C’était le 6 août 1945 ; un bombardier B29 américain, baptisé Enola Gay, lâchait une bombe atomique sur Hiroshima. Le nombre de victimes n’a jamais pu être évalué, mais, selon les sources, il y eut entre 140 000 et 250 000 morts, auxquels il faudrait ajouter les victimes des irradiations à la suite de cancers et de diverses pathologies.

A ce jour, les Etats-Unis sont le seul pays à avoir utilisé l’arme atomique ; ce n’est guère glorieux ni pour le président Truman, ni pour son armée, ni même pour les scientifiques comme Robert Oppenheimer qui ont accéléré les recherches du ‘’projet Manhattan’’ lancé en 1942, pour hâter la mise au point de la bombe. De nombreuses voix dans le pays ont salué cette nouvelle arme avec enthousiasme. D’autres, dans le monde, ont dénoncé ce crime de guerre atroce que rien ne justifiait. L’armée japonaise étant à but de souffle, le pays s’était résolu à demander l’armistice.

Albert Camus a dénoncé vertement le bombardement d’Hiroshima dans son éditorial de Combat du 8 août : « (…) grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique (…) on nous apprend (…) au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. »

Sans commentaire.

Mais luttons pour la paix, pour échapper à la folie de politiques fous et de militaires forcenés.