Le Monde publie un entretien avec Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé et ancienne directrice de recherche à l’INSERM. Elle lance un pavé dans la mare à propos des cancers professionnels.
Elle dénonce l’aveuglement des autorités sur les questions des causes des cancers liés à l’environnement, par exemple : « Les collectifs de victimes avec qui je travaille ont été scandalisés par l’absence des risques du travail dans les causes de cancer évoquées par les autorités. Nous sommes toujours face à un discours qui réduit celles-ci aux seules responsabilités individuelles, en particulier aux consommations d’alcool et de tabac, quand bien même celles-ci sont en fort déclin depuis des décennies. »
Elle ajoute : « Alors que l’incidence générale des cancers a continué à augmenter au cours des trente dernières années, que la maladie frappe des personnes toujours plus jeunes sans facteurs de risque individuels identifiés, les pouvoirs publics persistent à considérer que les gens sont responsables de leur cancer et qu’il n’y aurait rien à chercher (…) Alors que l’incidence générale des cancers a continué à augmenter au cours des trente dernières années, que la maladie frappe des personnes toujours plus jeunes sans facteurs de risque individuels identifiés, les pouvoirs publics persistent à considérer que les gens sont responsables de leur cancer et qu’il n’y aurait rien à chercher. »
La sociologue de la santé parle en connaissance de cause ; elle avait créé en 2002 en Seine-Saint-Denis un groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle GISCOP 93. « Faute de moyens, dit-elle, le Giscop 93 a interrompu l’enquête réalisée auprès des patients ».
Faute de moyens… C’est la litanie insupportable d’aujourd’hui.
Celle que le ministère de l’éducation nationale ne manquera pas d’avancer lui aussi pour justifier la suppression de 4000 postes d’enseignants (2200 dans le premier degré et 1800 dans le seconde degré) à la rentrée prochaine.
Celle que Nicolas Sarkozy, le multi-condamné, qui, au cours d’une conférence sur l’avenir de la France en novembre 2024, avait osé déclarer : « il faut dire la vérité maintenant, nous n’avons pas les moyens d’avoir un million d’enseignants. »
Faute de moyens…
Santé, enseignement, recherche, services publics, sont sacrifiés, faute de moyens quand les ultra-riches ne paient pas d’impôts sur les revenus !