Mais qu’arrive-t-il donc aux sénateurs ? Ils viennent de publier un rapport sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs dans lequel ils s’étonnent du « bilan incertain » sur les finances publiques. L’affaire est sérieuse pour que le site de l’Etat, Vie publique, se sente obligé d’en relayer les conclusions.
Le site note en effet : « Bouleversements non anticipés, désorganisations, nouvelles charges… la mise en concurrence du transport ferroviaire de voyageurs porte des risques laissés sans réponse. »
Les rapporteurs ajoutent même que « le système ferroviaire se trouve confronté à une série de forces centrifuges qui menacent sa cohérence et qui pourraient, à terme, fragiliser l’attractivité du train. » Ils soulignent également que « recours à des prestataires externes, dépenses d’investissement (entretien des rames, ventes de billets, par exemple) constituent pour les régions de nouveaux coûts qui ont été sous-estimés. »
Les sénateurs « craignent que les opérateurs privés privilégient les lignes les plus rentables, ce qui ce qui représenterait une charge supplémentaire pour les régions, le risque étant l’abandon des dessertes les moins rentables ou la mise à contribution des contribuables pour financer leur maintien. » Enfin ils ont constaté que « La fragmentation du système résultant de la concurrence risque d’affecter la fluidité des voyages » pouvant entraîner « des risques de balkanisation » qui n’ont pas été suffisamment pris au sérieux.
Dit autrement, la privatisation du transport ferroviaire est un beau fiasco, au milieu duquel les voyageurs et les citoyens seront les seuls perdants. Avec la SNCF.
Alors, oui, qu’arrive-t-il aux sénateurs dont la majorité est très à droite pour dénoncer une aberration voulue par l’Union européenne et applaudie en France par toutes les droites et le centre. Parfois certains socialistes.
On voudrait entendre les élus qui ont voté sans réticence les privatisations de nombreux services publics faire leur mea culpa et revenir en arrière. Ils ne s’y risqueront pas au nom des dogmes du libéralisme. Le rapport des sénateurs restera dans un tiroir ministériel.
Reste à renverser tout ce triste monde et à revenir à la défense de tous les services publics.