La nuit du 4 août 1789 est une date clé dans le processus de la Révolution. On ne le rappelle pas suffisamment, sans doute en raison de la résonnance qu’elle pourrait avoir dans le contexte d’aujourd’hui.
Cette nuit-là, l’Assemblée constituante a proclamé à l’unanimité l’abolition des droits féodaux et de divers privilèges pour éteindre la révolte des paysans, inquiets de la réaction des nobles après la prise de la Bastille. La campagne était en effervescence et les rumeurs avaient suscité ce qu’on a appelé la Grande Peur.
C’est donc sous la pression du peuple que les députés de la constituante ont voté l’abolition des droits et privilèges de la noblesse et de l’aristocratie. Les débats furent houleux ; quelques députés tentant de limiter la liste de droits abolis et d’obtenir des restrictions. Le texte final n’a été voté que le 11 août, une semaine plus tard, mais le processus de la Révolution a dû patienter trois ans pour qu’un décret en finisse avec les droits féodaux et les privilèges sans contrepartie, le 25 août 19792, soit après la chute de la monarchie.
Ce bref rappel, bien incomplet, je le concède, montre combien il faut lutter, lutter et encore lutter pour mettre en œuvre l’égalité des citoyens. Bien fragile au demeurant.
Ce bref rappel, aussi, pour mesurer le chemin à parcourir depuis la Révolution pour appliquer vraiment la devise de la République, Liberté-Egalité-Fraternité.
Les ‘’héritiers’’ des nobles et aristocrates d’hier sont, par exemple, arc-boutés pour éviter la taxe Zucman de 2 % sur l’ultra-richesse, mobilisés pour retarder les poursuites à leur encontre consécutives à leurs turpitudes (Sarkozy, Dati entre autres), etc.
Le nombre de Bastilles à prendre est encore trop longue pour être citée ici. Les écoles pour riches (Stanislas) et les écoles pour pauvres accentuent le fossé entre la classe des possédants et la classe laborieuse. Parcoursup est un système pour favoriser les gosses des riches dans l’accès aux meilleures formations. Les impôts et taxes sont un fléau qui accroît les inégalités. Etc.
Prenons le temps de l’été pour réfléchir à la meilleure façon de se défaire des privilèges d’aujourd’hui. Prenons le temps de relire l’histoire de la nuit du 4 août.