Blog de Michel Diard

La Chouette qui hioque

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Démocratie dans l’entreprise ?

La chronique de la sociologue Dominique Méda dans le Monde ne passe pas inaperçue. Sauf dans les principaux médias (contrôlés par les milliardaires) et, hélas, par le service public de l’audiovisuel dont la hiérarchie verrouille toute prise de position un peu iconoclaste.

Dominique Méda, donc, appelle à reconstruire un modèle social français passablement abîmé par le néolibéralisme de présidents de la République successifs, notamment depuis vingt-cinq ans. Vaste programme.

La sociologue écrit : « Toutes les parties doivent maintenant accepter le diagnostic que les enquêtes de la Dares (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) du ministère du travail nous mettent sous les yeux depuis des années, mais qu’une large partie de nos responsables politiques et économiques continue de refuser de voir : nous avons un problème très sérieux de conditions de travail, qui concerne tant les pénibilités physiques et psychologiques que les rémunérations, l’absence de reconnaissance et, finalement, le partage du pouvoir dans l’entreprise. »

Les responsables de la situation ? Le Medef, en premier lieu, et les politiques sociales des présidents ensuite, en particulier celle du président ‘’vertical’’ : « Que dire des quinquennats d’Emmanuel Macron, fondés sur un mépris abyssal pour les partenaires sociaux ? (…) Alors qu’il prétendait imiter le modèle nordique, Emmanuel Macron n’a réussi qu’à abîmer le nôtre, en même temps qu’il salissait l’idée de démocratie sociale. » La condamnation du président est cinglante.

Dominique Méda appelle donc à ouvrir trois chantiers sur les conditions de travail, les classifications des métiers et la démocratisation des entreprises ; sur ce dernier point, les progrès à réaliser sont effectivement énormes tant les salariés et leurs syndicats sont marginalisés par les actionnaires tout-puissants.

Dominique Méda attend beaucoup d’un rapport sur le sujet d’une sociologue belge, Isabelle Ferraras, demandé par la ministre du travail espagnole, la communiste Yolanda Diaz Pérez. Nous aussi.

Le fameux rapport passera-t-il les Pyrénées ?

Les libertés reculent

Trump, Poutine, Orban, Erdogan, Milei et leurs collègues de l’internationale obscurantiste partagent les mêmes obsessions, à savoir le recul des libertés individuelles et collectives. Mais avec eux, tout recul est insuffisant et en appelle un autre, puis un autre.

Trump, l’insaisissable et l’imprévisible, donne le ton. Et quel ton ! Il va bombarder les prétendus bateaux de narco-trafiquants au long des côtes du Venezuela ; il menace les maires des grandes ville gérées par les démocrates et, vraiment mesquin, il vient de retirer son visa à Wole Soyanka (91 ans), l’immense écrivain nigérian, prix Nobel de littérature en 1986. Le crime de Soyanka est énorme : il a osé comparer le président américain au dictateur ougandais Idi Amin Dada, au pouvoir entre 1971 et 1979.

Le Nigérian a pris cette mesure de rétorsion avec beaucoup d’humour et s’en est même déclaré très satisfait. Comment ne pas lui donner raison ; néanmoins, il serait bon de s’interroger sur le cas du régime américain où le président peut annuler un visa à tout moment et à sa discrétion.

En France, où le président ne manque pas une occasion de louer notre démocratie, on peut craindre pour l’avenir.

La galaxie de Vincent Bolloré réduit la liberté d’expression à ses amis, idéologues de la France judéo-chrétienne de race blanche. La prestigieuse maison d’édition Fayard qui publiait Hannah Arendt, Pierre Bourdieu, François Bon, Yves Coppens, Régis Debray, Julia Kristeva, Jack London, se fourvoie en éditant Jordan Bardella, Philippe de Villiers, Eric Zemmour, c’est-à-dire les porte-parole de la fachosphère.

Eric Zemmour se distingue par ailleurs, grâce à son réseau de l’association des parents d’élèves d’extrême droite Parents vigilants. Ceux-ci font la chasse aux enseignants qui donnent à étudier des livres non conformes à leur vision du monde chrétien. Ils n’hésitent pas à saisir les rectorats pour demander l’interdiction d’un livre, mettant en cause la liberté pédagogique et la liberté de lire, comme aux Etats-Unis.

Pour préserver toutes nos libertés, la vigilance doit être permanente pour dénoncer les haines, le racisme, le sexisme, etc. Il ne faut rien abandonner aux fascistes. Rien.

Combattre la guerre

Capitalisme en crise partout. Régimes autoritaires partout. Discours guerriers partout.

Le lexique guerrier s’enrichit chaque jour et celui d’Emmanuel Macron est l’un des plus imagés. Il appelle chacun à être à son poste de combat, car, pour lui, notre liberté est menacée comme jamais depuis 1945. Le président de la République a décrété que les conflits sont multiformes et que, pour être libres dans ce monde, il faut être craints et pour être craints, il faut être puissants. 

Tout naturellement donc, il a applaudi à la demande de Donald Trump à tous les pays de l’OTAN de porter l’effort d’armement à 5 % du PIB pour faire face à toutes les menaces. L’un des responsables du creusement de la dette de la France de plus de 1000 milliards d’euros trouve des milliards et fait appel au patriotisme et aux sacrifices.

Voilà qui est clair : citoyens, acceptez les sacrifices, nous, les dirigeants, veillons à assurer la défense des libertés et au diable les acquis sociaux. 

Leur effort belliciste justifie tout, jusqu’au sacrifice. Partout ? Presque, car en Espagne le premier ministre s’est refusé à entrer dans la spirale guerrière.

Les vendeurs d’armes continuent donc de s’engraisser et de surarmer des esprits belliqueux.

Les dictateurs alimentent quotidiennement la course à l’armement. Vladimir Poutine annonce les essais d’un nouveau missile à propulsion nucléaire, unique que personne au monde ne possède, baptisé oiseau de tempête.

Donald Trump réplique immédiatement en intimant l’ordre à son ministre de la guerre de recommencer à tester les armes nucléaires, 33 ans après les avoir abandonnés.

Un vent mauvais souffle sur le monde à l’ère nucléaire. On voudrait que nos dirigeants ne soient pas des émules du Dr Folamour et que nos craintes sont vaines d’être, demain, les victimes non consentantes des jeux prétendument diplomatiques de quelques autocrates paranoïaques ; mais est-on rassuré pour autant.

Nous avons à combattre le réarmement fou qui mobilise des milliards et à rejoindre le mouvement pacifiste.Vaste programme

Ludi et ludicra

Donald Trump se balade en Asie et continue à déverser ses prodigieuses âneries habituelles ; il se donne une posture digne du personnage qu’il croit être, sans craindre le ridicule.

L’Assemblée nationale, de son côté, continue à tergiverser sur le budget de la France pour mieux masquer les compromissions (et non les compromis) dont le pauvre peuple sera la victime.

Ici et là, rien ne trouble les milieux d’affaires qui continuent, eux, à faire leurs affaires. Amazon annonce froidement sa volonté de licencier 30 000 salariés. La bourse de Wall Street s’en réjouit et l’action de la firme de Jeff Bezos gagne 1,23 %. Les salariés sont appelés à être remplacés par des robots guidés par l’intelligence artificielle, qui, elle, ne revendique pas.

Les milieux financiers n’ont vraiment aucune morale !

En France, l’ami de Nicolas Sarkozy, Stéphane Courbit, vient de racheter Tipico, leader des paris sportifs allemands pour le fusionner avec sa filiale Betclic.

La holding, Banijay Group (géant de l’audiovisuel), devient ainsi le 4eme acteur européen dans le domaine des paris sportifs et des jeux d’argent et espère des ‘’synergies annuelles’’ d’environ 100 millions d’euros à moyen terme.

Les promoteurs de cette nouvelle concentration n’ont pas encore annoncé le nombre de licenciements engendré par les synergies. On attendra donc encore quelques mois et la finalisation du processus.

Etats-Unis et France n’ont pas de budget, mais les affaires de multinationales sont florissantes. Les citoyens, eux, sont réduits à observer ce grand jeu dérisoire (et obscène) de Monopoly. Ils sont invités à suivre les lois des ‘’grands’’ dirigeants, comme dans la Rome antique ; l’expression panem et circenses (ou plus exactement ‘’du pain et des jeux et le peuple sera content’’) a été transformée en ludi et ludicra (des jeux et du divertissement), c’est-à-dire des paris sportifs et des séries niaises sur son Iphone ou son téléviseur. 

Quel recul de société !

Sans compromis

On peut s’attendre au pire à l’issue des débats parlementaires sur le budget et sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale.

La taxe Zucman est quasiment enterrée avec la proposition de Parti socialiste d’une taxe ‘’allégée’’. L’auteur de la proposition de taxe sur les grandes fortunes dénonce les manœuvres visant à épargner les ultra-riches. Sur les réseaux sociaux il fustige la présentation d’une coquille vide comme une avancée sociale pour, aussitôt, dénoncer : « C’est donc aux autres catégories sociales qu’il est demandé de faire des efforts. »

Celui que Bernard Arnault accuse d’être un militant d’extrême gauche qui veut détruire l’économie libérale a eu une réponse cinglante dans un entretien avec L’Humanité : « Je vais citer le Financial Times, qu’on ne peut accuser de sympathie communiste : « La France se caractérise par l’emprise de ses milliardaires sur la vie économique et la vie politique de la nation. » Il faut donc mener ce combat difficile pour élargir le champ de la démocratie. Nous pourrions rester entre chercheurs dans notre tour d’ivoire mais il est de notre devoir de contribuer à l’appropriation culturelle de ces savoirs, en l’occurrence l’ampleur de l’évasion fiscale. »

Un autre économiste, Michaël Zemmour, dénonce d’autres manœuvres visant, celles-là, à suspendre la réforme des retraites, non à la supprimer.

Michaël Zemmour affirme que, en l’état des propositions la réforme s’appliquera, intacte, avec une génération de décalage, ajoutant : « Ce n’est pas rien, mais c’est tout. En particulier, les fondements de la réforme ne sont en rien remis en cause. La marche à 64 ans reste inscrite dans la loi, et toutes les personnes âgées de moins de 60 ans aujourd’hui continueront de voir leur âge de départ progressivement décalé pour atteindre 64 ans à la génération 1969. Pour arrêter cette marche, il faudrait une nouvelle loi. »

Ce que Emmanuel Macron, son gouvernement, les Républicains et le président du Sénat, Gérard Larcher, refusent.

Alors, il serait temps pour la gauche de se ressaisir et de ne pas se discréditer dans ce qu’elle appelle les compromis ; la gauche s’est toujours honorée de défendre les acquis sociaux les plus élémentaires et d’en conquérir de nouveaux en luttant contre l’exil et la fraude fiscale des ultra-riches.

Gabriel Zucman assène des vérités qui font éructer Bernard Arnault et les autres milliardaires : « La taxe permettrait aux milliardaires d’entrer dans le champ de la solidarité nationale, à laquelle ils ne participent pas aujourd’hui. Plus d’un siècle après sa création, l’impôt sur le revenu reste une révolution démocratique inachevée dans la mesure où les très riches ne sont pas concernés. »

La gauche doit entendre ces vérités et appeler les citoyens à la mobilisation. Sans compromis.

Jours de France

« Quelle semaine ! On a vu en direct Sarkozy sortir de chez lui aux bras de Carla. On a vu en boucle la manifestation organisée par le fiston dans le très chic 16e arrondissement de la capitale. On a vu des dizaines de motards et de voitures de police escorter la berline noire de l’ancien président jusqu’à la Santé. On ne l’aura pas vu franchir à pied les portes de la prison. On a entendu Darmanin annoncer sa visite au parloir du prisonnier Sarkozy. On a appris que deux officiers de police dormiraient dans la cellule voisine pour assurer sa protection. 

On a vu, sur tous les plateaux de télévision – privée et publique –, la France médiatique en édition spéciale raconter son ressenti, crier à l’injustice ; d’anciens détenus VIP raconter l’épreuve de la première nuit. On a entendu Macron s’interroger sur l’exécution provisoire, parler de « l’émotion légitime de proches et d’une partie du pays »

Et une Marine Le Pen dénoncer « la généralisation de l’exécution provisoire », qui « représente un grand danger ». Tous ceux-là se sont bien gardés d’évoquer le casier judiciaire de Nicolas Sarkozy, déjà condamné pour corruption, financement illégal et cette fois-ci pour association de malfaiteurs.

Pendant ce temps-là… On prend les mêmes au gouvernement et on recommence. On suspend la réforme des retraites. On ne suspend plus la réforme des retraites. Casse du siècle au Louvre, les bijoux de l’impératrice ont disparu. La presse s’émeut : « Ils ont volé l’histoire de France. » Israël signe un cessez-le-feu à Gaza, Netanyahou saborde le cessez-le-feu. Les colons arrachent les oliviers dans les territoires occupés de Cisjordanie et terrorisent les paysans palestiniens. Trump veut faire main basse sur l’Amérique latine. Poutine et Trump jouent avec l’Ukraine, mais pas avec le pétrole.

Pendant ce temps-là… La GenZ partout se soulève. À Madagascar, au Népal, au Maroc, en Tunisie, en Indonésie. Également en France ou aux États-Unis, dans la rue ou dans les universités. Ils ont 20 ans. Toute une génération qui brandit le drapeau pirate de One Piece ou le keffieh palestinien pour remettre dans l’actualité les fondamentaux : l’éducation, la santé, le logement, la paix et la justice. »

Je n’ai pas écrit cet excellent billet ; il s’agit de l’éditorial de L’Humanité d’aujourd’hui. Il est l’œuvre de Marie-José Sirach, l’excellente journaliste. J’en partage toutes les lignes, toutes les idées ; rien à enlever. Voilà un éditorial qui laisse espérer : il n’y a pas que des journalistes aux ordres dans la presse française, il y a aussi des journalistes qui informent et le font en conscience. Mais oui.

Je lui rends hommage en le publiant in extenso. 

Quelle muflerie !

Nicolas Sarkozy, ça suffit.

L’ancien président de la République a organisé son incarcération comme un spectacle ; en soi, c’est scandaleux. Que ses thuriféraires se rassemblent est indécent.

Mais que les médias se prêtent à cette mise en scène est inacceptable.

Le journalisme a des règles ; les journalistes doivent respecter la hiérarchie de l’information et donner une information complète, vérifiée et mise en perspective.

Dans le scénario écrit par Nicolas Sarkozy, son entourage, ses piètres avocats et les médias, un élément, qui n’est pas un détail, a été oublié : s’il est incarcéré aujourd’hui c’est en raison de la particulière gravité des faits qui lui sont reprochés, à savoir association de malfaiteurs. La décision du tribunal ne repose pas sur rien, elle est forte de 380 pages.

La profession de journaliste a failli et a volé au secours de toute cette bourgeoisie qui tremble pour ses privilèges et n’accepte pas les règles juridiques quand elles s’appliquent à elle aussi.

Les journalistes auraient pu rappeler que la notion de mandat de dépôt différé (qui a envoyé Sarkozy en prison) a été introduite dans la loi du 23 mars 2019 et qu’elle est le fruit d’une politique de plus en plus répressive et autoritaire portée par la droite et Sarkozy lui-même depuis plusieurs années (lorsqu’il était ministre de l’intérieur puis président de la République).

Alors, assez de mufleries, assez d’indécence, assez de mauvais spectacle.

La France, aujourd’hui, donne une piètre image du pays des droits de l’homme, avec Macron, avec Sarkozy. Il est temps de rappeler à cette riche bourgeoisie rabougrie que les privilèges féodaux ont été aboli la nuit du 4 août 1789.

Il s’appelait Mamadou

C’est l’histoire hélas cruellement banale d’un pauvre gosse qui avait réussi à fuir son pays, la Guinée, en 2019, à 15 ans. Le témoignage de son comité de soutien est édifiant du climat dans lequel vivent ces jeunes immigrés :

« Mamadou Garanké Diallo est arrivé en France en 2019 alors qu’il n’avait que 15 ans. Pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), le Guinéen suit un CAP dans les métiers de bouche et est embauché en 2020 comme apprenti dans une boucherie de Darnetal, près de Rouen (Normandie). En 2023, à ses 18 ans, comme beaucoup de nouveaux majeurs étrangers, le jeune homme reçoit une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), finalement annulée après à une mobilisation citoyenne. Grâce à une pétition lancée par son employeur et des habitants de sa ville ainsi qu’un courrier au préfet signé par le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et plusieurs députés, Mamadou Garanké Diallo obtient un titre de séjour temporaire. Ce document lui permet de retrouver son emploi dans la boucherie de Darnetal. « C’était un jeune très sérieux, qui voulait rester en France. Il était aimé de tous ici », explique à InfoMigrants Franck Bécu, le patron de la boucherie. « C’était un peu comme mon gamin, on s’appelait souvent et on se voyait en dehors du travail », continue-t-il. « Mamadou était un exemple d’intégration et était devenu indispensable à la boucherie », note Alain Havel, du comité de soutien. Mais en mai dernier, tout s’effondre : Mamadou Garanké Diallo est contrôlé dans les rues de Rouen, et n’avait pas sur lui son récépissé de demande de titre de séjour. Quelques jours après son interpellation, le Guinéen reçoit une deuxième OQTF « sur les mêmes bases [que la première] et parce qu’il ne disposait ni d’un visa long séjour ‘salarié’, ni d’une autorisation de travail », a indiqué à l’AFP la préfecture de Seine-Maritime. Craignant d’être renvoyé dans son pays (« Je sais ce qu’est la souffrance de rester chez nous. Ma famille n’a rien au bled », témoignait alors le jeune Guinéen.’’), un jour de juin, sans prévenir personne, le jeune homme a rejoint le nord de la France dans le but d’atteindre le Royaume-Uni, espérant une reconnaissance qu’il n’avait pas eue ici et qu’il espérait obtenir là-bas. »

Mamadou, 21 ans, a été retrouvé mort, probablement percuté par un camion, le 17 septembre dernier vers 3h du matin près d’une sortie d’autoroute à Loon-Plage (Nord), à proximité d’un camp de migrants de Dunkerque. Découvert sans ses papiers, son identité n’a été révélée que début octobre.

Sa mort a provoqué la colère dans la région où il s’était parfaitement intégré. 

Son comité de soutien « en veut à Bruno Retailleau, au préfet, au système… On voit bien qu’une dérive répressive se met en place contre ces jeunes exilés. Et tout le monde en fait les frais. Les services de l’État vont même jusqu’à s’acharner sur des jeunes intégrés, qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui font tourner l’économie. C’est scandaleux ».

Cet exemple est scandaleux et nous avons collectivement une responsabilité dans le décès de Mamadou, fauché en pleine jeunesse, avec la bénédiction des Retailleau, Darmanin, et ceux qui ne supportent pas de voir des immigrés trouver refuge en France, le pays des droits de l’homme. Des droits de l’homme à reconquérir en chassant des arcanes du pouvoir le RN, Ciotti, qui, quotidiennement, déversent leur idéologie nauséabonde dans tous les médias.

Il s’appelait Mamadou et il ne doit pas être mort pour rien.

Léa Salamé, dehors !

La colère gronde à la rédaction de France 2. L’audience du JT de 20 heures s’effondre et Léa Salamé multiplie les erreurs qu’on ne supporterait pas d’un débutant.

Le 15 septembre, elle a osé évoquer la rupture de Marion Cotillard avec Guillaume Canet (« On a appris cet été votre séparation après 18 ans de vie commune […] Je voulais juste savoir comment, si vous alliez bien Marion Cotillard ? » avant de se faire rabrouer fermement et justement par l’actrice.

Quelques jours plus tard, le 26 septembre, invité à commenter la condamnation de Nicolas Sarkozy, elle interpelle son invité en ces termes : « Claude Guéant, encore un dernier mot sur cette condamnation ? ». Le dialogue qui suit est surréaliste : « Ce n’est pas moi. », dit l’invité ; la journaliste répond alors : « Oh, pardon ! Henri Guaino, pardonnez-moi ».

Enfin, dernier épisode des ‘’erreurs’’ du service public, le 13 octobre, Juilan Bugier à 13 heures et Léa Salamé à 20 heures ont commis la même bourde (énorme) en confondant les deux professeurs assassinés, Samuel Paty et Dominique Bernard.

Les organisations sont montées au créneau, l’une écrivant que « L’erreur a été signalée “en direct” à la régie par le présentateur durant le 13 heures, et la direction a littéralement refusé de faire amende honorable à l’antenne à la fin du 13 heures. […] Après le 13 heures, sans être alerté par la direction, qui a voulu étouffer l’erreur commise au 13 heures, le 20 heures a fait un simple copié-collé de la brève. »

Une autre mettant en cause non seulement les journalistes, mais aussi la hiérarchie : « Malgré toute la cohorte de chefs et de directeurs qui relisent la moindre virgule. C’est grave (…) Ce ne sont plus les journaux de la rédaction, mais du petit groupe de décideurs éditoriaux. La conséquence est visible à l’antenne : aucune diversité, récurrence des sujets autour […] des faits divers, de la consommation et du people… »

Quoi qu’il en soit, les présentateurs des JT, grassement payés, comme des stars, ont le devoir de vérifier l’information.

Léa Salamé est coutumière des bourdes et erreurs. ‘’Son’’ journal est nul ; elle aussi.

Il est temps d’envoyer la star relire les leçons de journalisme, notamment le chapitre sur la vérification de l’information et celui consacré à sa hiérarchisation.

Mais, pour l’heure, je n’ai qu’un mot à dire : Léa Salamé, dehors. Laissez votre fauteuil royal à des serviteurs de l’information, c’est-à-dire à de vrais professionnels. Il en va de la crédibilité du service public.

La colère du peuple

Décaler n’est pas bloquer, ni abroger. Et pourtant, de nombreux commentaires osent prétendre que la suspension de la réforme des retraites est un succès considérable, pour certains, de leur parti, pour d’autres, des salariés.

Le gouvernement a semblé céder pour entretenir un écran de fumée. Au moins un syndicat et au moins un parti ont mordu à l’hameçon tout en s’en défendant.

La suspension de la réforme demandée par tous les syndicats n’est en réalité qu’un décalage de son application, comme l’écrit très justement la CGT.

Le gouvernement Lecornu a sauvé sa peau, mais dans le pays la colère ne cesse d’enfler et d’enfler partout : dans les entreprises (où le moral est au plus bas), dans les services publics, dans les lycées et les universités, chez les jeunes et les retraités, qui refusent l’austérité quand les ultra-riches se gavent de milliards.

Quant au projet de budget, il est selon les mots employés par Sophie Binet, catastrophique et dangereux.

Le projet de budget est ultra-violent pour les Français de peu, avec le gel des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires, la désindexation des pensions de retraites, la suppression de plus de 3000 postes dans la fonction publique, le doublement des franchises médicales et la baisse du budget de la santé et des hôpitaux. Et bien d’autres mesures.

Le monde du travail a tout à redouter de ce budget, identique aux précédents de Bayrou ou Barnier. On y retrouve la même logique de faire payer les salariés plutôt que de s’attaquer aux profits et aux dividendes des grands groupe. On y retrouve la même logique d’un pouvoir économique et financier qui dicte la ligne politique.

Ne pas voir la réalité en face est une faute grave pour un parti politique qui se veut parti de gouvernement. Au jour d’aujourd’hui, on ne peut plus se targuer de vouloir gérer le capitalisme quand le système est aussi inégalitaire, perverti, compromis, pourri, pour le profit de quelques-uns seulement.

Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple est une idée jeune et moderne, la seule pour sauver la planète et le devise de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité.

Allons, socialistes, réveillez-vous !

La Terre brûle

La Terre brûle et les principaux dirigeants regardent ailleurs, bombardant, surarmant leurs troupes, préparant la guerre, se refusant à voir la réalité et à écouter les scientifiques, à l’image de l’analphabète Donald Trump.

A la veille de l’ouverture de la COP30 à Belém au Brésil, 160 scientifiques viennent de publier un ‘’Rapport mondial sur les points de basculement 2025’’ pour nous rappeler combien les écosystèmes approchent des seuils dangereux. Entre autres, ils attirent notre attention sur le « dépérissement sans précédent des récifs coraliens, affectant la subsistance de centaines de millions de personnes qui en dépendent ».

Ces 160 scientifiques veulent encore croire à un sursaut pour passer, disent-ils, « de la peur à l’espoir » ; ils veulent encore croire que leurs dénonciations des dommages irréversibles « peuvent propulser les sociétés vers un développement sobre en carbone et résilient et une prospérité inclusive ».

Le président de la COP30, le Brésilien André Aranha Correa do Lago, rappelle que les pays du Sud « sont au cœur de cette entreprise et des pionniers ». Pour autant, seront-ils entendus par les dirigeants des pays du Nord, égocentriques et climato-sceptiques ?

Donnald Trump, Vladimir Poutine, Xi Jinping, Emmanuel Macron et tous les autres ont ‘’torpillé’’ l’Accord de Paris, trop soucieux de défendre leur modèle de développement. Ils ne sont pas prêts à entendre les scientifiques. En revanche, c’est aux peuples à prendre conscience de la catastrophe annoncée, pour les contraindre à reconnaître qu’il est temps d’agir et d’agir ensemble.La Terre brûle, sauvons-la, ensemble 

Pauvre France

Qui aurait pu imaginer un président de la République condamné pour association de malfaiteurs à une peine de prison ferme ?

Qui aurait pu imaginer un président de la République organisant un pot pour son départ à la prison dans un lieu huppé du Bois de Boulogne en rassemblant le gratin de la haute bourgeoisie, de la politique et des affaires ?

Je n’ai jamais apprécié Nicolas Sarkozy qui traîne derrière lui tant de ‘’gamelles’’ et d’histoires tordues. Je crois que je vais le haïr chaque jour davantage.

Mais je vais honnir aussi ceux qui sont allés l’applaudir aux Salons des Etangs, lieu de rencontre de tout ce que j’exècre dans ce monde, quand Nicolas le petit a osé se proclamer une nouvelle fois innocent et victime d’une injustice. 

Nicolas Sarkozy multiplie les contre-vérités et remet en cause l’idée même d’égalité devant la loi. Un juriste, Vincent Sizaire a écrit que les modalités de condamnation de l’ex-président « sont appliquées tous les jours à des centaines de justiciables sous l’oeil courroucé des éditorialistes et gouvernants qui fustigeaient jusqu’alors une justice laxiste. »

Pour le juriste, « l’exécution provisoire qui assortit la condamnation de l’ancien chef de l’Etat – comme celle de la présidente du Rassemblement national (RN) – constitue une mesure particulièrement commune pour ne pas dire tristement banale ».

Nicolas Sarkozy, avocat, ne peut pas l’ignorer, mais il persiste dans le déni et pour une justice inégalitaire. Il dévoile sa véritable personnalité en exprimant son opposition viscérale à l’idée même d’égalité devant la loi.

Le peuple de France avait élu un homme de peu de scrupules à la plus haute fonction de la République. Hélas. Pauvre France.

La vraie nature de la démocratie

J’observe le monde et je me sens incapable d’écrire. Partout, tout déraille. De Paris (où Macron est de plus isolé) à Gaza (où les bombardements ont cessé, certes, mais où tout n’est que champ de ruines). De Madagascar à Kiev ; de Rabat à Washington (où Trump, fournisseur d’armes au monde entier, mais surtout à Israël, ose réclamer le prix Nobel de la Paix). De Nouméa (où on refuse de reconnaître le droit à l’autodétermination aux indigènes) à Oslo (où de supposés faiseurs de paix décernent le prix Nobel à une militante obscurantiste d’extrême droite).

Le monde est-il devenu fou ? Non, c’est le système capitaliste qui déraille.

Et j’ai retrouvé un très beau texte de José Saramago, écrit en 2008 :

« Comme c’est toujours le cas et comme ce sera toujours le cas, la question centrale de toute organisation sociale humaine, dont découlent toutes les autres et à laquelle toutes finissent par concourir, est la question du pouvoir, et le problème théorique et pratique qui se pose à nous consiste à identifier qui le détient, à vérifier comment il y est arrivé, à contrôler l’usage qu’il en est fait, les moyens dont il se sert et les fins qu’il vise. Si la démocratie était de fait ce que nous persistons à dire avec une naïveté vraie ou feinte, le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, tout le débat sur la question du pouvoir perdrait alors son sens dans la mesure où le pouvoir résidant dans le peuple, c’est au peuple qu’il reviendrait de l’administrer, et le peuple administrant le pouvoir, il est clair qu’il ne devrait le faire que pour son bien et pour son bonheur à lui, car ce que j’appelle sans aucune prétention de rigueur conceptuelle, la li de la conservation de la vie l’y obligerait. Or, seul un esprit pervers, panglossien jusqu’au cynisme, oserait prêcher le bonheur d’un monde dont personne, au contraire, ne devrait exiger que nous l’acceptions tel qu’il est, pour le simple fait qu’il est supposé être le meilleur des mondes possible. C’est la situation propre et concrète du monde dit démocratique qui veut que s’il est vrai que les peuples sont gouvernés, il est vrai aussi qu’ils ne le sont pas par eux-mêmes ni pour eux-mêmes. Ce n’est pas en démocratie que nous vivons, c’est bien plutôt dans une ploutocratie qui n’est plus locale ni proche, mais qui est devenue universelle et inaccessible. »

Les fameux ‘’marchés’’ dictent tout aux gouvernements dits démocratiques ; le pouvoir a été accaparé par le monde économique et financier, qui n’est pas démocratique.

Le soulèvement de Jane Fonda

Jane Fonda brandit l’étendard de la révolte contre Trump comme son père l’avait fait pendant l’ère McCarthy. Elle a été rejointe par 550 artistes, comédiens, écrivains, réalisateurs, producteurs, musiciens, parmi lesquels Anjelica Huston, Barbra Streisand, Jamie Lee Curtis, Natalie Portman, Nicolas Cage, Rosanna Arquette, Sally Field, Sean Penn, Spike Lee, Susan Sarandon, 

Ces opposants à la politique liberticide de Trump ont décidé de relancer le ‘’Comité pour le premier amendement’’ et créé un site.

L’initiative est importante et significative d’un réveil de l’opinion américaine après le moment de sidération consécutif à l’élection de Donald Trump. Il n’est pas anodin que Jane Fonda en prenne l’initiative, elle a été de tous les combats pour la Liberté, toutes les libertés. 

L’appel du 1er octobre 2025 pour cette relance est appelé à devenir un symbole pour la liberté et contre le fascisme de Trump ; le texte est à lire et à diffuser largement.

« 1er octobre 2025 : Aujourd’hui, nous relançons le Comité pour le premier amendement. 

Ce comité a été initialement créé pendant l’ère McCarthy, une période sombre où le gouvernement fédéral réprimait et persécutait les citoyens américains pour leurs convictions politiques. Ils ont ciblé des élus, des fonctionnaires, des universitaires et des artistes. Ils ont été mis sur liste noire, harcelés, réduits au silence et même emprisonnés. 

L’ère McCarthy a pris fin lorsque les Américains de tout le spectre politique se sont finalement rassemblés et ont défendu les principes de la Constitution contre les forces de répression.

Ces forces sont revenues. Et c’est à notre tour de nous unir pour défendre nos droits constitutionnels. 

Le gouvernement fédéral est une fois de plus engagé dans une campagne coordonnée pour faire taire les critiques au sein du gouvernement, des médias, de la magistrature, du milieu universitaire et de l’industrie du divertissement. 

Nous refusons de rester les bras croisés et de laisser cela se produire. La liberté d’opinion et la liberté d’expression sont les droits inaliénables de tous les Américains, de toutes origines et de toutes convictions politiques, peu importe à quel point vous êtes libéral ou conservateur. La capacité de critiquer, de remettre en question, de protester et même de se moquer de ceux qui sont au pouvoir est fondamentale pour ce que l’Amérique a toujours aspiré à être. 

Nous comprenons qu’il s’agit d’un moment effrayant et déroutant pour beaucoup de gens. Nous reconnaissons que nous ne représentons qu’un groupe parmi tant d’autres qui sont menacés à l’heure actuelle. Dans les salles de classe, les bibliothèques, les usines, les entreprises et les lieux de travail de toutes sortes, les Américains de tous les horizons sont également confrontés à l’intimidation et à la censure – et nous sommes à leurs côtés.

Nous savons que la solidarité fait le pouvoir et que le nombre fait la force. Nous serons unis, farouchement unis, pour défendre la liberté de parole et d’expression contre cet assaut. Il ne s’agit pas d’une question partisane. C’est pourquoi nous exhortons tous les Américains qui se soucient du Premier amendement – la pierre angulaire de notre démocratie – et tous les artistes du monde entier qui considèrent les États-Unis comme un phare de la liberté à nous rejoindre.

Et à ceux qui profitent de notre travail tout en menaçant les moyens de subsistance des travailleurs ordinaires, en se pliant à la censure gouvernementale et en se recroquevillant devant l’intimidation brutale : nous vous voyons et l’histoire ne l’oubliera pas. Ce ne sera pas la dernière fois que vous entendrez parler de nous. »

En espérant que la lecture de cet appel réveille toutes les bonnes consciences de gauche en France pour contester la politique liberticide, autoritaire et austéritaire d’Emmanuel Macron.

Du rôle de la crise

Timothy Snyder est un historien américain ; il enseigne à Yale et à Vienne, en Autriche. Il vient de publier dans le Monde une tribune qui ne laisse pas indifférent ; le titre, très long, annonce la couleur : « Se laisser impressionner par les démonstrations de force de Trump, c’est accompagner une transition vers l’autoritarisme ».

Le décor est planté.

Snyder dénonce « les décisions prises ces derniers mois durant la seconde présidence de Donald Trump (qui)laissent peu de doutes quant aux objectifs du président américain : affaiblir les Etats-Unis à l’étranger pour créer un environnement favorable aux despotes, tout en usant de l’Etat et des forces armées pour instaurer une dictature à l’intérieur du pays. »

Néanmoins, il appelle à la résistance : « La réussite de ce projet dépend du choix que nous ferons de regarder en face cette situation. »

Il s’oppose fortement aux démonstrations de force de la garde nationale dans les villes dirigées par des élus démocrates ; ces déploiements sont illégaux, mais il s’interroge : « Mais de quel type de force parlons-nous ? De quel type de démonstration ? Et comment pouvons-nous voir la situation autrement que comme un spectacle dans lequel nous n’aurions aucun rôle à jouer ? »

Il appelle les Américains à ne pas céder à l’intimidation en usant « de notre raison mais aussi de notre inventivité. Cela signifie d’abord de refuser d’être entraînés dans le « show » de Donald Trump. »

Même s’il considère que « les gouvernements étatiques démocrates qui font obstacle à l’autoritarisme », Timothy Snyder, fait en creux le procès du parti démocrate, absent dans la défense des droits humains les plus élémentaire depuis la défaite de Kamala Harris. La génération Z lui en tient rigueur, à juste titre. Et quand un jeune ‘’socialiste’’, Zohran Mamdani, remporte la primaire à la mairie de New York, la vieille garde démocrate se range derrière Andrew Cuomo, l’ex-gouverneur démocrate de l’état de New York, qui lui-même s’est allié à Trump pour faire barrage à son jeune adversaire.

Dans la revue Jacobin, Nick French peut écrire : «Une aile socialiste progressiste et démocratique – représentée par Bernie Sanders, Alexandria Ocasio-Cortez et maintenant Mamdani – a tenté de capter l’énergie des jeunes et des électeurs mécontents en poussant le parti dans une direction populiste anti-entreprise et économique. Cet effort a bien sûr été farouchement combattu par les donateurs corporatifs et ultra-riches du parti et par les démocrates de l’establishment comme Cuomo et les Clinton. Cette bataille de factions explique également pourquoi les principaux démocrates de New York, y compris la gouverneure Kathy Hochul et les chefs du parti au Congrès Chuck Schumer et Hakeem Jeffries, ont jusqu’à présent refusé de soutenir Mamdani malgré sa victoire décisive aux primaires. »

Aux Etats-Unis, les démocrates centristes préfèrent MAGA au socialisme ; ailleurs, les sociaux-démocrates sont toujours prêts à gérer le capitalisme.

L’histoire semble bafouiller, mais bafouillera-t-elle encore longtemps ? La crise du capitalisme s’approfondit tellement.

Les masques tombent

Pourquoi la France n’a-t-elle toujours pas de gouvernement ? Question judicieuse quand on sait que Sébastien Lecornu a été nommé le 9 septembre. Mais question un peu saugrenue quand on sait que le frétillant président de la République est prêt à tout pour tenter de sauver la fin de son mandat.

Le temps des tractations s’éternise avec le Rassemblement national pour éviter une nouvelle motion de censure.

Le temps des magouilles d’Emmanuel Macron avec Marine Le Pen est une honte pour celui qui voulait marginaliser l’extrême droite.

Le locataire de l’Elysée feint de regarder ailleurs et il pérore à Bruxelles, à l’ONU, au Danemark, en Pologne. Il croit tromper les Français, mais ceux-ci se mobilisent pour la troisième fois en quinze jours et leur colère s’exprime. Ils savent que les magouilles avec la famille Le Pen se feront sur leur dos, c’est-à-dire sur leurs salaires, sur leurs retraites, sur leurs libertés, sur leurs emplois.

Combien va coûter à chaque citoyen la pantomime qui s’est déroulée au sein du Palais-Bourbon, où Macron a dû abandonner deux vice-présidences et deux postes de secrétaires au tandem Le Pen-Bardella ?

Pitoyable spectacle que ce jeu de rôles, qui tourne le dos à la gauche, seule adversaire de Macron !

Les masques tombent. En fait, non, ils sont tombés depuis plusieurs années et, aujourd’hui, les masques sont piétinés.

Les errances de Valérie Pécresse

Les maisons départementales des personnes handicapées ont été créées par une loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Elles fonctionnent comme guichet unique pour prendre en charge les démarches liées aux différentes situations.

L’initiative répondait à un véritable besoin. Or, voici que la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse vient de prendre le 19 septembre la décision scandaleuse de supprimer les aides aux huit Maisons départementales, mises en place en 2014 par les élus de gauche. Soit 2 millions d’euros.

Dix jours plus tard, la même Valérie Pécresse annonçait la baisse de 15 % des places financées par la Région dans les centres d’orientation et de formation des personnes handicapées.

Les deux décisions en disent long sur le caractère discriminatoire de la droite francilienne vis-à-vis du handicap, mais aussi sur tout ce qui concerne la politique sociale.

De l’argent, en revanche, Valérie Pécresse sait en trouver pour répondre aux appétits de ses amis boursicoteurs, financiers, personnages dits libéraux.

Ce 1er octobre, elle vient de livrer les 600 hectares de l’Île des loisirs de Saint-Quentin-en Yvelines à un consortium très majoritairement privé (UCPA, Dalia SAS, Bluegreen European Holding et la SEM Île-de-France Loisirs, qui voit grand et, surtout, au seul bénéfice de la bonne bourgeoisie qui viendra s’adonner au golf, aux activités ludiques aux tarifs prohibitifs, etc.). Les loisirs des riches sont prioritaires aux yeux de l’innommable présidente de Région

Pour que le consortium puisse mener à bien son projet, Valérie Pécresse a sorti le fric des caisses de la Région : 16,9 millions d’euros pour réaliser ses investissements et 15,52 millions pour compenser les obligations de service public.

L’argent public coule à flot. La trentaine de millions représente 15 ans d’aides aux Maisons départementales des personnes handicapées.

On mesure ici la réalité de la politique de Valérie Pécresse, enfant des grandes écoles privées de Versailles. 

Les handicapés de la Région et les familles aux revenus modestes qui fréquentaient l’Île-des-loisirs de Saint-Quentin-des-Yvelines savent ainsi avec quel bulletin de vote ils devront s’armer pour revenir à une politique sociale.

Pécresse, sa clique et notamment le président de l’agglomération, Jean-Michel Fourgous, ça suffit.

Culot monstre

Nicolas Sarkozy a un culot monstre ; il n’a jamais hésité à prendre (beaucoup) de distances avec la vérité. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais apprécié ce petit bonhomme et je crois qu’à partir d’aujourd’hui je vais encore moins l’apprécier, si c’est possible.

A la sortie du tribunal qui venait de rendre une sentence le conduisant à la case prison, il a eu des paroles honteuses mettant en cause l’honnêteté des magistrats de façon grossière et outrageuse, devant son épouse arborant un sourire narquois mais lourd d’inquiétude.

Nicolas Sarkozy se prétend innocent. Dont acte. Pourquoi n’avoir pas réussi à la prouver devant le tribunal ?

Le jugement, lourd de 400 pages, est particulièrement étayé et recoupe tous les éléments à charge. Les magistrats ont pesé leurs mots avant d’écrire : « Ces éléments rendent le prononcé d’une peine d’emprisonnement sans sursis, toute autre sanction étant inadéquate. »

Que l’ex-président de la République (quand même) ose mettre en doute le fonctionnement de la justice à son encontre, peut être lourd de conséquences, il ne l’ignore pas. Il aurait pu se défendre en utilisant des expressions adéquates plutôt que de proférer des mots blessant pour des magistrats qui ont eu la lourde tâche de juger une affaire de relations scandaleuses avec un dictateur sanglant en recherchant les indices les plus enfouis pour semer le doute.

Oui, mais voilà, Nicolas Sarkozy a tous les culots et, pour ce monstre d’audace, seule sa personne était visée, alors qu’il y a d’autres condamnés pour lesquels il n’a eu aucun mot.

Décidément, Nicolas Sarkozy a un culot monstre. Et peu d’envergure. Pauvre France.

L’Etat de Palestine enfin reconnu

Dans les pas de Benyamin Netanyahu, il y a encore des contempteurs de la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

Mais de cet événement, ce sont les Palestiniens qui en parlent le mieux. Notamment Elias Sanbar, ce grand intellectuel, ancien ambassadeur de la Palestine à l’UNESCO, ex-négociateur des accords d’Oslo, poète, écrivain, et traducteur de Mahmoud Darwich.

Elias Sanbar, donc, a vécu la reconnaissance de son pays « comme une rupture qui me comble de joie », parce que les Palestiniens ont été trop longtemps relégués, invisibilisés. A France Inter, il a relevé dans le discours d’Emmanuel Macron que « Il y est fait très clairement acte que cela concerne deux peuples (…) dont l’un a toujours été considéré comme n’ayant jamais existé », ajoutant que la France « part du fait que l’un des acteurs concernés a le droit à l’autodétermination ».

Confiant en l’avenir d’un peuple à la vitalité surprenante et malgré les difficultés, il a balayé d’une phrase les déclarations des opposants : « D’ailleurs si c’est inutile, si c’est symbolique, si c’est au détriment des Palestiniens, comment expliquer la violence de la réaction israélienne ? »

Le football comme opium du peuple

Les médias et les politiques semblent découvrir la multipropriété des clubs de football par des groupes financiers étrangers. Un projet de loi, porté par Eric Coquerel, a été déposé à l’Assemblée nationale. 

Il s’agit aujourd’hui d’une évolution d’un phénomène qui n’a rien de nouveau, l’intrusion de groupes financiers et leur prise de pouvoir dans les ‘’affaires’’ du ballon rond ; on assiste depuis une vingtaine d’années à la financiarisation du sport de haut niveau et notamment du plus populaire, le football.

En 1947, Theodor Adorno, philosophe allemand, employait pour la première fois le terme ‘’d’industrie culturelle’’ où l’art devient un produit et le citoyen un consommateur. Aujourd’hui, le football à son tour est devenu un produit et le spectateur un consommateur. Les rencontres et compétitions de football sont donc des produits susceptibles de dégager des revenus et des plus-value grâce à leurs retransmissions télévisées par abonnement et à la commercialisation d’innombrables produits dérivés, comme les maillots des joueurs.

Le consommateur de football est baptisé supporter, vouant un véritable culte à son équipe et son joueur préférés ; il est souvent addictif et capable d’actions violentes ou répréhensibles comme on en relève chaque semaine dans les stades, notamment des phénomènes de racisme collectif.

Les groupes financiers sont sans frontière ; Eagle Football Group, par exemple, dont le patron, John Textor, a fait fortune dans le numérique, a pris le contrôle de clubs aux Etats-Unis, au Brésil, en France (Olympique lyonnais), en Angleterre et en Belgique ; Ineos, un groupe chimiste, a racheté l’OGC Nice, Lausanne Sport ; etc.

Ils multiplient les risques d’ententes entre clubs, les transferts douteux de joueurs et le leadership de l’un des clubs au détriment des autres en y concentrant les meilleurs jeunes éléments. Les auteurs du projet de loi redoutent « que les ressources des clubs ‘’filiales’’ soient mises au service de plus gros compétiteurs » selon les intérêts financiers des fonds propriétaires. C’est, hélas, déjà le cas.

Adorno dénonçait dans l’émergence de l’industrie culturelle un « tromperie des masses, c’est-à-dire en moyen de garrotter la conscience ».  A observer l’évolution des comportements des supporters dans les stades, le mouvement est largement entamé dans le football.

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