La chronique de la sociologue Dominique Méda dans le Monde ne passe pas inaperçue. Sauf dans les principaux médias (contrôlés par les milliardaires) et, hélas, par le service public de l’audiovisuel dont la hiérarchie verrouille toute prise de position un peu iconoclaste.
Dominique Méda, donc, appelle à reconstruire un modèle social français passablement abîmé par le néolibéralisme de présidents de la République successifs, notamment depuis vingt-cinq ans. Vaste programme.
La sociologue écrit : « Toutes les parties doivent maintenant accepter le diagnostic que les enquêtes de la Dares (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) du ministère du travail nous mettent sous les yeux depuis des années, mais qu’une large partie de nos responsables politiques et économiques continue de refuser de voir : nous avons un problème très sérieux de conditions de travail, qui concerne tant les pénibilités physiques et psychologiques que les rémunérations, l’absence de reconnaissance et, finalement, le partage du pouvoir dans l’entreprise. »
Les responsables de la situation ? Le Medef, en premier lieu, et les politiques sociales des présidents ensuite, en particulier celle du président ‘’vertical’’ : « Que dire des quinquennats d’Emmanuel Macron, fondés sur un mépris abyssal pour les partenaires sociaux ? (…) Alors qu’il prétendait imiter le modèle nordique, Emmanuel Macron n’a réussi qu’à abîmer le nôtre, en même temps qu’il salissait l’idée de démocratie sociale. » La condamnation du président est cinglante.
Dominique Méda appelle donc à ouvrir trois chantiers sur les conditions de travail, les classifications des métiers et la démocratisation des entreprises ; sur ce dernier point, les progrès à réaliser sont effectivement énormes tant les salariés et leurs syndicats sont marginalisés par les actionnaires tout-puissants.
Dominique Méda attend beaucoup d’un rapport sur le sujet d’une sociologue belge, Isabelle Ferraras, demandé par la ministre du travail espagnole, la communiste Yolanda Diaz Pérez. Nous aussi.
Le fameux rapport passera-t-il les Pyrénées ?