodigues, le manager, le Brésilien Leonardo Nascimento de Araujo, est versatile. Ils dépensent sans compter des sommes folles pour assouvir leur caprice, gagner la Coupe d’Europe.

Depuis leur prise de contrôle en 2011, les dirigeants qataris ont investi près de deux milliards d’euros pour acheter les meilleurs joueurs du monde. Mais ils ont été incapables de comprendre que le football n’est qu’un jeu et ne répond pas aux seules lois du marché et de l’industrie. L’argent ne rend pas plus intelligent. Ils en font la démonstration chaque jour.

Mais, comme tout nouveau riche, les dirigeants de QSI (son président, Nasser al-Khalaïfi, est ministre sans portefeuille au sein du gouvernement de Doha) ont fait du football un instrument de reconnaissance diplomatique. L’instrument n’a pas encore apporté la preuve de sa fiabilité.

Le pognon de dingue dépensé dans le fonctionnement du PSG aurait été mieux utilisé s’il avait servi à rémunérer honnêtement une main d’œuvre étrangère exploitée dans des conditions de misère absolue dans l’émirat. Le Qatar, malgré le PSG (ou à cause de lui) n’a rien gagné au niveau de sa reconnaissance diplomatique et n’a toujours pas gagné ‘’sa’’ coupe d’Europe.

Les victimes économiques du coronavirus et de l’effet d’aubaine des patrons sauront-ils faire le rapprochement entre tous les événements qui secouent nos pays pour demander des comptes à ceux qui font preuve d’une complicité active dans la perpétuation d’un système qui entraînent le plus grand nombre de citoyens dans la misère ?

Que le PSG gagne ou non la Coupe d’Europe ne changera pas la situation des chômeurs ; en revanche, l’argent dépensé par les qataris pourrait améliorer la vie quotidienne de millions de pauvres.

Qu’attend-on pour le confisquer et le répartir équitablement ?

Eclat de rire

L’un de mes écrivains préférés, José Saramago, m’avait mis l’eau à la bouche en parlant dans son blog d’un autre grand écrivain portugais, José Maria Eça de Queiroz. Il lui avait alors emprunté quelques mots pour parler de son aversion pour Silvio Berlusconi. Il écrivait : « Eça de Queiroz disait que, si nous promenions un éclat de rire autour d’une institution, elle s’écroulerait, tout en morceaux. »

On peut rire de tout ; mais peut-on encore promener un éclat de rire aujourd’hui ? L’actualité nous donne plutôt envie de verser une larme en lisant les gazettes.

En Italie, à Vérone plus précisément, les représentants de la Lega Nord, oui le mouvement de Matteo Salvini, et ceux de Fratelli d’Italia, ceux de Georgia Meloni, ont voté par 20 voix contre 7 et une abstention, la déchéance de l’écrivain Roberto Saviano, le pourfendeur des mafias (Gomorra) de sa citoyenneté d’honneur accordée par la ville en 2008.

Il a aussitôt réagi : « Dans une Vérone bigote, façonnée par Zelger et d’autres conseillers de la majorité, tout raisonnement ou proposition sur des questions faisant polémique doit être interditMais Véronevaut bien mieux que les pitres qui la représentent maintenant au conseil municipal. Il existe une ville dont je sais qu’elle est ouverte et plurielle, contrairement à l’image que certaines administrations tentent d’en donner ».

Une belle réplique, qui devrait donner néanmoins à réfléchir à tous les citoyens prêts à donner leur voix aux candidats de la famille Le Pen et à d’autres qui tendent de plus en plus à leur emprunter les idées nauséabondes.

En France, le journaliste Stéphane Guy a été licencié de Canal+ après 23 années passées sur la chaîne cryptée pour s’être montré « déloyal » envers son employeur. Il avait été préalablement mis à pied pour avoir envoyé un message de soutien à l’humoriste Sébastien Thoen, lui-même licencié par la chaîne. Ce dernier avait parodié Pascal Praud et Jean Messiha de l’émission de CNews, ‘’L’heure des pros’’.

Stéphane Guy avait alors osé dire à l’antenne :« Je veux saluer l’ami Sébastien Thoen qui n’a pas eu la sortie qu’il aurait méritée. On lui souhaite bon vent. »

Pascal Praud, pauvre pantin ridicule, habitué des dérapages franchouillards, aboyeur bouffi d’orgueil, et Jean Messiha, prétendu économiste, ex-adhérent du Front national puis du Rassemblement national, invité permanent des chaînes du groupe Canal+, sont les petits protégés de l’ultra-catholique Vincent Bolloré, le brutal patron du groupe éponyme et de Vivendi. Ceci explique cela.

A Vérone comme dans les médias du groupe de Vincent Bolloré, on ne rit pas, on a plutôt tendance à avoir peur de la bêtise des dirigeants et de leurs réactions autoritaires. On redoute aussi leur influence grandissante dans la propagation des idées d’extrême droite, celles de Silvio Berlusconi, de Marine Le Pen et de quelques autres dangereux personnages racistes, aux frontières du fascisme, véhiculant la théorie du grand remplacement et la haine de l’autre.

L’invitation d’Eça de Queiroz à promener un éclat de rire autour de ces institutions est éminemment souhaitable ; hélas, nos éclats de rire ne suffiront pas à nous débarrasser des Matteo Salvini, Georgia Meloni et Vincent Bolloré, Pascal Praud et Jean Messiha.

La grâce sélective de Trump

Tout ce que la voyoucratie républicaine que comptent les Etats-Unis a reçu un joli cadeau de la part de Donald Trump : en quelques jours le président non réélu a gracié vingt condamnés mardi puis vingt-six mercredi dans l’affaire des interférences russes dans l’élection présidentielle de 2016. D’autres avaient été annoncées précédemment.

Tous les bénéficiaires de la mansuétude font partie de l’entourage direct de Trump. Parmi eux, on retrouve même d’anciens mercenaires, condamnés à mort pour la mort de civils irakiens, et, est-ce un hasard le père de son gendre, Jared Kushner. Mais deux hommes ont été écartés de la grâce, son ancien avocat et son ex-directeur adjoint de campagne. Le locataire de la Maison Blanche sous le coup d’une expulsion (le 20 janvier) a la rancune tenace : ces deux-là avaient eu l’audace de coopérer avec la justice et de témoigner à charge. Résultat ? Ils sont punis.

Les décisions de Trump provoquent une indignation générale, notamment parmi les juges. Mais sans pouvoir s’y opposer, hélas.

Pour l’heure, ni Julian Assange, ni Edward Snowden, lanceurs d’alerte, n’ont bénéficié du même traitement que les amis de Trump.

Trump a la justice de classe chevillée au corps. Depuis le mois de juillet, neuf condamnés à mort ont été exécutés depuis le mois de juillet (et quatre autres sont programmées avant le 20 janvier), contrairement à une tradition de 131 ans qui veut que les présidents sortants y sursoient et laissent le choix au président élu.

Les décisions de Trump sont hautement politiques. Il gracie son entourage pour se protéger d’éventuelles poursuites à son encontre et, comme l’écrivait un journaliste, il tente de soigner son image de président de la loi et de l’ordre, préservant ainsi son espoir d’une réélection en 2024, en « tuant autant de personnes que possible le plus rapidement possible ».

Trump est non seulement un imbécile, mais il est un dangereux personnage, dont les méthodes n’ont rien de démocratiques. Vivement qu’il s’en aille pour oublier ce cauchemar que fut son mandat.

Dieu et le père Noël

Le pape François a (un peu) ébranlé l’Eglise catholique et, surtout, la curie romaine. Les adorateurs transis de Jean-Paul II et de Benoït XVI (Joseph Ratzinger), les deux vieillards cacochymes, ont dû en avaler l’hostie de travers. Si les efforts de l’ex-cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio restent certes minimes quand il s’agit d’aborder les questions de l’euthanasie et de l’avortement, du célibat des prêtres et du mariage homosexuel, le pape François apparaît moins traditionnaliste et plus tolérant que ses deux prédécesseurs.

En ce 23 décembre, on peut mesurer le lent cheminement parcouru par le monde catholique. A Dijon, à deux jours de la célébration de la naissance divine, en 1951, le clergé avait invité 250 enfants sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne à brûler une effigie du père Noël considéré comme usurpateur et hérétique. L’évêque de Dijon, ultraconservateur, dénonçait depuis plusieurs années la ‘’paganisation’’ de la fête de la Nativité. L’affaire avait fait grand bruit. Faire monter le père Noël sur le bûcher était au moins aussi scandaleux que de brûler des livres au cours d’autodafés, chères à l’Inquisition et aux Nazis. Les bigotes et le bourgeois de Dijon n’avaient pas eu un mot pour condamner cet acte barbare.

Neuf ans plus tard, le clergé de Dijon et l’évêque Mgr Sembel en tête, sans doute des gens très intelligents, avaient à nouveau manifesté leur étroitesse d’esprit saint en interdisant au célèbre chanoine Kir, maire de la ville, de rencontrer son ami Nikita Khrouchtchev, dont la visite officielle en France faisait étape dans la cité des ducs de Bourgogne.

Le chanoine Kir avait publié un communiqué le 26 mars 1960 à la veille de la rencontre : « En raison de la défense qui m’a été faite par S. E. Mgr l’évêque de Dijon je ne recevrai pas M. Khrouchtchev. Une délégation de la municipalité tiendra les engagements que j’ai pris et accueillera le chef du gouvernement soviétique lundi à l’hôtel de ville. »

L’évêque, lui, avait écrit dans le bulletin de la vie diocésaine : « Nous demandons au clergé, aux communautés et aux fidèles, à l’occasion des visites réciproques de chefs d’État, de prier le Seigneur afin qu’elles fassent avancer la question de la paix dans le monde, mais ne constituent, pas une propagande favorable au communisme. Nous leur demandons aussi de continuer de prier pour l’Église du silence, pour qu’elle recouvre enfin la paix et la liberté après tant d’années de persécutions, d’emprisonnements et de martyre. En outre nous demandons aux prêtres du clergé séculier et régulier de s’abstenir de toute participation aux manifestations qui pourront se dérouler à l’occasion du passage du chef communiste athée. »

Peut-on imaginer cela aujourd’hui ?

Le chanoine Kir était de la trempe du pape François et déterminé à faire bouger l’Eglise catholique, si bien qu’il avait réussi à faire plusieurs pieds de nez à sa hiérarchie. Le 17 mai 1960, il rencontra Khroucthchev à l’ambassade soviétique à Paris puis il se rendit à Moscou en 1964 et s’entretint au Kremlin avec le leader ‘’athée’’. Enfin, le maire de Dijon devait faire ressusciter le père Noël de ses cendres encore chaudes en le faisant descendre des toits puis le long de la façade de l’hôtel de ville, largement éclairés par de puissants projecteurs pour aller saluer les enfants réunis dans la cour de la maison commune. Un geste pour rattraper la faute originelle ?

Le chanoine avait réussi avec sa gouaille à faire reculer le Dieu agent de discorde des fondamentalistes du diocèse de Dijon et à se placer du côté des hérétiques et des athées. Il était assurément irrévérencieux envers les fous de dieu et les bigotes, mais sans être pour autant hérétique et sacrilège.

Au moment où les réactionnaires convoquent Dieu pour justifier les pires délits au prétexte de s’opposer aux blasphèmes et à la profanation, il est bon de rappeler que leurs dieux, Yahvé ou Allah, restent un problème, malgré les chanoines Kir et les papes François (et combien d’autres) qui ne veulent pas tuer ou commettre des délits au nom d’un père tout-puissant ou d’un prophète.

Vive la Suisse !

La société s’enfonce dans la crise, profonde ; les inégalités se creusent et la pauvreté fait de nouvelles victimes chaque jour, avec son lot de drames cachés et tus. Parallèlement, la société devient plus conflictuelle. La valeur de tolérance s’effondre avec, semble-t-il, la maturité intellectuelle, largement obérée par les informations et prétendus débats qui se multiplient sur les chaînes de télévision (et ailleurs, hélas).

L’intolérance insupportable envers les immigrés des racistes et fascistes de plus en plus nombreux ne se cache même plus ; elle est assumée par ceux qui cherchent l’audience qui attirera la publicité et la reprise par d’autres médias. Les insultes pleuvent en direct ; elles se manifestent dans des diatribes agressives et violentes. On peut y voir un échec de l’éducation et d’une résurgence des instincts primaires de l’individu. Mais on ne doit pas s’en satisfaire. On est pris de rage quand on apprend qu’une jeune femme, belle, intelligente, Rokhaya Diallo, a été insultée par une auditrice de Sud Radio parce qu’elle a, à ses yeux, le tort d’avoir la peau noire ; on est en colère quand une seule ministre, celle de la culture, s’indigne et que Marlène Schiappa reste muette.

Les insultes visant April Benayoun proférées par des antisémites qui se cachent derrière unpseudonyme au prétexte qu’elle est juive sont également insupportables.

Le racisme et le fascisme ne doivent pas continuer à gangréner notre société, au mépris de toutes les luttes pour une vraie France plurielle et laïque. Mais tant que des énergumènes comme Zemmour, pour ne parler que de lui, continueront à sévir sur tous les médias de la droite franchouillarde, ceux qui rêvent d’une France monocolore et catholique trouveront un terrain favorable.

Nos gouvernants sont en accusation. Le racisme est un délit et le fascisme une monstruosité. La Tribune de Genève publie aujourd’hui une sentence qui grandit la Confédération helvétique. Un homme de quarante ans qui se définit comme raciste, xénophobe et antisémite et qui se défoule sur un site Internet et son compte Twitter, a été condamné à 160 jours de prison ferme. La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) qui avait signalé cet individu, s’est félicitée de la sentence : « Face au racisme, l’antisémitisme et la discrimination, la tolérance zéro est de mise pour les quelques activistes tels que celui qui vient de faire l’objet d’une condamnation

En France, Eric Zemmour, lui, a été condamné pour provocation à la discrimination raciale en 2011, à la provocation à la haine religieuse envers les musulmans en 2018, pour injure et provocation à la haine envers les musulmans en 2020, à de simples amendes. Et il peut continuer à mentir en direct.

Vive la Suisse !

Transparence

La secrétaire d’Etat au budget et à la protection des consommateurs du gouvernement belge, Eva De Bleeker, a créé l’embarras au sein des milieux politiques de son pays, mais aussi au sein des instances européennes. Grâce au Parlement.

Eva De Bleeker avait dû répondre aux interrogations des députés pendant plus de trente heures sur les moyens mis par le gouvernement pour acheter des vaccins contre le coronavirus. D’abord réticente à donner des chiffres, la ministre a fini par publier sur son compte Twitter un tableau détaillé donnant le prix de chaque vaccin et le montant des factures des laboratoires respectifs pour la Belgique.

On sait donc que le prix des doses va de 1,78 euro pour le vaccin d’AstraZeneca à 14,68 euros pour celui de Moderna (6,93 pour Johnson &Johnson, 7,56 pour Sanofi/GSK, 10 pour Curevac et 12 pour Pfizer-BioNTech), soit une échelle de 1 à 8.

La Commission européenne a cru important de faire savoir que « tout ce qui concerne des informations comme le prix des vaccins est couvert par la confidentialité, c’est une obligation très importante. C’est une exigence contractuelle. »

L’instance européenne, visiblement agacée, condamne ce qui devrait être une pratique habituelle. Les laboratoires vont honorer des commandes passées par des Etats et toucher des fonds publics ; les citoyens ont donc toute légitimité dans une démocratie digne de ce nom pour savoir (et contrôler) comment l’argent public est utilisé et comment leurs représentants se comportent avec des laboratoires pharmaceutiques qui bénéficient tous de financements publics pour leurs recherches.

On  s’étonne donc de l’étonnement de la Commission européenne.

Voilà un épisode qui vient nous rappeler que les accords dits transnationaux donnent des pouvoirs exorbitants aux grands groupes industriels qui peuvent avancer la confidentialité des contrats pour s’exonérer de toute transparence et poursuivre les lanceurs d’alerte.

Eva De Bleeker dit désormais qu’elle a peut-être été « un peu trop transparente » ; ah ! Que non. La secrétaire d’Etat belge a simplement rendu compte de son action auprès de ceux qui l’ont élue puis portée au gouvernement belge. Et tant pis pour les susceptibilités des commissaires européens et des laboratoires.

Caricature et caricatural

Jacques Maire, député du parti macronien La République en marche prétend défendre la caricature, mais quand c’est lui qui est croqué, il se déchaîne. Surtout quand à sa caricature est associé son vote au Palais-Bourbon en faveur de la loi liberticide, dite de sécurité globale.

Cela demande des explications.

Le député des Hauts-de-Seine vient de porter plainte contre X pour acte d’intimidation envers un élu public et diffamation envers un fonctionnaire dépositaire de l’autorité publique. Rien que ça !

En premier lieu l’élu susceptible n’a pas apprécié d’avoir été caricaturé, comme les 380 députés à avoir voté la loi sur la sécurité globale, par l’un des 30 dessinateurs dénonçant ceux qu’ils avaient surnommés les ‘’députés de la honte’’. Puis il s’est drapé dans son honneur après avoir retrouvé sa caricature sur les réseaux sociaux et placardée sur les murs de sa ville de Meudon par un professeur d’histoire de l’art, militant des droits de l’homme.

On passera sur les détails, mais on ne taira pas le parcours de ce député, fils d’Edmond Maire, l’ancien secrétaire général de la CFDT.

Le rejeton est énarque et à sa sortie de la prestigieuse école des cadres de la République, il a multiplié allers et retours entre public et privé, notamment chez l’assureur Axa, dont il est actionnaire. Puis il passa du Parti socialiste à la République en Marche. Elu député, son pantouflage chez Axa lui avait valu quelques petits problèmes à l’Assemblée nationale où certains n’ont pas apprécié qu’il soit l’un des rapporteurs de la réforme des retraites. Il fut accusé de conflits d’intérêts, mais la déontologue, elle, n’y a pas vu de contre-indication.

Ainsi va le monde macronien.

Aujourd’hui, le fils d’Edmond Maire dénonce sa caricature et le brave député s’offusque que le bon peuple puisse être  informé de son vote en faveur de la loi liberticide.

Jacques Maire, un député macronien comme les autres. Caricatural.

A propos d’islamo-gauchisme

Philippe Marlière est professeur se sciences politiques à l’University College de Londres. Il a passé vingt ans au Parti socialiste avant d’adhérer au NPA ; il a soutenu la candidature de Benoit Hamon lors de la primaire socialiste de 2017. Pris à partie par Valeurs actuelles, il a répliqué dans son blog sur Mediapart. Cinglant.

Je me permets de publier de larges extraits de son billet du 15 décembre, ‘’Islamo-gauchisme, un mot pour bastonner’’, auxquels je n’ai rien à ajouter.

« L’islamo-gauchisme » est, de fait, un mot pour bastonner : c’est un terme qui cherche à faire mal, comme un coup violent qu’on porte au visage de quelqu’un. Cette agression est dirigée contre les personnes qu’on qualifie d’« islamo-gauchistes ». C’est une attaque verbale, symbolique, mais qui peut potentiellement mettre physiquement en danger la personne ainsi désignée.

Ce terme exprime un fantasme : celui d’une entente entre « l’islam » et un monde intellectuel « bourgeois » et « coupé du peuple ». Il verbalise le racisme et l’anti-intellectualisme. C’est une notion qui exprime la détestation morale, intellectuelle, voire physique des individus qui parlent des discriminations dont sont victimes les musulmans en France. Que le vocable « islamo-gauchisme » fasse partie du vocabulaire de l’extrême droite n’est guère surprenant. Qu’il soit aujourd’hui martelé par des membres du gouvernement, la majorité des médias ou certains universitaires, est inacceptable dans une société pluraliste et libérale. Ce glissement sémantique indique une dégradation inquiétante de la nature du débat public en France (…) Le langage de haine et de violence construit autour de la figure de « l’islamo-gauchiste » n’est plus l’apanage de la fachosphère et des cercles néonazis. Il a aujourd’hui rejoint le mainstream politique. Il est inouï de constater que ses locuteurs principaux se trouvent au gouvernement. Jean-Michel Blanquer a utilisé ce terme au cours d’une interview sur Europe1 après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine : « Ce qu’on appelle islamo-gauchisme fait des ravages à l’université, il fait des ravages quand l’UNEF cède à ce type de choses, il fait des ravages quand dans les rangs de La France Insoumise, vous avez des gens qui sont de ce courant-là et s’affichent comme tels. [Ils] favorisent une idéologie qui, ensuite, de loin en loin, mène au pire. » Circonstance aggravante, Blanquer est professeur de droit public. Il connaît donc le droit et il sait également que la notion « d’islamo-gauchisme » n’a aucune valeur heuristique. Pourtant, il l’emploie. Gérarld Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a également repris le terme « d’islamo-gauchisme » à l’Assemblée nationale. Il a dénoncé des « complices intellectuels » d’actes terroristes comme celui contre l’enseignant Samuel Paty :« Je serai d’une très grande fermeté face à tous ceux qui, aujourd’hui, en se croyant progressistes, font en réalité le lit d’une forme de tolérance à la radicalité (…) Ainsi sont présentés les « islamo-gauchistes » au public : « lâches », « traîtres » (à la nation), « bobos », « droits-de-l’hommistes », « extrémistes », « anti-chrétiens » et, bien entendu, « vendus à l’islam ». Ces mots ou ces associations d’idées sortent du registre d’un débat contradictoire civilisé. « L’islamo-gauchisme » est un mot grossièrement codé qui désigne un ennemi (l’islamisme) et ses porteurs de valeurs de valise (les intellectuels de gauche critiques). Ce vocabulaire d’extrême droite crée et entretient un climat de guerre civile. Il ne nourrit pas le débat, il prend les personnes pour cible. »

SMIC et dividendes

L’augmentation du SMIC aurait dû être de 0,955 % ; le gouvernement a annoncé une hausse de 0,99 %. On mesure l’effort incommensurable fait par le gouvernement, qui a laissé à Elisabeth Borne, la ministre du travail, l’annonce de « la plus forte hausse du pouvoir d’achat depuis les dix dernières années. »

Toujours l’air grave et austère, la ministre du travail s’est-elle rendue compte de l’énormité de sa petite phrase ? N’aurait-il pas mieux valu qu’elle se taise ?

Le mépris pour les millions de smicards ne s’était jamais affiché aussi fièrement.

Le SMIC mensuel atteindra 1 554,58 euros brut par mois pour un temps complet (10,25 euros de l’heure), soit un ‘’cadeau’’ de 15 euros brut.

On imagine les intenses batailles au plus haut niveau de l’Etat pour accorder un coup de pouce de 0,035 % auquel le premier ministre était opposé.

Ce sont les femmes qui vont être satisfaites ; elles sont 59,3 % à être concernées par la ridicule augmentation : ce sont en effet elles qui sont majoritairement à temps partiel et travaillent dans des petites et moyennes entreprises.

Ce coup du mépris passe d’autant plus mal que le même jour on apprend que la Banque centrale européenne (BCE) autorise les banques à verser de nouveau des dividendes en 2021 « sans qu’ils excèdent 15 % de leurs bénéfices cumulés des années 2019 et 2020. »

Les Echos éructent et s’insurgent : « La fin de l’embargo sur les dividendes versés par les banques de la zone euro aura un goût amer pour leurs actionnaires. » Le quotidien économique de Bernard Arnault partage donc l’amertume des gros actionnaires : « Une estimation rapide montre que cela conduirait à un coupon de 1,76 euro au plus pour BNP Paribas, au lieu de 2,6 euros en retenant un taux de distribution de 50% du bénéfice net 2020 estimé. Constat similaire pour Crédit Agricole (0,41 euro au lieu de 0,54 euro). Quant aux coupons maximums de Société Générale et Natixis, ils seraient minimes (0,43 et 0,09 euro). »

Les dividendes de ces pauvres actionnaires sont le résultat de l’exploitation des millions de smicards. On comprend pourquoi le journal de Bernard Arnault s’étouffe quand on parle d’augmentation du SMIC. 

Ceux qui n’ont rien ou qui sont au chômage ne méritent aucune compassion de la part de ceux qui ont tout.

La France d’Emmanuel Macron dans toute sa honteuse splendeur.

Ecouter Jeanne Balibar

Jeanne Balibar a été récompensée par un César de la meilleure actrice en 2018 pour son rôle dans Barbara. Sa carrière est riche : cinéma, théâtre, réalisation, chanson. Bref, une vie tournée entièrement vers la culture.

Fille du philosophe marxiste Etienne Balibar et de la physicienne Françoise Balibar-Dumesnil, elle a hérité de ses parents une volonté farouche d’engagement. Auprès des étrangers en situation irrégulière, notamment et discrètement.

Invitée de France Inter ce matin, elle a dénoncé les choix du gouvernement en matière de culture pendant le confinement, comme elle avait dénoncé Emmanuel Macron à propos du film Les Misérables (« Tant qu’il n’y a pas de bouleversement de la politique fiscale, ça ne sert à rien d’aller voir un film et de dire “Je suis bouleversé”, c’est de la merde. (…) On voit des milliardaires devenus cent fois plus milliardaires qu’il y a vingt ans, et tout chef d’État qui ne rapatrie pas cet argent aujourd’hui est un criminel, responsable de toute mort dans un hôpital (…) De toute personne qui ne pourra pas se déplacer pour trouver un travail – parce que ce n’est sûrement pas vrai qu’il suffit de traverser la rue. »)

Aujourd’hui, Jeanne Balibar a eu des propos forts et intelligents, dénonçant une fois encore la politique culturelle du gouvernement, ou plutôt une absence de politique qui témoigne du mépris pour tout ce qui élève l’homme et qui fait politique d’enfermement des citoyens dans une pensée d’asservissement et d’obéissance.

« Au début on a pensé que c’était un oubli, puis on a vu qu’il y avait une volonté délibérée d’agresser le monde de la culture, en disant que c’est non essentiel. Et maintenant, on sert de variable d’ajustement. C’est pas un truc fortuit, c’est délibéré(…) Il y a d’autres manières de protéger la santé des gens. Le brassage des populations autour des églises pour tous les gens qui vont s’asseoir de la même manière pour voir l’histoire de Jésus, en quoi ils sont moins contaminants que ceux qui viennent voir l’histoire de Roméo et Juliette ? (…)Ce qu’on commence à comprendre, c’est que derrière ça il y a une attaque en règle de la France des Lumières : les Lumières, c’est ça, l’art donne accès aux idées. C’est très bizarre de voir ce gouvernement qui s’en réclame en attaquer le cœur (…) Ce qui se joue dans les salles de cinéma, les musées, les théâtres, c’est d’aller ensemble comprendre des idées par une émotion ressentie ensemble au même moment. Oui, ça peut se passer chez soi quand tout le monde en même temps regarde Netflix, mais il y a l’idée de sortir dans la ville, dans l’espace public. On ne peut pas faire des lois sur le séparatisme, en disant que les gens se replient dans leur culture familiale, tout en empêchant les gens d’aller au premiers endroits où l’on sort de sa famille initiale (…) Nous rentrons dans une ère de risque pandémique, et le devoir d’un gouvernement éclairé au sens des Lumières, républicain, c’est de faire en sorte que la vie sociale puisse continuer, dans ce qu’elle a d’éclairant, de rapport à l’autre (…) Rien ne nous garantit que la réouverture se fera fin janvier, début février. D’ici là, combien d’institutions culturelles, de service public de l’émotion et de la pensée, auront mis la clé sous la porte ? Combien pourront s’engager sur des projets futurs ? Les dégâts sont trop importants, et ils sont idéologiques. Il faut arrêter de souscrire à l’idée populiste que la culture est quelque chose d’élitiste. C’est l’endroit, bien plus de l’école, qui permet d’accéder aux idées, parce que c’est direct. »

Des milliers de gens de culture qui ont manifesté aujourd’hui partout en France ont eu les mêmes paroles que Jeanne Balibar. Un seul semble ne pas vouloir les entendre et il est président d’une République héritière des Lumières.

Google plus fort que les gouvernements

L’Australie était le pays le plus déterminé pour s’opposer aux plateformes géantes comme Google. Le gouvernement avait présenté un projet de loi forçant les géants du numérique à rémunérer les médias pour la reprise des articles de presse, photos, vidéos, etc.

Que s’est-il passé ? Le projet de loi parvenu au parlement australien, s’il oblige bien les plateformes à rémunérer les éditeurs, est différent du texte initial : il apporte une modification majeure en reconnaissant que Google leur fait bénéficier d’un lectorat supplémentaire en ligne et leur offre une valeur monétaire accrue.

L’argument n’est pas nouveau ; Google n’a pas varié de point de vue. Mais c’est la première fois qu’un gouvernement lui donne raison et admet que les GAFA offrent des avantages aux éditeurs. Et, par voie de conséquence, que ceux-ci doivent modérer leurs revendications de rémunérations.

Evidemment, Google exulte et voit désormais un accord à portée de main sur la première loi mondiale. C’est une très mauvaise nouvelle pour les éditeurs du monde entier et un vrai triomphe pour Google dont l’immense pouvoir publicitaire est validé par un gouvernement.

Cette victoire en appelle sans doute d’autres. La décision pèsera très fort dans les négociations en cours, notamment en France.

Il s’agit de la consécration du poids réel des géants du numérique dans le monde d’aujourd’hui ; leur immense fortune leur a permis de mener des campagnes de lobbying inédites par leur ampleur pour corrompre des élus plus sensibles aux arguments sonnants et trébuchants de Google qu’aux intérêts des citoyens.

Il s’agit d’une victoire du fric et des multinationales du numérique ; donc du libéralisme exacerbé.

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