Blog de Michel Diard

La Chouette qui hioque

Violences policières

Le Monde donne la parole dans un long entretien à Donatella della Porta, professeure de science politique et de sociologie à la Scuola normale superiore de Florence. Elle y donne son analyse des manifestations de jeunes qui secouent l’Europe (France, Italie, Allemagne, Grèce, Albanie, Belgique, Portugal, entre autres).

Chaque mouvement national a ses spécificités, les mêmes causes et les mêmes effets, mais elle note surtout les répressions qui, en France, s’accentuent.

« Il y a une spécificité française, qui n’échappe à personne : les images de répression en France, qui circulent partout, affectent aussi les perceptions des activistes sur ce qui se passe. Mais la répression peut aussi être sévère ailleurs, par exemple en Italie, et pas seulement à Milan. »

Elle fait état ensuite de l’évolution de la répression : « Ce qui me frappe, lorsque je regarde des photographies prises à différentes périodes de l’histoire, c’est l’évolution de l’équipement et du déploiement des forces de police. Leur action s’apparente de plus en plus à des opérations contre-insurrectionnelles plutôt qu’à un maintien de l’ordre classique. On assiste à une mise en scène qui emprunte de plus en plus à la guerre, avec des formes d’intervention bien plus agressives (…) De manière générale, ce que nous constatons, des Etats-Unis à l’Europe occidentale, c’est que les forces de police acquièrent de plus en plus souvent des armements et des équipements utilisés dans des zones de conflit (…) Cette évolution contribue aussi à la perte de confiance dans la neutralité de la police. Cela s’accompagne du sentiment que des pratiques policières racistes sont utilisés contre certains groupes de la population. »

Les observations de Donatella della Porta sont largement partagées. Le régime de Macron est de plus en plus autoritaire et répressif ; sa fin de règne n’est pas glorieuse. Et Le Monde, pour le prouver, publie aussi une page titré « Un mois de graves blessures lors des manifestations ». Blessures (allant jusqu’à des amputations) provoquées par des armes de guerre. Blessures de fin de règne d’un système économique et social en faillite. Qui se double d’une banalisation des idées d’extrême droite.

La violence policière n’en est qu’un symptôme, ô combien insupportable.

Merci aux lycéens

Le mouvement lycéen, suivi des mouvements étudiant, gilets jeunes et salariés n’est pas né spontanément ; il est le point final de dix de gestion de la société française par le plus violent président de la République qu’on ait connu.

Il a achevé les sales boulots de ses prédécesseurs : casse des systèmes de santé, d’éducation (du primaire au supérieur), des transports, en sombrant dans la violence. Incapable de répondre aux légitimes revendications de toutes les couches du peuple, il répond par les matraques et grenades des policiers.

La violence d’Etat a fait reculer la démocratie et celui qui prétendait faire barrage au RN a peut-être préparé son accession à l’Elysée.

Son seul mérite aura été de permettre aux lycéens d’inscrire les questions sociales et sociétales dans la campagne présidentielle ; les différents candidats en sont restés coi. La société est en crise et ils voulaient l’occulter. Raté.

Il est urgent de voir apparaître une nouvelle génération d’élus au service du peuple et d’institutions véritablement démocratiques, en bousculant les défenseurs d’une société dans laquelle les services publics n’ont plus de place et où les inégalités sont grandissantes et insupportables.

Ils veulent perpétuer une société injuste quand le peuple, lui, ne parle que de communs et d’idéaux fraternels, dans une ambiance joyeuse, festive, où les couleurs de peau, les origines ne sont plus considérées comme un handicap, voire une honte, où on ne parle plus de sauvageons, mais de porteurs d’avenir lumineux.

Dans cette société que portent les lycéens et étudiants, il n’y a pas de place pour le RN et la droite, le racisme, l’exclusion et la répression, les chaînes d’information en continu au service d’une idéologie rance.

Alors, merci les lycéens de nous réconcilier avec l’avenir.

Le poids des images

Les Cahiers du Cinéma m’accompagnent depuis mes années lycée. Un long bail, grâce à un professeur de français animateur du ciné-club de l’établissement. Michel Cégretin, c’est son nom, m’a fait grandir, a participé à ma prise de conscience sociale et politique. Je ne le remercierai jamais assez.

Je lis donc les Cahiers depuis au moins 60 ans ; j’ai suivi ses évolutions, ponctuées d’excommunications et/ou de changements de ligne éditoriale. A l’image de la vie et du cinéma.

J’ai eu des craintes quand les actionnaires ont récemment changé ; aujourd’hui les craintes sont levées.

Aujourd’hui, je découvre avec délectation l’éditorial de Marco Uzal ; l’envie de le partager me pousse à en publier un court extrait engagé et vrai qui détonne dans le paysage médiatique.

« Quiconque a mis les pieds dans l’une des récentes manifestations, y compris celle du 17 octobre, sait combien c’est une contre-vérité de réduire ce mouvement aux images de casseurs et de pillages dont se gargarisent la plupart des médias. Lorsque des CRS envoient des gaz lacrymogènes sur la place de la République avant l’heure officielle de la manifestation, éloignant des familles et obligeant un orchestre de militants (l’Orchestre du Nouveau Monde) à écourter son programme, tandis que plus tard des pilleurs vont de magasin en magasin sans être autant confrontés à la police, c’est bien à une mise en scène des images plus ou moins consciente que participent les forces de l’ordre : éviter celle d’une liesse populaire quitte à déployer moins d’énergie pour contrer celle qui vont dans le sens du chaos. D’autres images y répondent, souvent prises depuis des fenêtres, montrant des tabassages d’adolescents par des CRS, ou de prétendus pilleurs cagoulés regagner des fourgons de police. Il y a là suffisamment de rushes pour que le montage officiel ne soit pas le final cut. »

Tout est dit. Et bien dit. Dans un langage cinématographique bienvenu.

Qu’on se rassure, il y a encore des veilleurs pour s’opposer à l’instauration d’un régime fasciste en 2027.

Vive la culture, messieurs !

Albert Camus a écrit des phrases sublimes dont on entend encore le retentissement dans la période contestataire que nous connaissons aujourd’hui :

« L’art et la société, la création et la révolution doivent (…) retrouver la source de la révolte où refus et consentement, singularité et universel, individu et histoire s’équilibrent dans la tension la plus dure. La révolte n’est pas en elle-même un élément de civilisation. Mais elle est préalable à toute civilisation. Elle seule, dans l’impasse où nous vivons, permet d’espérer l’avenir dont rêvait Nietzsche : « Au lieu du juge et du répresseur, le créateur. »

Le prix Nobel de littérature aurait sans doute apprécié un événement qui a bousculé de façon inédite la représentation de Ruy Blas à la Comédie-Française. Julie Duclos, la metteuse en scène, a introduit la lecture d’une lettre de Victor Hugo de 1876, relative à la révolte des Serbes contre les envahisseurs ottomans, en lieu et place du monologue du héros :

La lettre a d’abord surpris un public qui a cependant parfaitement compris le message : « Ce que le genre humain sait, les gouvernements l’ignorent. Cela tient à ce que les gouvernements ne voient rien qu’à travers cette myopie, la raison d’État ; le genre humain regarde avec un autre œil, la conscience. […] Il y a des heures où la conscience humaine prend la parole et donne aux gouvernements l’ordre de l’écouter. […] Remplaçons les questions politiques par la question humaine. »

Merveille du théâtre, permanence de Victor Hugo, le public a applaudi ce moment magique de façon inédite qui le renvoyait à la révolte des lycéens.

Moment magique donc, qui rappelle un événement similaire, en mars 2011, à l’Opéra de Rome.

Pour célébrer le 150e anniversaire de l’unification et de la création de l’Italie, les organisateurs de la cérémonie avaient porté leur choix sur la représentation du Nabucco de Verdi. A l’issue du fameux ‘’Va pensiero’’, le chœur des esclaves juifs chantant leur patrie belle et perdue, le public s’était levé et crié ‘’Vive l’Italie’’ et demanda un ‘’bis’’ devant un Sylvio Berlusconi éberlué.

Le chef d’orchestre, Ricardo Mutti, d’abord hésitant, invita le public à chanter avec le chœur. Moment magique comme à la Comédie-Française, qui lui fit déclarer : « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. J’ai vu des drapeaux italiens s’accrocher aux balcons. J’ai vu les artistes essuyer leurs larmes. Ce fut un moment magique dans l’opéra. Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également un défi des gardiens de l’art à l’attention des politiciens véreux. »

A la Comédie-Française ou à l’Opéra de Romme, Albert Camus aurait adoré partager ces moments rares, où les spectateurs sont invités à changer le monde, en étant incités à réfléchir au réel social du présent.

Le théâtre ou l’opéra invitant le public à prendre conscience des dynamiques sociales et politiques, des injustices, comme le souhaitait Brecht, fait peur aux ultra-riches, à l’extrême droite et, désormais, à la droite dite dure. Pas étonnant qu’ils coupent les crédits de la culture, de toutes les formes de la culture. Au peuple qu’ils redoutent, ils ne concèdent que des divertissements télévisés générant du temps de cerveau disponible pour la publicité.

Tout esprit critique, toute révolte sont interdites dans le monde financiarisé. Savourons cependant ces moments où les Berlusconi, les Macron et autres défenseurs de l’ordre établi, sont pris à partie.

L’angoisse des fortunés

Le mouvement des lycéens ne faiblit pas ; il a reçu le renfort des étudiants et des syndicats de salariés. Le gouvernement (et le président de la République) reste sourd aux revendications.

La France va mal ; l’exécutif n’entend pas son peuple !

Mais toute la France ne va pas aussi mal que le bas peuple ; c’est la Tribune qui vend la mèche avec un titre accrocheur : « Angoissés par l’avenir, les Français fortunés se ruent vers l’assurance-vie luxembourgeoise ». Je suis tout tourneboulé, les Français fortunés sont angoissés. Est-ce possible ?

De fait, les fortunés (La Tribune ne parle pas des ultra-riches !) refont des crises d’angoisse à chaque crise sociale. C’est devenu un réflexe pavlovien.

Les premières lignes de l’article confortent cette analyse :

« Dans une France bouleversée par l’instabilité, l’assurance-vie luxembourgeoise aimante les épargnants disposant de capitaux importants à placer. Ils y voient un instrument permettant de préserver leur épargne des dérives budgétaires du pays, et de lui offrir plus de perspectives. À chaque moment de tension, la même musique revient. « Mes clients se ruent sur l’assurance-vie luxembourgeoise », soufflait un banquier privé au moment de la dissolution de l’assemblée nationale, en 2024. Dans le sillage des manifestations du 17 octobre, donnant à voir une France insurrectionnelle, de l’impasse dans laquelle s’est murée l’action parlementaire, et l’instabilité géopolitique, les flux français partant pour son voisin septentrional français ont « explosé », estime un autre gestionnaire de banque privée. »

Savent-ils les journalistes de La Tribune qu’ils sont des millions de Français à connaître l’angoisse des fins de mois (qui débutent le 15), sans avoir d’épargne à cacher au Luxembourg ou un autre paradis fiscal ?

Alors, oui, la France va mal, mais pas celle des fortunés à qui il suffit d’un appel à leur avocat fiscaliste pour ‘’préserver leur épargne’’ à quelques kilomètres de Paris.

Du droit de manifester

Le droit de manifester est un droit fondamental. Sauf pour Macron le petit et son gouvernement croupion.

La jeunesse grogne et s’exprime dans la rue. Elle gesticule, pacifiquement, et elle a raison tant le système d’éducation est perverti. Elle a des revendications justes et pour y mettre fin, il suffirait au gouvernement d’y répondre immédiatement, plutôt que de demander à la police de sortir les matraques, les grenades, les pompes à eau et les hélicoptères.

Pis encore, comme tout régime de droite autoritaire, le pouvoir réprime en multipliant arrestations de masse et condamnations après des jugements bâclés, à la chaîne, sans instruction, ni véritable défense des accusés, mineurs ou pas.

Mais ce pouvoir si décrié a décidément très peur ; pour se rassurer lui-même et son électorat il multiplie les interdits de manifester, laissant les décisions entre les mains des préfets, dans une surenchère sans limite.

L’un des droits fondamentaux est confisqué et les libertés objets d’une restriction sans précédent. Condescendant, Macron autorise les seules manifestations des syndicats sur lesquels vont peser toutes les responsabilités. Le piège est grossier.

Réprimer n’a jamais apporté de réponse aux revendications. Aujourd’hui, celles-ci sont puissantes dans le pays, mais ce pouvoir ne connaît que les revendications des ultra-riches, ceux que Macron fréquente assidûment, comme en témoigne sa présence au dernier concert de Céline Dion aux côtés de Mme Arnault.

Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai comment tu gouvernes !

Instruction et culture

Durant son séjour à Mexico en 1936, Antonin Artaud a donné quelques textes fulgurants à des quotidiens, notamment à El Nacional. L’un d’entre eux, intitulé Bases universelles de la culture, il a précisé le sens du mot culture et écrit ces lignes lumineuses :

« On peut être instruit sans être réellement cultivé. L’instruction est un vêtement. Le mot instruction signifie qu’une personne s’est revêtue de connaissances. C’est un vernis dont la présence n’implique pas forcément le fait d’avoir assimilé ces connaissances. Le mot culture, en revanche, signifie que la terre, l’humus profond de l’homme, a été défrichée. »

Ces quelques phrases lues, on ne peut plus les oublier, notamment dans la période actuelle où ceux qui ont le pouvoir font preuve d’une absence criante de culture pour affronter les revendications, notamment celles des lycéens et des étudiants.

Que ce soit Macron, Lecornu et son gouvernement, leurs entourages, tous, donc, sont des gens instruits, formés dans les établissements publics de grande renommée. Et pourtant, ils ne peuvent pas comprendre les revendications (malgré ce qu’ils disent). Ils sont incapables de se remettre en question pour considérer ceux qui revendiquent comme des interlocuteurs, intelligents, capables d’analyser ce qui les poussent à descendre dans la rue et d’apporter des réponses crédibles à leurs énormes problèmes.

De Macron à Marine Le Pen et Bardella, en passant par Retailleau, Philippe ou Attal, ils font preuve d’une inculture sociétale crasse. Ils se ressemblent à tel point que leurs discours sont tellement identiques sur le fond.

Antonin Artaud, esprit bouleversé mais brillant, ose parler de décadence et de confusion dans les mots. Il a hélas raison d’ajouter qu’on situe instruction et culture sur le même plan, « on les considère comme allant de pair ».

Macron se targue d’être un homme de culture quand il n’a qu’une culture du profit, peaufiné chez Rothschild. Sa confusion est grande. Il le paie cher aujourd’hui. Et c’est tant mieux.

Pour finir, lisons encore Artaud, dans le même article : « l’homme vraiment cultivé porte son esprit dans son corps et c’est son corps qu’il travaille par la culture, ce qui équivaut à dire qu’il travaille en même temps son esprit. »

Condamnez-vous les violences ?

Sur son site, Télérama constate : « Dans les interviews radio et télé, figures et soutiens du mouvement lycéen sont sommés de “condamner les violences”, comme avant eux syndicalistes, Gilets jaunes ou écolos. »

Romain Jeanticou dénonce tour à tour Marc-Olivier Fogiel sur RTL, Darius Rochebin et Amélie Carrouër sur LCI, Benjamin Duhamel et Quentin Lafay sur France Inter, Apolline de Malherbe, Sonia Mabrouk, Olivier Truchot et Alice Darfeuille sur BFM, Benjamin Fontaine et Claire-Élisabeth Beaufort sur la chaîne Franceinfo, sommant lycéens, étudiants et syndicalistes de répondre à ‘’la’’ question.

Ces prétendu ‘’grands journalistes’’ font preuve d’un « mimétisme flagrant sur les plateaux radio et télé », ajoute Télérama qui a demandé un décryptage à Laurent Thiong-Kay, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à Sciences Po Lyon : la question « impute la responsabilité des affrontements au mouvement que soutient l’interviewé et permet aux journalistes d’appliquer un cadrage sécuritaire devenu routinier. La question a la forme d’un piège rhétorique : condamner revient à présenter un désaccord tactique et s’y refuser fait entrer en contradiction avec la vision idéalisée de la rationalité démocratique. »

Télérama ajoute : « Pour Laurent Thiong-Kay, cette sur-focalisation sur la violence physique, peu importe sa gravité, est centrale dans l’appréhension des mouvements sociaux par les médias. « Pour les journalistes, son apparition constitue un épisode-clé du récit de la contestation, qui va les pousser à couvrir davantage un mouvement mais aussi à décréter son infréquentabilité. »

Romain Jeanticou a également interrogé un sociologue, Antoine Hardy : « La conflictualité politique reste conventionnelle alors que la situation est très grave à beaucoup d’égards, quand on pense aux centaines de gens morts de la canicule cet été, par exemple. » Il voit en la question « Condamnez-vous les violences ? » un potentiel marqueur funeste : « Le monde où elle ne sera plus posée sera soit un monde où il n’y aura plus de manifestations et de désordre tant les libertés seront inexistantes, ou bien un monde où le rapport de force aura basculé dans l’autre sens et où l’on aura dépassé cette interrogation réductrice. »

Télérama met le doigt sur ce mal qui ronge le journalisme, le mimétisme des grands médias et, surtout, une vision unique du monde, celle de quelques propriétaires, les grands milliardaires prêts à pactiser avec le RN pour aseptiser la société et les mouvements sociaux.

Il est urgent de libérer l’information des puissances d’argent et les journalistes.

Ils ont de l’humour

Les lycéens en révolte font preuve d’un humour féroce. Un humour ravageur et qui rappelle aux anciens de Mai 68 le concours des pancartes les plus fulgurantes.

La jeunesse a de l’humour et de l’esprit; elle le prouve chaque jour et ne se laisse pas endormir par les discours ridicules du gouvernement dont les engagements (comme le recours à 3000 professeurs) se dégonflent comme une baudruche.

J’ai trouvé sur Internet la photo d’une pancarte dont il faudra se rappeler. Elle est plus politique qu’elle n’apparaît au premier abord.

Elle mérite ce petit clin d’oeil.

Le grand chambardement

Entendre Marine Le Pen oser déclarer : « Maintenant c’est à Mediapart qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en Kevlar, parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent » est insupportable et inquiétant.

Lire que le coordinateur de la campagne de Flavio Bolsonaro, le sénateur Rogerio Marinho, profère des menaces à l’encontre des juges du Tribunal suprême fédéral du Brésil : « Lorsqu’il y aura un crime de responsabilité commis par la cour, le Sénat ne restera pas silencieux », est insupportable et inquiétant.

Entendre Marco Rubio, bras droit de Trump, menacer la Cour pénale internationale en déclarant que les Etats-Unis et leurs alliés pas un modèle du genre démocratique) Israël, Russie, Iran ou Qatar, poursuivront « leur campagne visant à démanteler la CPI brique par brique », est insupportable et inquiétant.

Lire que Donald Trump affirme qu’il est « temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président », est insupportable et inquiétant.

Nous avons affaire à des monstres. Piétinant les fondements du droit national ou international. Qui osent remettre en cause les acquis sociaux ou les accords signés après la Seconde guerre mondiale, pour promouvoir le recours à la force armée, aux milices de sinistre mémoire.

Notre monde difficilement bâti après les monstruosités nazies s’effondre ; l’ONU est galvaudée ; la déclaration des droits de l’homme piétinée ; l’Organisation mondiale du commerce supplantée par les ‘’deals’’ imposés par Trump, le versatile. Et, devant ce chaos, l’Europe est étrangement absente pour défendre les valeurs, les principes et le droit, national et international.

Le temps est venu pour les citoyens de reprendre le pouvoir en chassant Trump, Netanyahu, Poutine, Bolsonaro, Milei, les ayatollahs d’Iran et combien d’autres.

L’horreur occultée

Ce qui se passe à Gaza et en Cisjordanie n’est plus dans l’actualité ; le détroit d’Ormuz et la guerre en Ukraine, la colère des lycéens et l’augmentation du prix de l’essence font la ‘’une’’ des médias. Le génocide du peuple palestinien est occulté. Sauf dans quelques titres.

Arnaud Miguet, correspondant de France Télévisions à Jérusalem, a confié à Télérama : « Je crois qu’on n’a pas passé un sujet depuis cet été. Il y en aurait à faire tous les jours, que ce soit sur les frappes qui continuent, les bâtiments qui s’effondrent sur les gens, l’aide alimentaire qui peine à arriver… » Ses propos sont confirmés par un journaliste local, Fayez Aref Abu Khousa, qui déplore la situation : « « Avant, je faisais au moins six reportages par mois, là j’en ai fait seulement six en 2026. » 

Les journalistes palestiniens côtoient l’horreur à chaque instant comme le confie Nabil Diab au magazine culturel : « J’ai couru en pleine nuit sous les bombes pour rejoindre un ami qui pouvait me donner du pain, j’ai dormi entre des cadavres, je me suis douché dans une morgue, j’ai fini par avoir plus peur de la vie que de la mort ».

Et quand ils témoignent, il leur est imposé une politique éditoriale incroyable : « On n’utilise les mots “génocide” ou “occupation” que dans les citations, raconte Adel Al-Zaanoun qui travaille pour l’AFP. Même chose pour le mot “terroriste”, utilisé par les officiels israéliens pour parler du Hamas. » Son collègue, Rami Abou Jamous, qui travaille pour TF1, France 24 et d’autres médias, confesse avoir été censuré : « Dans une vidéo, j’ai parlé de l’armée d’occupation. On m’a demandé de changer pour dire armée israélienne, ce que j’ai refusé. Le sujet n’est pas passé. »

Leurs conditions de vie et de travail sont précaires et dangereuses. Ils font preuve d’un courage extraordinaire et ils souhaitent, tous, voir les journalistes étrangers venir enfin pour témoigner de l’horreur occultée ; l’un d’eux l’a exprimé à Télérama : « Quand ils viendront, ils découvriront des millions d’histoires, et Israël ne pourra pas rétorquer qu’ils travaillent avec le Hamas. Ils écriront des reportages encore plus forts que les nôtres, et ils utiliseront des mots comme celui de “génocide” ».

Benyamin Netanyahu a gagné la bataille de l’information, pour l’instant. Seule la parole israélienne et la propagande peuvent s’exprimer. Les journalistes palestiniens, eux, font preuve d’un courage admirable en espérant gagner, finalement, la guerre médiatique.

Pour la jeunesse

Un lycéen amputé ; un autre éborgné. De nombreux blessés. Des centaines de jeunes inconnus des services de police interpellés. C’est le triste bilan des manifestations lycéennes.

Tout ce que peut répondre le gouvernement aux jeunes par la voix du sinistre ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, c’est : « Ma doctrine est claire : réaffirmer l’autorité de l’Etat et ne laisser aucune atteinte à la sécurité et à l’ordre publics sans réponse. Le principe, c’est l’intervention ; l’exception, c’est la non-intervention ». 

La doctrine du ministre de l’intérieur depuis des décennies n’a pas varié : au nom de l’ordre public, on réprime tout mouvement social. En vertu de quoi, la force des armes parle.

Mais, quand un ministre parle d’ordre public sait-il que c’est en premier lieu son gouvernement qui sème le désordre en sacrifiant l’éducation nationale dans les banlieues ou dans les zones rurales. C’est lui et lui seul qui pousse la jeunesse à se rebeller contre un Etat à la solde des seules classes possédantes.

Professeurs méprisés et mal payés, non remplacés, réformes continuelles pouvant aller jusqu’à la création d’un filtre de classe, Parcoursup, établissements en ruine, souvent, tel est le quotidien des lycéens aujourd’hui.

Et pour seule réponse, la répression des forces dites de ‘’sécurité’’, le vote de lois répressives, quand la jeunesse ne demande qu’à étudier sereinement.

Devant les députés le 18 mai 2026, Laurent Nunez, toujours lui, avouait à propos du projet de loi Ripost : « Pour autant, par ce projet de loi, nous poursuivons une autre ambition que le seul choc d’autorité. En effet, les forces de sécurité, associées aux travaux préparatoires à ce projet de loi, ont mis en lumière certains besoins criants d’évolution de leurs moyens juridiques, techniques et procéduraux. On leur réclame toujours plus de sécurité : en parallèle, nous devons veiller à leur offrir les moyens efficaces de nos ambitions. » La loi scélérate a été votée.

Aujourd’hui, on mesure toute l’ambition d’un gouvernement aux abois, incapable de prendre les mesures pour réduire la dette, augmenter le pouvoir d’achat et, donc, répondre à la colère des jeunes : offrir à la police les moyens d’assurer toujours plus de sécurité, la sécurité capitaliste des milliardaires.

Le capital est à bout de souffle et plus il s’embourbe, plus il réprime ; une seule réponse à cet état de fait : changer radicalement de politique dès 2027 avec un candidat unique de la gauche.

C’est possible ; c’est nécessaire. Pour répondre à la jeunesse.

L’âme du vin

Charles Baudelaire a célébré l’âme du vin et eu des mots ailés pour ceux qui le font :

« Je sais combien il faut, sur la colline en flamme / De peine, de sueur et de soleil cuisant / Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme »

Mais c’était dans les Fleurs du mal, il y a très longtemps. Aujourd’hui, l’âme du vin a été captée par des industriels bourrés de fric et qui font des grands crus des produits à cash, réservés à une élite.

On ne vendange plus en famille ou avec les amis ; les industriels bourrés de fric ont introduit leurs méthodes industrielles. On ne vendange plus en famille, donc, on sous-traite la main d’œuvre à bas coût et on sous-traite à de nouveaux exploiteurs d’êtres humains, des immigrés, de préférence non déclarés ou avec de faux papiers.

Le Bien Public, journal local, a enquêté : « Pendant 10 jours en août, ils ont coupé du raisin pour les plus beaux domaines des côtes de Beaune et de Nuits. Mais aujourd’hui, ils sont une centaine de vendangeurs à ne toujours pas avoir été payés. Le prestataire et son sous-traitant, qui ont fait appel à eux, se renvoient la balle. »

Et d’avouer : « C’est une honte pour la Bourgogne ! Derrière les vins prestigieux des côtes de Nuits et de Beaune, il y a toute une chaîne de travailleurs. A commencer par ceux qui ramassent le précieux raisin. »

Ces travailleurs piétinés, outragés, qui attendent encore leur maigre salaire, sont Marocains, Soudanais ou Afghans. Evidemment.

Ils ont été ‘’embauchés’’ (une centaine, donc) par un sous-traitant qui renvoie la balle au propriétaire des vignes. Bref, un montage classique de l’esclavage moderne. Et une pratique utilisée partout où le raisin donne naissance à des grands crus.

Dans leurs somptueuses demeures parisiennes, les propriétaires des grands crus chantent à leur tour l’âme du vin, de ‘’leurs’’ grands crus. Sans une pensée pour les esclaves qui ont vendangé leurs raisins, mais avec un mépris abyssal. Sans respect pour la peine, la sueur et le soleil cuisant qui rend les vendanges harassantes.

Le vin a perdu son âme quand les vignes sont tombées, elles aussi, sous le contrôle de la finance et des industriels comme Arnault, Pinault et autres milliardaires.

Pauvres Etats-Unis !

Comment qualifier un Etat qui pratique encore la peine de mort ? Comment qualifier un Etat qui pratique encore la peine de mort pour les femmes ? Comment qualifier un Etat qui laisse une femme, condamnée à mort à 18 ans, pendant 32 ans dans le couloir de la mort, où les conditions de détention sont particulièrement cruelles ? Comment qualifier un Etat qui injecte, 32 ans plus tard, deux doses létales de pentobarbital frelaté n’entraînant pas la mort mais laisse la femme de 50 ans aujourd’hui agoniser dans un hôpital ?

C’est l’histoire abominable qui vient d’être infligée à Christa Pika dans le Tennessee, aux Etats-Unis.

Cet épisode insupportable en 2026 illustre la situation aux Etats-Unis sous la présidence du détraqué Donald Trump. Car l’exécutif n’est pas innocent dans cette triste affaire : la Cour suprême, composée majoritairement de juges nommés par le président, avait autorisé l’exécution de Christa Pike.

Trump si prompt à réagir sur son réseau social est resté muet. On doute néanmoins qu’il se soit indigné de ce ‘’raté’’, lui qui veut rétablir la peine de mort partout.

Et, avec ça, il y a encore des citoyens du monde à vénérer les Etats-Unis !

La mémoire outragée

La liste des méfaits contre la culture de maires issus du RN s’allonge dangereusement. L’une, cependant, me touche particulièrement : à Elne, près de Perpignan, le cinéma René Vautier a été débaptisé pour prendre le nom de ‘’La Bobine illibérienne’’.

Le maire Steve Fortel justifie grossièrement ce changement de nom : « « Je ne veux pas faire de politique avec la culture et René Vautier, encore une fois avec tout le respect que j’ai pour les engagements qui sont les siens, c’est un homme marqué politiquement. » Quel prétexte fallacieux et honteux !

La fille de René Vautier a déploré cette décision en déclarant : « C’est effacer le nom d’un cinéaste dont toute l’œuvre fut précisément consacrée à la liberté de création ».

René était un ami très cher. J’éprouvais toujours un grand plaisir et beaucoup de fierté à échanger, parfois longuement, avec lui. 

René a été Résistant à 16 ans et, à ce titre, il a reçu la Croix de guerre 1939-1945 à 18 ans. Toute sa vie, il est resté Résistant ; son œuvre cinématographique en témoigne, au-delà de l’admirable Avoir vingt ans dans les Aurès (prix de la critique du Festival de Cannes en 1972). Il avait tant de choses à partager et à transmettre aux nouvelles générations pour que personne n’oublie le passé.

Ses films ont combattu le capitalisme, le colonialisme, la guerre d’Algérie, le racisme, l’apartheid et l’extrême droite. Et c’est bien ce passé d’un combattant pour la fraternité et la liberté qui, aujourd’hui, à Elne est effacé par un maire d’extrême droite de la pire espèce.J’éprouve une grande et infinie tristesse après avoir pris connaissance de cet outrage à René. Le maire d’Elne ne mérite que mépris. Et, à René Vautier, nous devons de continuer à lutter pour vaincre racistes et réactionnaires

Catho-marketing

Pendant quatre longues journées, avachi devant son téléviseur à suivre les chaînes de France Télévisions, il était difficile d’ignorer que le pape était en France.

Messes à Paris à Notre-Dame ou place de la Concorde, Lourdes, Metz, veillée au Stade de France, discours à l’UNESCO ou à Metz, déambulations en papamobile, suivi pas à pas dans les rues ou sur les routes des aéroports, tout a été retransmis en direct par le service public.

Ce service public d’un Etat laïc était entièrement à disposition pour transmettre une campagne de marketing de l’Eglise catho digne de celle de Céline Dion.

Le personnage de Léon XIV est ambigu ; on appréciera ses paroles pour la paix ou pour l’aide à apporter aux migrants, mais il a été digne des réacs les plus réacs en condamnant l’avortement ou l’euthanasie. Il est par ailleurs resté sur une réserve incroyable à propos des violences sexuelles dans son Eglise. Les journalistes de France Télévisions n’ont cependant jamais relevé les ambiguïtés du souverain pontife.

Les journalistes du service public, donc, se sont comportés comme de dignes communicants du pape, façon Pascal Praud, en ayant invité les égéries de la calotte comme Sophie de Ravinel et d’autres.

Les principes professionnels de distanciation ? Oubliés. On peut espérer que le Vatican a accordé aux journalistes jouant du superlatif une bénédiction gratuite. Ou une confession dès le mardi matin pour leur permettre de retrouver leur esprit critique tant ils avaient laissé la place au spectacle et à la béatitude.

Léon XIV est reparti dans son micro-Etat, au milieu d’une Curie où l’habitude est de s’écharper ; les églises vont à nouveau se vider. Pas sûr que les efforts de la campagne de marketing des cathos, réacs ou pas, se traduisent par un regain de la foi chrétienne quand la France est plongée dans une crise inédite.

La valse du MEDEF avec le RN

Le MEDEF s’affiche de plus en plus ouvertement avec le RN. Après un déjeuner avec Marine Le Pen et un grand dîner avec Jordan Bardella à l’invitation des grands dirigeants de l’économie française, puis un nouveau déjeuner du bureau exécutif de l’instance patronale avec le même Jordan Bardella, le patron des patrons, Patrick Martin a exprimé son inquiétude de voir CGT et CFDT « se politiser à outrance ».

En cause, les prises de position des deux centrales syndicales visant le RN et la proximité du MEDEF avec un parti raciste, réactionnaire et anti-social.

Quand le patronat donne des leçons aux syndicats, c’est qu’il veut les entraîner sur le chemin de la cogestion. Surtout en période de crise.

Sophie Binet, secrétaire de la CGT, avait déjà interpellé le MEDEF, lui reprochant notamment de ne regarder que le programme économique du RN. Plus récemment, elle avait apostrophé le dirigeant patronal : « Quand Patrick Martin dit qu’il ne sait pas si Marine Le Pen est d’extrême droite, c’est une faute morale historique. Cela confirme que, pour le Medef, il n’y a que l’argent qui compte. » Et de rappeler à ceux qui cherchent à affaiblir les syndicats que la CGT a toujours placé la défense des valeurs démocratiques en tête de ses revendications.

L’éventuelle arrivée au pouvoir de Marine Le Pen mobilise CGT et CFDT, pas le patronat à entendre les réflexions époustouflantes de Patrick Martin : « Ça n’est pas notre sujet. On n’est pas là pour ça. ». Comme si les choix économiques étaient séparables des choix politiques.

Ce ne sont pas les organisations syndicales qui jettent une « ombre suspecte sur la démocratie sociale », mais bien le MEDEF qui a choisi sans ambiguïté la régression sociale et l’autoritarisme du RN. Que le patronat se rapproche ouvertement d’un parti fondé par des nazis et qui a toujours prôné, entre autres, la préférence nationale, est inquiétant à la veille d’élections cruciales pour une France démocratique et de progrès social.

Quand le MEDEF esquisse une valse avec le RN, les épisodes les plus sombres de la France nous reviennent en mémoire. De nombreux militants de la CGT y ont perdu leur vie après déportations et tortures…

La bête du Gévaudan

Charles Sapin, valetaille de Valeurs actuelles multipliant les ‘’unes’’ racistes, ose se comparer à la bête du Gévaudan, dans un long message où il déverse toute sa morgue pour dire qu’il ne pourra pas lire ses éditoriaux sur France Inter. Le mythe de la bête a duré et inspiré de très nombreux ouvrages et même le cinéma. Charles Sapin, lui, tombera vite dans les poubelles de l’histoire.

Dans son message, il éructe et vilipende les « assauts de syndicats tout-puissants » à Radio France, « l’ouïe fine des cortèges ‘’antifascistes’’ », « cette brillante innovation démocratique : la censure préventive ». Bref, il a plongé sa plume serve dans la logorrhée d’extrême droite la plus basique, la plus exécrable.

Pourquoi tant de phrases aussi médiocres si « mon cas personnel importe peu ». Sinon saisir une nouvelle occasion pour fustiger « des forces anti-républicaines, jusque dans le temple qu’est France Inter ».

Il se dit victime de délit d’opinion quand le racisme inhérent à Valeurs actuelles lui a valu de multiples condamnations. Il déplore que la direction de Radio France « ait décidé d’ainsi rendre les armes », quand c’est justement ce qu’il nomme une « minorité radicalisée » (mais une majorité d’opinion) qui a contraint Sibyle Veil à préserver le pluralisme de France Inter. Merci à ceux qui ont osé dénoncer ce qui aurait été une défaite du droit à être informé justement et complètement, quand la sphère dirigeante de la station avait failli.

L’extrême droite affiche toujours la question du pluralisme pour justifier ses demandes réitérées d’être traitée comme les autres courants d’idées et la nomination de Charles Sapin n’était que la suite logique du rapport Alloncle.

La bête du Gévaudan, version 2026, peut éructer, il n’y aura pas de ‘’mandement de l’évêque de Mende’’ pour appeler les foules à punir les vrais démocrates qui militent pour un journalisme fort et indépendant.

La fiction audiovisuelle en crise

Acteurs, auteurs, réalisateurs, techniciens intermittents et producteurs, réunis à La Rochelle pour le festival de la fiction audiovisuelle, ont lancé un cri d’alarme. Toute la filière est en crise. En cause, la concurrence des plateformes de streaming au détriment des chaînes, la baisse des investissements des principaux diffuseurs (France TV et TF1), faute de crédits suffisants, la diminution drastique des jours de tournage, etc.

Un producteur indépendant a pu annoncer sans être contredit que « le gouvernement est en train de préparer le premier plan social de la production, alors que c’est un secteur qui marche », un plan qui pourrait menacer 17000 à 18000 intermittents du spectacle.

Devant des professionnels inquiets, Martin Ajdari, président de l’ARCOM, s’est  voulu rassurant et s’est félicité que Netflix soit devenu désormais le premier financeur privé de la création en 2025.

Toutefois, il a dû reconnaître qu’un euro investi par une plateforme comme Netflix « ce n’est pas exactement la même chose qu’un euro investi par France Télévisions, TF1 ou Canal+ ». 

En effet, le nombre de jours de tournage des plateformes américaines est inférieur, les œuvres sont définies dans des studios par des équipes très formatées et idéologiquement asservies, et, enfin, d’une stratégie économique guidée par la seule rentabilité financière. Il a pu ajouter que les conditions sociales en France et aux Etats-Unis n’ont également rien de commun.

Si les règles de concurrence ne sont pas modifiées, la fiction française sera rapidement en faillite pour le plus grand bonheur de Netflix, Disney ou Prime Video. Pour le plus grand malheur de l’exception culturelle française.

Le Festival de La Rochelle a eu raison de s’alarmer ; hélas, le budget préparé par Sébastien Lecornu ne viendra pas rassurer les professionnels de l’audiovisuel ; bien au contraire.

La seule solution pour la filière audiovisuelle n’est-elle pas de rejoindre les mouvements de contestation qui grandissent aujourd’hui en France ?

Le danger raciste

Emmanuel Macron, ci-devant président de la République, et son premier ministre, exécutant de ses basses œuvres, vont laisser la France dans un piteux état, avec une dette énorme, un chômage en hausse, un pouvoir d’achat en baisse. La colère gronde dans le peuple. Néanmoins, on peut s’interroger : la colère se traduira-t-elle en votes favorables à une quasi ‘’révolution’’ du système libéral ? Rien n’est assuré, d’autant plus que la gauche se chamaille vertement.

L’extrême droite, elle, est à la pointe de la bataille idéologique pour défendre un système à bout de souffle mais qui creuse les inégalités. Sur un fond de racisme (très) inquiétant.

Les racistes ne manquent donc aucune occasion pour avancer leurs idées nauséabondes dans le débat public.

Eric Zemmour, multi-condamné pour provocation à la discrimination raciale, à la haine raciale, à la haine religieuse, à la haine contre les migrants, pour diffamation, injure à caractère raciste, etc. est le parfait exemple de l’immense mansuétude des médias vis-à-vis des ultra-réactionnaires. Zemmour saute sur toutes les occasions ; il vient d’insulter Kylian Mbappé en direct sur BFM TV, sans que les journalistes ne l’interrompent ; ceux-ci sont à la recherche de ‘’bons clients’’ pour créer du ‘’buzz’’ et donc de l’audience, Zemmour en est un. Peu leur importe que les saillies des racistes relèvent de la justice.

Quant à Zemmour, ses condamnations sont une occasion de faire parler de lui. Les chaînes sont ses alliées et donc condamnables comme lui.

Il y a réellement un danger raciste en France aujourd’hui.

La ville de Carcassonne, qui a élu un maire du RN au printemps, en est la plus terrible illustration. Trois événements en apportent hélas la preuve. Un aumônier militaire a fustigé les gauchistes appelés à respirer par le nez et dénoncé « ceux qui mangent de la graine ». Il a prêché le retour des croisades devant un parterre hilare de soldats d’un régiment de paras.

Qu’attend le Vatican pour excommunier cet odieux personnage ?

Quelques jours plus tôt, était dévoilée une vidéo dans laquelle un policier municipal tenait des propos racistes, homophobes et complotistes. Puis, plus tard, c’était un agent de la police nationale qui, devant les caméras, jetait violemment à terre un jeune sans-abri.

Le danger raciste est partout et la parole raciste se libère comme jamais. Pas seulement à Carcassonne.

Les médias ont une large part de responsabilité dans la montée du racisme, de l’homophobie en banalisant les voix d’extrême droite. C’est pourquoi les recrutements de journalistes issus de publications immondes par le service public, radio et télévision, comme Charles Sapin ou Eugénie Bastié, sont autant de provocations. C’est pourquoi les invitations répétées dans les émissions des Zemmour, Onfray, Ménard, Finkielkraut, Houellebecq, Elisabeth Lévy, etc. participent à la banalisation des idées de la droite extrême.

Les démocrates ne doivent rien attendre de Macron, Lecornu, ou des Retailleau, Wauquiez, et encore moins de Le Pen, etc. C’est donc au peuple de dénoncer ce racisme sans limite et de retrouver la voie de la fraternité, celle qui figure sur tous les frontons des établissements publics.

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