Le RN de Marine Le Pen et Jordan Bardella tombe le masque. Nombreux sont ceux qui croient encore naïvement que le parti fondé par des nazis est devenu fréquentable et qu’il a la fibre sociale, en se posant comme l’ardent défenseur des petites gens.
Quand Jordan Bardella au sortir des agapes avec les plus hauts représentants du patronat, a déclaré qu’il fallait « libérer l’entreprise française des normes » et qu’une « réforme du cadre législatif était nécessaire », on aurait pu mettre ces petites phrases au compte d’un repas trop arrosé et d’une euphorie communicative.
Mais le même jour, le tandem de choc du RN a cosigné une lettre qui ne laisse plus aucun doute sur sa véritable idéologie.
Les deux dirigeants écrivent en effet aux « principales fédérations patronales » : « Dans le cadre de la préparation des échéances électorales majeures de 2027, nous souhaitons vous associer à notre réflexion visant à identifier et à lever les verrous normatifs qui freinent le développement économique de la France ».
Pour faire simple, le RN avoue rechercher un consensus avec le patronat. Pas avec les syndicats.
Ces grands démocrates vont plus loin dans leur missive en dévoilant leur méthode de gouvernement : « Notre objectif est d’élaborer un grand projet d’ordonnance de simplification, qui sera publié, dès le début du mandat, afin de libérer l’économie française de ces entraves coûteuses et d’accompagner la relance de la production ».
Un grand projet d’ordonnance au mépris du Parlement, même si la majorité est de droite et d’extrême droite, voilà un grand dessein de remise en cause du code du travail, notamment du contrat de travail ou des négociations paritaires (y compris pour la fixation du montant du SMIC) et des libertés fondamentales comme le droit de grève, par exemple. Retailleau, Wauquiez, Philippe, Attal peuvent copier sans problème.
Le RN, dans un élan enthousiaste qui lui fait croire à une victoire assurée, en dit plus long sur son programme que jamais. Il tombe vraiment le masque et se range clairement du côté du grand capital.
Le MEDEF et les grands oligarques n’en attendaient pas moins, mais ils ont l’habitude d’avancer plus discrètement. Certains d’entre eux se gardent bien de faire étalage de leur satisfaction. Trop tard, le RN a tombé superbement le masque. Les stratégies se sont dévoilées.
Pendant ce temps-là, la gauche se déchire et détourne la tête quand on lui parle du danger représenté par le RN et le grand patronat.