La cinéaste Sepideh Farsi a permis de mettre un nom et un visage sur l’une des victimes du génocide israélien à Gaza, parmi des dizaines de milliers d’autres.

Fatma Hassona avait 25 ans, elle était gazaouie et reporter-photographe. Elle était riante malgré la situation ; elle a croisé par hasard le chemin de Sepideh Farsi, qui a voulu raconter son quotidien dans un documentaire. Ce travail commun a été réalisé à distance, par téléphone compte tenu des restrictions imposées par Israël. Documentaire important, retenu pour être présenté à Cannes.

Sepideh l’a annoncé à Fatma le 15 avril et, dans la nuit suivante, celle qui incarnait la résilience des Gazaouis a été assassinée par une bombe qui a fauché également cinq membres de sa famille. Cruelle coïncidence ou volonté délibérée ?

Fatma n’a pas assisté à la projection du film, son film. N’a pas témoigné devant le monde entier du sort de son peuple. Restent les images, accusatrices.

Une organisation, Forensic Architecture, enquêtant sur les crimes d’Etat, a examiné images satellite et analyse balistique, concluant que Fatma a été visée délibérément.

A Cannes, les gens du cinéma ont massivement signé une tribune appelant Israël à stopper le massacre du peuple palestinien. 

Fatma est aujourd’hui le symbole de la folie meurtrière de Netanyahu. Le premier ministre devra répondre de ce génocide et de ses crimes de guerre. Quand les gouvernements occidentaux auront eu, enfin, le courage de s’associer à la réprobation du monde.

Un documentaire n’a pas le pouvoir d’arrêter le bras de l’assassin, mais il peut contribuer à éclairer l’opinion publique. Fatma ne verra pas ce moment où Netanyahu sera condamné et son peuple enfin libre dans l’Etat de Palestine enfin reconnue. Son sourire n’a pas été effacé.