Si l’on en croit un article du Monde, un vent mauvais souffle dans la Silicon Valley : les milliardaires des plateformes, tous diplômés des plus grandes universités, sont partis en guerre contre les universités. Celles-là même d’où ils sont sortis avec leurs diplômes, souvent des doctorats.
Ils reprochent aux universités d’être trop onéreuses et inutiles, et, surtout, de dispenser la philosophie ‘’woke’’, militant pour une justice raciale et sociale.
Le Monde rapporte, par exemple, que le milliardaire Peter Thiel, fondateur de PayPal et Palantir, offre une bourse de « 200 000 dollars à des jeunes qui souhaitent concrétiser leurs idées au lieu de rester sur les bancs de l’université ». Elon Musk, pour sa part, ose affirmer : « Pas besoin d’aller à l’université pour apprendre. Tout est disponible gratuitement. »
Le journaliste ajoute : « La critique s’inscrit dans le combat contre les sciences humaines en faveur des métiers plus manuels mené par l’administration Trump. »
La campagne, insidieuse ou pas, est généreusement relayée par les milieux néolibéraux. Elle s’inscrit, toujours selon le journaliste, « dans le combat mené par l’administration Trump. » L’obscurantisme a débordé les milieux conservateurs des Etats-Unis et gagne les mêmes milieux conservateurs en France.
C’est ainsi que le maire d’Elancourt, auteur de deux rapports sur l’utilisation des technologies numériques dans l’enseignement, s’en est pris récemment dans un de ses discours lénifiants dont il a le secret, à l’enseignement des sciences humaines et littéraires et vanté les formations aux mathématiques et à l’informatique.
De la Silicon Valley à Elancourt, la distance est considérable, mais on y entend le même discours dangereux, celui de l’idéologie capitaliste qui veut que les salariés soient directement employables aux tâches (souvent répétitives) dont les entrepreneurs ont besoin, plutôt que d’avoir des citoyens à l’esprit critique et ouverts au monde extérieur.
Heureusement, les jeunes générations n’entendent pas ce discours et sont de plus en plus attirées par les études supérieures, même dans les sciences humaines.