Louis Bielle-Biarrey est le jeune joueur (pas encore 23 ans) qui m’a réconcilié avec le rugby. Réconcilié ? Oui, parce que je déplorais que ce sport sombre totalement dans le contact entre joueurs au physique impressionnant, provoquant de plus de plus de blessures graves.
Entendons-nous bien, le rugby reste un sport de contact, mais on avait tendance à oublier qu’il était aussi un sport d’évitement où de nombreux joueurs français excellaient pour éviter d’être plaqués par les adversaires.
L’évitement, donc, exige des qualités d’intelligence, faites de feintes, de changements de direction et, surtout, d’anticipation, c’est-à-dire d’une compréhension du jeu immédiate et rapide. Louis Bielle-Biarrey a des jambes de feu : non seulement il court (très) vite, mais il voit aussi plus vite que ses adversaires le mouvement qui les déséquilibrera.
Ce sont toutes les qualités que Louis Bielle-Biarrey possède au plus haut niveau. Ses dribbles et ses feintes désorientent les plus valeureux adversaires. Quand il a le ballon en main, il éclaire le jeu ; quand il est parti dans un sprint échevelé pour marquer un essai, il est capable de multiplier les feintes pour éliminer l’adversaire.
Louis Bielle-Biarrey n’est pas un gringalet (il mesure 1,84 m), mais il a réhabilité l’intelligence du jeu de rugby. On ne s’étonne plus en le voyant marquer essai sur essai dans son club de Bordeaux-Bègles ou avec l’équipe de France en revenant aux fondamentaux d’un jeu qui évoluait vers un affrontement entre gaillards d’1,90 m, pesant 100 kilos.
On admire ses courses, ses feintes et son sens du vrai jeu de rugby. Avec lui, le rugby retrouve toute sa beauté.