Silvia Avallone, je l’ai déjà écrit, est l’une de mes autrices préférées. Son sens de la narration, sur fond de chronique sociale, est intelligent. Dans son dernier roman, Cœur noir, elle excelle également dans le suspense avec la rencontre de deux êtres marqués par la solitude et un lourd secret de drame familial. Elle sait donc se renouveler sans abdiquer ce qui a fait qu’elle est une autrice hors du commun.

Ce qui, chez d’autres, aurait viré rapidement à la romance, devient une histoire formidable ; les deux protagonistes tombent amoureux, mais Silvia Avallone sait en faire un des ressorts de sa description de la vie aujourd’hui, de ses drames, de ses joies, dans ses rires, dans ses larmes.

Leur secret respectif se dévoilera au fil des pages ; l’autrice se révèle aussi maîtresse dans leur dévoilement progressif. Histoire d’amour ? Pas seulement ; histoire de la vie quotidienne de deux personnages qui ne savent plus s’ils ont été acteurs responsables de leurs actes ou victimes des événements qui ont marqué leur adolescence.

Leur rencontre les entraînera finalement à avouer leur lourd secret et à permettre leur rédemption. Le beau roman de Silvia Avallone pose beaucoup de questions, notamment sur la résilience, sur cette société qui n’aime pas les marginaux, sur le pardon, etc.

Il y a des pages sublimes dans ce roman, très bien écrit (comme à l’habitude chez Silvia Avallone). D’autres moins. Mais on s’attache aux personnages de Bruno et Emilia, comme on s’était attaché aux précédents.

Décidément, Silvia Avallone est une des meilleures autrices de la littérature italienne d’aujourd’hui.